Club des rats de biblio-net


9467 critiques, 3612 livres, 1451 auteurs



John Updike

Dans la splendeur des lis
(Seuil, 1998)

Ne trouvez-vous pas que le titre est beau? Et bien le livre est à l'image du titre : un livre beau et profond, que je vais avoir du mal à résumer, dont je ne vais sans doute pas assez bien parler.

Entre 1910 et 1990, nous allons suivre l'histoire d'une famille. Coupé en quatre parties, chacune consacrée à un de ses membres, ce roman commence avec Clarence Wilmot et fini avec son arrière-petit-fils Clark.

L'histoire de la famille, celle des Etats Unis, et aussi l'aventure et l'évolution de l'industrie cinématographique, tout cela est dans ce roman. C'est dense, écrit à la perfection, raconté avec une impartialité et une distanciation qui nous épargne le côté "God bless America" qu'ont trop de livres américains.

Updike est vraiment un grand écrivain.

La première partie, celle consacrée à Clarence est celle que je préfère, encore plus que la suite elle est caustique et irrévérencieuse : Le jour même où D.W. Griffith tourne un film, avec les plus célèbres acteurs de l'époque, dans sa petit ville, Clarence, pasteur presbytérien, aimé de sa communauté, perd la foi. Dans son esprit la même petite phrase lancinante accompagnera toutes ses activités de la journée : Dieu n'existe pas. Ce qui suivra cette fatale révélation va changer toute la vie de la famille Wilmot pour des décennies, jusqu'aux pages finales de ce roman.

N'hésitez pas à lire ce livre (même si je le raconte très mal).

Extrait (Page 16) : "Les bruits de la vie avaient une étrange légèreté, une étrange platitude, comme s'ils étaient privés de leur base de résonance, et ils disaient à Clarence Wilmot ce qu'il soupçonnait depuis longtemps : l'univers était absolument indifférent à son état d'esprit, aussi vide de sens divin qu'une bouilloire en métal rouillé. Tout son contenu métaphysique s'était écoulé, hormis la cruauté et la mort, lesquelles, sans l'hypothèse d'un Dieu, n'avaient plus rien de métaphysique : ce n'étaient que des faits dont l'oubli même serait, par le temps, oublieusement effacé."

Note : 4.8/5
(zeta-b)
**********

John Updike, avec ce roman, visite un siècle de l'histoire d'une famille américaine sur quatre générations. Première partie : Clarence Wilmot, pasteur presbytérien du New Jersey, perd brusquement la foi et abandonne sa fonction pour devenir démarcheur à domicile; deuxième partie : son fils, Teddy, en réaction, cherchera la stabilité et la discrétion en devenant facteur dans le Delaware; troisième partie : sa petite fille Essie mettra toute son énergie à quitter sa région pour devenir actrice hollywoodienne et y réussira; quatrième partie : l'arrière-petit-fils, Clark, perdu dans ce monde factice, cherchera la foi et se liera à un gourou délirant. A travers cette famille, le lecteur découvre l'Amérique des grèves ouvrières, la rigueur presbytérienne, le cinéma hollywoodien et les fameuses séries tv, les dérives mortelles des sectes...

J'ai beaucoup apprécié l'écriture intelligente, instruite (on sent les recherches), souvent ironique de l'auteur : de très longues phrases très fluides et de lecture aisée. J'ai beaucoup aimé la deuxième partie. Par contre, les énumérations très longues et "gratuites" telles que l'énoncé de tous les livres théologiques du pasteur, ou celui d'une floppée de films tournés à Hollywood et de leurs acteurs respectifs, ou celui d'une multitude de passages bibliques cités continuellement par le gourou... Il m'est arrivé quelquefois de sauter des lignes... Ce n'est pas l'auteur américain que je préfère, tout en lui reconnaissant des qualités (je préfère de beaucoup un Jim Harrison). En tout cas, ce roman est bien trop "théologique" pour moi!

Note : 3.8/5
(Chantal)
**********

Quatre générations d'hommes et femmes dans l'Amérique des années 10 à aujourd'hui. Une saga familiale qui permet à John Updike d'aborder des thèmes aussi variés que la religion, l'essor du cinéma, les séries tv, les sectes...

Je ne vais pas et ne veux pas m'étendre là-dessus : je n'ai pas aimé ce roman. En fait, je n'ai rien trouvé de particulièrement intéressant et qui puisse capter mon intérêt. C'est avec ennui que j'ai suivi par exemple Clarence se battant avec sa foi vacillante puis, définitivement perdue. C'est peut-être (même sûrement) une critique acerbe de la religion et de la rigueur presbytérienne; cela a surtout été pour moi d'un ennui profond. Même les parties suivantes m'ont laissée de marbre, sûrement du fait des trop nombreuses descriptions de l'auteur. Certes, M. Updike a énormément documenté son roman; mais là, c'est trop pour moi! Et je rejoindrai l'avis de Chantal : c'est trop théologique pour moi aussi!

En bref, pas une grande réussite en ce qui me concerne. A oublier.

Note : 2/5
(liza_lou55)
**********

Mon bilan est mitigé quant à ce livre... certains passages m'ont ennuyée, en particulier la partie de Clarence le père. Certains autres m'ont paru bâclé, comme celui de Clark. Mon passage préféré est celui de Teddy (comme Chantal). Je n'aime en général pas tellement qu'un auteur mêle trop la réalité et la fiction. Or, là, la carrière hollywoodienne d'Essie, l'épisode de la ferme avec Clark m'ont un peu déçue... dans ce sens. On peut reconnaître à l'auteur son érudition, la qualité de ses recherches. Toutefois, le style m'a paru parfois un peu lourd, j'ai aussi sauté quelques passages.

Note : 2,5/5
(Odilette)







Coeur de lièvre,
Dans la splendeur des lis,
Tu chercheras mon visage



John Updike naît en 1932 à Shellington, petite ville de Pennsylvanie où son père enseigne au collège; sa famille s'installera douze ans plus tard dans la ferme toute proche des grands-parents maternels. Il fait des études supérieures de lettres à Harvard, où il dirige la revue étudiante satirique The Lampoon, puis à Oxford où il s'intéresse à la peinture. Engagé comme reporté au New Yorker pour deux ans, il continue d'y publier poèmes, critiques et nouvelles. Il s'installe à Ipswich dans le Massachusetts en 1957, et est élu membre de l'Institut National des Lettres en 1964. Depuis la parution de son premier roman en 1958, John Updike demeure un écrivain éblouissant, infatigable, qui s'attache à rendre le banal avec une grande tendresse pour ses personnages ordinaires, et une telle richesse de style qu'Anthony Burgess lui a reproché son "hérésie démocratique".



Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2008 - Club des rats de biblio-net