Dans la splendeur des lis
(Seuil, 1998)
Ne trouvez-vous pas que le titre est beau? Et bien le livre est à l'image du
titre : un livre beau et profond, que je vais avoir du mal à résumer,
dont je ne vais sans doute pas assez bien parler.
Entre 1910 et 1990, nous allons suivre l'histoire d'une famille. Coupé en
quatre parties, chacune consacrée à un de ses membres, ce roman
commence avec Clarence Wilmot et fini avec son arrière-petit-fils Clark.
L'histoire de la famille, celle des Etats Unis, et aussi l'aventure et
l'évolution de l'industrie cinématographique, tout cela est dans ce
roman. C'est dense, écrit à la perfection, raconté avec une
impartialité et une distanciation qui nous épargne le côté
"God bless America" qu'ont trop de livres américains.
Updike est vraiment un grand écrivain.
La première partie, celle consacrée à Clarence est celle que je
préfère, encore plus que la suite elle est caustique et
irrévérencieuse : Le jour même où D.W. Griffith tourne
un film, avec les plus célèbres acteurs de l'époque, dans sa
petit ville, Clarence, pasteur presbytérien, aimé de sa
communauté, perd la foi. Dans son esprit la même petite phrase
lancinante accompagnera toutes ses activités de la journée : Dieu
n'existe pas. Ce qui suivra cette fatale révélation va changer toute la vie de la
famille Wilmot pour des décennies, jusqu'aux pages finales de ce roman.
N'hésitez pas à lire ce livre (même si je le raconte
très mal).
Extrait (Page 16) : "Les bruits de la vie avaient une étrange
légèreté, une étrange platitude, comme s'ils
étaient privés de leur base de résonance, et ils disaient
à Clarence Wilmot ce qu'il soupçonnait depuis longtemps : l'univers
était absolument indifférent à son état d'esprit, aussi
vide de sens divin qu'une bouilloire en métal rouillé. Tout son
contenu métaphysique s'était écoulé, hormis la
cruauté et la mort, lesquelles, sans l'hypothèse d'un Dieu, n'avaient
plus rien de métaphysique : ce n'étaient que des faits dont l'oubli
même serait, par le temps, oublieusement effacé."
Note : 4.8/5
(zeta-b)
**********
John Updike, avec ce roman, visite un siècle de l'histoire d'une famille
américaine sur quatre générations.
Première partie : Clarence Wilmot, pasteur presbytérien du New Jersey,
perd brusquement la foi et abandonne sa fonction pour devenir démarcheur
à domicile; deuxième partie : son fils, Teddy, en réaction,
cherchera la stabilité et la discrétion en devenant facteur dans le
Delaware; troisième partie : sa petite fille Essie mettra toute son
énergie à quitter sa région pour devenir actrice
hollywoodienne et y réussira; quatrième partie :
l'arrière-petit-fils, Clark, perdu dans ce monde factice, cherchera la foi
et se liera à un gourou délirant. A travers cette famille, le lecteur
découvre l'Amérique des grèves ouvrières, la rigueur
presbytérienne, le cinéma hollywoodien et les fameuses séries
tv, les dérives mortelles des sectes...
J'ai beaucoup apprécié l'écriture intelligente, instruite (on
sent les recherches), souvent ironique de l'auteur : de très longues phrases
très fluides et de lecture aisée. J'ai beaucoup aimé la
deuxième partie. Par contre, les énumérations très
longues et "gratuites" telles que l'énoncé de tous les livres
théologiques du pasteur, ou celui d'une floppée de films
tournés à Hollywood et de leurs acteurs respectifs, ou celui d'une
multitude de passages bibliques cités continuellement par le gourou... Il
m'est arrivé quelquefois de sauter des lignes... Ce n'est pas l'auteur
américain que je préfère, tout en lui reconnaissant des
qualités (je préfère de beaucoup un Jim Harrison). En tout
cas, ce roman est bien trop "théologique" pour moi!
Note : 3.8/5
(Chantal)
**********
Quatre générations d'hommes et femmes dans l'Amérique des
années 10 à aujourd'hui. Une saga familiale qui permet à John
Updike d'aborder des thèmes aussi variés que la religion, l'essor du
cinéma, les séries tv, les sectes...
Je ne vais pas et ne veux pas m'étendre là-dessus : je n'ai pas aimé
ce roman. En fait, je n'ai rien trouvé de particulièrement
intéressant et qui puisse capter mon intérêt. C'est avec ennui
que j'ai suivi par exemple Clarence se battant avec sa foi vacillante puis,
définitivement perdue. C'est peut-être (même sûrement) une critique acerbe
de la religion et de la rigueur presbytérienne; cela a surtout
été pour moi d'un ennui profond. Même les parties suivantes
m'ont laissée de marbre, sûrement du fait des trop nombreuses
descriptions de l'auteur. Certes, M. Updike a énormément
documenté son roman; mais là, c'est trop pour moi! Et je rejoindrai
l'avis de Chantal : c'est trop théologique pour moi aussi!
En bref, pas une grande réussite en ce qui me concerne. A oublier.
Note : 2/5
(liza_lou55)
**********
Mon bilan est mitigé quant à ce livre...
certains passages m'ont ennuyée, en particulier la partie de Clarence le
père. Certains autres m'ont paru bâclé, comme celui de Clark. Mon
passage préféré est celui de Teddy (comme Chantal).
Je n'aime en général pas tellement qu'un auteur mêle trop la
réalité et la fiction. Or, là, la carrière
hollywoodienne d'Essie, l'épisode de la ferme avec Clark m'ont un peu
déçue... dans ce sens.
On peut reconnaître à l'auteur son érudition, la qualité
de ses recherches. Toutefois, le style m'a paru parfois un peu lourd, j'ai aussi
sauté quelques passages.
Note : 2,5/5
(Odilette)
|