Le goût de vivre : Retrouver la parole perdue
(Odile Jacob, 2005, 236 pages)
Voici un livre de psychologie bien intéressant à lire. D'abord, parce
qu'il se lit facilement, contrairement à beaucoup de livres du genre.
Ensuite, parce qu'il a visiblement été écrit en réaction à un certain
discours des neurobiologistes qui tendent à nous expliquer que la biologie
sera bientôt capable d'expliquer tous les comportements humains, y compris
l'amour, et que toutes les maladies mentales pourront se soigner grâce aux
médicaments. L'auteur développe un autre discours en expliquant que si le
cerveau et son fonctionnement sont communs à toute l'espèce humaine, le
psychisme, lui, est propre à chaque individu. Le psychisme se construit
sur le réel, le symbolique et l'imaginaire. Il est invisible et
imperceptible. Le seul moyen d'accéder au psychisme d'autrui c'est la
parole. La parole, d'ailleurs, ne se limite pas au langage mais englobe
les gestes et les attitudes. Et donc, pour soulager sa souffrance
psychique, il faut réapprendre à parler avec autrui. Parler avec ses
proches, dans les cas les moins graves et parler avec un professionnel de
la santé mentale dans les cas pathologiques.
Et cet ouvrage remet les choses en place à propos d'une certaine
utilisation que l'on fait actuellement de la psychologie. L'auteur nous y
explique qu'il n'y a pas de recette miracle pour guérir de ses problèmes
psychologiques: il faut travailler sur soi, ce qui demande certes un
effort et du courage, mais se révèle bien plus payant que de faire
confiance à des gourous du bien-être.
Note : 4/5
(Papillon)
|