L'oratorio de Noël
(Actes Sud, 1993, 508 pages)
Ah que dire de ce livre, de ce chef-d'oeuvre plutôt! Un roman qu'on voudrait déguster
mot à mot mais on n'y arrive pas, l'histoire est tellement prenante qu'on ne peut
s'arrêter...
C'est l'histoire d'une famille sur trois générations, d'abord la mère est
piétinée par un troupeau de vaches, elle meurt. Le père vend la ferme et
part vivre à Sunne, une petite ville de la Suède, avec ses deux enfants.
Le père qui n'a jamais pu oublier Solveig, le père que la folie guette au
tournant. Ensuite c'est la vie de Sidner, le fils. Un adolescent différent des autres
adolescents et ensuite Victor, le fils de Sidner...
L'écriture de Göran Tunström est remarquable, quoique remarquable est peu dire et je ne
sais pas quel qualificatif employé, je ne suis pas encore revenue de cette lecture et
j'ai bien de la difficulté à n'en parler. Mais bref une écriture toute en
poésie et en musique et des idées très songées mais comme je le
disais au départ à cause de l'histoire qui ne laisse aucun répit c'est
difficile de s'arrêter... c'est un livre qu'il
faut relire une deuxième fois et même une troisième, et je ne crois pas
qu'on puisse s'en lasser.
La folie est un thème très présent, une folie qui atteint la plupart des personnages
à divers degrés. Et les personnages alors là comme pour l'écriture
je n'en suis pas encore revenue, c'est trop grandiose. Mais attendez-vous à rencontrer
Selma Lagerlöf! :)
En tout cas c'est pour moi un coup de foudre incroyable, je n'ai qu'une seule envie,
me garrocher sur tous les livres de Göran Tunström mais avant je vais relire plusieurs
chapitres de celui-ci, je ne suis pas prête à le quitter déjà. Et
dire que j'aurais pu passer à côté...
Note : 5/5 (et bien davantage, c'est la perfection ce livre)
(Mousseline)
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Et oui, je n'ai pas aimé. Göran Tuström est un poète, plus qu'un
raconteur pour moi. Ses envolées lyriques, ses disgressions philosophiques m'ont rendu
son texte hermétique. C'est tout ce que je n'aime pas dans un livre, c'est obscur, on
est obligé de relire certains passages pour bien comprendre, tellement parfois il saute
du coq à l'âne, on est dans un délire mais rien ne l'annonce, ne
l'explique, ne lui donne sens. Alors je lis partout "la beauté des phrases."... Oui,
d'accord, il y a de très très beaux passages... mais où est la
cohésion, où est le fil qu'on veut dévider à tout prix. En tout cas
moi je suis passée à côté.
Note : 2/5
(Cuné)
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Ce livre est l'histoire d'une famille sur trois générations, mais surtout sur les
hommes de cette famille : Aron, Sidner puis Victor.
C'est un livre que j'ai trouvé très difficile à lire - divisé
en 7 sections, j'ai eu l'impression, au début de chaque section, de recommencer un autre
livre comme si l'auteur voulait nous rendre la vie compliquée en nous
présentant de nouveaux personnages sans trop nous guider sur leur lien avec les autres.
J'ai à la fois aimé et je me suis aussi ennuyée. J'ai dû souvent
reprendre ma lecture afin de comprendre certains passages ou ce qui était arrivé
à un personnage. Je n'aime pas quand un auteur s'amuse à être trop subtil
et nous laisse constamment deviner...
Je n'ai pas réussi à voir la poésie dans l'écriture de
Tunström - mais, surtout, je ne me suis attachée à aucun personnage.
Par contre, j'ai tout de même aimé certaines parties lorsqu'Aron entretient une
correspondance avec une Néo-Zélandaise entre autres et j'ai souvent pensé,
lors de ma lecture, que l'auteur m'avait accrochée mais il finissait
éventuellement par me perdre.
Note : 3/5
(Lagrande)
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Je n'ai lu que deux livres de Tunström et il est quand même facile de voir que les
thèmes se rejoignent : Sunne, la folie, plein de personnages, etc.
J'ai préféré "L'Oratorio de Noël" aux
"Saints-Géographes", mais ce n'est pas un de mes coups de coeur. Encore une fois, j'ai beaucoup aimé
l'écriture et, encore une fois, le début de l'histoire m'excitait beaucoup, mais
au fur et à mesure que j'avançais, mon intérêt diminuait. La
deuxième partie m'a un peu ennuyée. Ce n'est pas que je trouvais le texte
hermétique ou dur à comprendre, c'est plutôt que je trouvais l'action un
peu fade, un peu lente et malheureusement, même avec la belle écriture, je ne
réussissais plus à trouver l'enthousiasme du début.
Il y a quand même certaines choses que j'ai beaucoup beaucoup aimé comme le fait
de rencontrer Selma Lagerlof! Génial! J'aimerais bien savoir s'ils se connaissaient ces
deux-là. J'aime bien l'idée que beaucoup des livres de Tunström se
déroulent à Sunne. Ils ont l'air d'aimer les clubs ces gens-là. Dans
les Saints-Géographes, il y avait un club d'amateurs de géographie et dans
celui-ci, un club de radioamateurs! Il y a d'autres clubs dans les autres livres?
Une belle lecture.
"Il existe, note Sidner dans son journal Des Caresses, des instants qui ne cessent
jamais" (p.24).
Note : 3.5/5
(Mélodie)
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Résumé : Chronique familiale sur trois génération, on y
découvre des personnages hors du commun et l'amour de la musique.
Mon avis : Ce livre est un éblouissement. J'avais adoré
l'écriture de l'auteur et là c'est indescriptible comme les phrases
s'agencent pour former des images dans nos têtes et des émotions dans
nos coeurs. Ça ne devrait pas vraiment plaire à ceux qui
préférent un récit linéaire. On passe de Victor
à Sidner puis Aron et encore Sidner. Parfois on ne sait pas très
bien qui est qui mais peu importe dans le fond, parce que c'est probablement
l'écriture la plus proche de l'âme que j'ai lu jusqu'à
présent. J'ai été tentée de noter tous les paragraphes,
toutes les tournures de phrases que j'aurais voulu écrire moi-même
tellement c'est beau mais il m'aurait fallut recopier la moitié du bouquin
minimum.
Note : 5/5
(Chimère)
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Personnellement, pour "L'Oratorio de Noël", j'ai un avis plus mitigé.
Vu les belles critiques de Chimère et Mousseline, je ne vais pas faire un
résumé du roman, pour ma part j'ai beaucoup apprécié
les thèmes de la folie, de la passion qui jalonnent le livre, tout est
très bien écrit, Goran Tunström est agréable à lire.
Maintenant je n'ai pas toujours apprécié les disgressions
philosophiques de l'auteur. Il est utile, vu l'histoire, que les trois personnages
s'interrogent sur leur existence, voire leur utilité sur la
planète. Mais je trouve désagréable pour la lisibilité
que l'auteur se soit évertué à mettre des majuscules à
chaque "idée", pour bien faire comprendre qu'il s'agit d'un terme hautement
philosophique auquel il faut penser au second degré. D'accord pour certains
sujets ("l'Amour", l'Esprit", l'Homme"...), mais cela tourne parfois un peu au
ridicule ("une Béchamel", "la Casserole", "ses gros Seins"...)!
En plus, peut-être un peu trop influencée par toutes mes lectures
d'auteurs asiatiques, j'ai cherché vainement dans son roman des anecdotes
sur l'origine de l'auteur (politique, coutumes par exemple), or à aucun
moment Goran Tunström ne met en avant, dans son écriture, sa
nationalité suédoise, ce qui fait de son roman un livre plutôt
européen que suédois. Du coup mes recherches quasi sociologiques sur
la Suède n'ont pas abouti... mais peut-être n'avais-je pas choisi le
bon auteur...
Note : 3/5
(SphinxCoco)
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Un roman qui prend place dans un village du Värmland. Solveig meurt
tragiquement, laissant un mari, Aron, et deux enfants, Sidner et Eva-Liisa. Aron ne
s'en remettra pas, et Sidner aura besoin de beaucoup de temps... plusieurs
récits s'entrecroisent, il est surtout question du père et du fils,
c'est le petit-fils, Victor, qui boucle la boucle.
J'ai été impressionnée par cette façon
d'appréhender la folie : on la voit, on l'entend, on la touche, on la
ressent, par moments, c'est sublime! une ambiance brumeuse, où la raison
s'égare dans des méandres sinueux... la prose, bourrée de
figures de style est éblouissante. Mais il y a trop de figures de style,
peut-être. On fait comme les héros : on rêve, on s'extasie, mais
souvent, aussi, on se perd, on se lasse...
Bref, j'ai admiré l'écriture, mais je n'ai pas vraiment
été "happée" par le roman.
Note : 4/5
(Lassy)
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Le roman commence à la mort de Solveig, la mère,
piétinée par un troupeau de vaches, alors qu'elle se rend à
une répétition de l'Oratorio de Noël (Bach) à Sunne,
petite ville suédoise du Värmland. Aron, son mari, va alors quitter la
ferme pour aller vivre en ville avec son fils Sidner et sa fille Eva Liisa. Des
trois, ce sont Sidner et Aron qui souffrent et souffriront bien longtemps,
prisonniers de leur mémoire et de la mort, alors qu'Eva Liisa, trop petite,
va vite oublier le drame...
Et le lecteur va être, est, emporté par une écriture très
belle, à la fois musicale, poétique, philosophique. Comme un
oratorio, le roman s'amplifie peu à peu par la venue d'autres voix, d'autres
personnages et coule, coule sans que l'on puisse s'en détacher : il y a
Splendid, le grand ami de Sidner; Alfons Nilsson, son père, handicapé
et défiguré, assis dans son chariot à roulettes (car ancien
homme-obus tombé à côté du filet) qui sait tant sur la
vie; Selma Lagerlöf, elle-même, apparaît pour faire évader
un fou; et puis aussi Fanny, l'amie, l'amante, la mère; et Tessa,
l'Australienne malheureuse du bout du monde qui voudrait tant aimer Aron, et puis
Victor, le fils de Sidner...
Un roman qui commence doucement pour nous prendre dans les filets de son ampleur
infinie où l'amour, la mort, la douleur, la folie prennent place tour
à tour, où la narration saute d'un personnage à l'autre, sans
jamais nous rassasier. Eblouissant, autant intellectuellement
qu'émotionnellement!
Note : 5/5
(Chantal)
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Trois générations d'hommes dans la Suède du XXème
siècle, à jamais marqués par la mort de Solveig, la femme
d'Aron, piétinée par un troupeau de vaches alors qu'elle se rendait
au village chanter l'Oratorio de Noël de Bach. Trois hommes donc - Aron, puis
son fils, Sidner, lui aussi témoin du drame vécu par sa mère,
et enfin Victor, le petit fils; tous marqués par la folie, la
mélancolie, la solitude mais aussi par l'amour de la musique et de l'art en
général. Trois hommes dont l'existence est bercée par le chant
de Noël de Bach.
Esprits cartésiens, attention! L'Oratorio de Noël n'est pas un roman
à prendre à la légère! Pas de suite linéaire
dans ce récit, non, puisque Goran Tunström s'amuse à s'inviter
dans l'imaginaire de ses trois personnages à tour de rôle et sans lien
logique. Ce n'est qu'à la fin du récit que l'on comprend à
quel point cette histoire est non pas compliquée - le mot est faux - mais
complexe de par son intensité et les symboliques qui la composent page
à page.
Pas un personnage n'est de trop qu'il s'agisse des plus importants aux plus minimes,
même ceux que l'on ne rencontre qu'un bref instant pour ne les retrouver que
bien plus loin dans le récit. C'est un beau témoignage de vie et
surtout de l'amour de la vie que Tunström a ici composé. Comme dans un
souffle, comme dans un rêve, l'on est emmené, que dis-je,
brinquebalé de Suède en Nouvelle-Zélande auprès de la
malheureuse Tessa qui a placé ses rêves en Aron qui lui, continue
à voir Solveig en songe.
La folie est omniprésente; n'ayez pas peur de vous approcher du fou dans son
asile; d'Aron qui vit peu à peu renfermé dans son monde, de Fanny qui
préfère rêver sa vie plutôt que vivre ses rêves
ou de Victor qui attend comme Télémaque le retour de son
père.
Croisez au détour des pages une Selma Lagerlöf étonnante, un
homme-obus paralysé ou même Marc Chagall en Provence. Mais surtout
suivez la mélodie contée par Tunström sur l'air de l'Oratorio de
Noël dont la symbolique s'impose comme une évidence à la fin du
récit.
Alors, oui, lisez, ou plutôt dégustez, prenez le temps de savourer ce
roman, cette pépite de littérature. Découvrez le monde
merveilleux de Tunström fait de petites choses mais qui prennent toute leur
importance peu à peu. Partez à Sunne découvrir les Nordensson
et leur univers ainsi que ceux de leurs proches.
Qu'attendez vous? "L'Oratorio de Noël" est fait pour vous, c'est moi qui vous
le dit.
Note : 5/5
(Liza_Lou)
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