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Patrick Süskind
Le Parfum
(LGF/Livre de Poche, 1988, 279 pages)

À lire absolument, absolument parce que c'est différent, complètement différent, c'est fou, bizarre par bout, et on sent, pour sentir oui on sent et là faut le faire, quelle habileté de la part de l'auteur. Le personnage principal, Grenouille, est fou, monstrueux et j'adore la folie dans les romans.

Le premier tiers du roman est assez malodorant par contre, dérangeant, mais on finit par comprendre le personnage de Grenouille et là on ne peut faire autrement que d'être épaté! L'écriture est magnifique et très riche, on peut même dire que l'écriture est odorante.

Mais c'est un livre qui m'a beaucoup dérangée, je ne sais pas trop comment expliquer mais ça me mettait mal à l'aise. Toutes ces odeurs me harcelaient.

Impressionnant!

Note : 4.25/5
(Mousseline)
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Jean-Baptiste Grenouille est né avec une tare qui le suivra toute sa vie: il ne sent rien, absolument rien. Quoi de plus dramatique pour un homme doué d'un nez d'une extrême finesse et sensibilité. Il passera sa misérable vie à vouloir satisfaire son nez, sans faire la différence entre le bien et le mal. Il deviendra un parfumeur de grand talent et parviendra à capturer et à recréer quasiment tous les types d'odeurs et de parfums.

C'est la deuxième fois que je lis ce roman et la magie continue d'être présente. Je suis transportée par les descriptions de Süskind. Et pourtant... On ne peut pas dire que l'auteur ait une belle plume. Son écriture est des plus ordinaire, très sobre et sans rien de particulier, terne même. Et l'intrigue n'est pas très élaborée non plus, il ne se passe pas grand chose dans ce roman.

Vraiment, je ne sais pourquoi ce roman me touche autant mais la magie opère. J'ai été transportée par les descriptions d'odeurs, j'arrivais à les sentir.

Comme la première fois, une fois prise par le roman, c'est à peine si j'ai pu le lâcher!

Note : 5/5
(Frisette)
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J'ai été littéralement transportée par ce roman, je pense que ce qui m'a fascinée, c'est la neutralité de Grenouille, il vit dans un autre monde, celui des parfums, et rien d'autre lui importe, tout ce qui toucherait le quidam, Grenouille l'ignore, il aurait pu faire une carrère formidable dans la parfumerie par exemple, mais ça ne l'intéresse pas, chez ce garçon toutes les valeures sont faussées, sans doute par une éducation dissolue. Il a ce côté animal, qui fait que le bien ou le mal, lui sont étrangés, c'est comme un extra-terrestre qui aurait forme humaine, c'est ni un homme, ni un animal, d'ailleurs, l'auteur le compare volontiers à une tique.

J'ai bien aimé aussi la description du Paris du XVIIIième siècle, toute cette crasse semble suinter des murs, et s'y déverser en flots ininterrompus.

Bref, je pense avoir succombé au charme de l'ultime parfum.

Note : 5/5
(Margote)
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J'ai beaucoup aimé ce roman.

Habituellement, je n'aime pas les descriptions. Ce roman fait exception car les descriptions qu'on y lit ne sont pas terre à terre, elles sont à un autre niveau, celui des odeurs. On ne nous décrit pas une ville, on nous décrit l'odeur de la ville. On ne nous décrit pas un homme, on nous décrit son odeur.

J'aime les personnages hors du commun, les différents. Grenouille en fait parti. Je n'ai pas pu le détester malgré qu'il soit dépourvu d'humanité. J'ai même adoré Grenouille et sa quête du parfum ultime. Quel être génial! Je ne peux plus m'empêcher de sentir maintenant. C'est donc un roman qui change un peu la vie.

Note : 4.5/5
(Pico)
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J'ai aimé le livre mais en même temps, je le trouvais plate. Peut-être qu'il y avait certains passages que j'aimais dû à l'action, mais les descriptions à n'en plus finir, pas pour moi.

Note : 3.5/5
(Petitelune)

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Les descriptions olfactives à elles seules valent le détour. Pas de poésie mais une écriture tranchante qui va dans le vif mais tout en étant pudique.

La description des meurtres est tout à fait adaptée au personnage de Grenouille: déshumanisée, insensible, aseptisée d'émotions. Et pourtant que de viande autour de l'os lorsqu'on nous décrit les odeurs.

En terminant ce livre, lors de la première lecture, je me surprenais à sentir les odeurs et tenter de les définir. Je n'ai à ce jour rien lu qui m'ait autant dépaysée.

Le parfum, c'est pour moi, comme une autre littérature.

Note : 5/5
(Boogok)
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Pourtant, j'aime bien le début du livre, quand Grenouille naît puis grandit, visiblement très différent, mais quand on commence à avancer plus profondément dans l'histoire, je débarque. Même si j'aime bien les livres avec des belles et grandes descriptions, cette fois-ci, elles me laissent assez indifférentes, peut-être justement à cause du commentaire de Margote qui parle de neutralité. Tout est au neutre, pour moi, dans ce livre. Oui, c'est "beau", bien écrit, etc. mais il n'y a rien qui me touche. Grenouille est très unidimensionnel et on en revient toujours à la même chose.

Je pense que l'idée centrale du livre est vraiment géniale mais pour ce qui est de moi en particulier, ça n'acroche pas, mais je comprends très bien comment il peut toucher beaucoup de gens.

Note : 3/5
(Mélodie)
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Ce livre c'est pas possible de s'en décrocher, c'est vraiment incroyable et après l'avoir lu on a encore pour longtemps des images récurrentes dans la tête! Je l'ai adoré sans toutefois apprécier la manière dont il est écrit comme si l'auteur avait réussi à trouver un parfum spécial à son livre pour pas qu'on puisse le lâcher.

Note : 4/5
(Sandrine)
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Pour ma part, je donnerai à ce livre 3/5.

Car avant tout, il est curieux, très curieux. On est à Paris, mais pas le beau Paris, le Paris miséreux, puant, répugnant. Comme dirait Beaudelaire : "des ténèbres qui puent". Dès le départ, on assiste à une tentative d'enfanticide qui échoue, et de là survit un monstre. Un monstre qui naît dans les ordures et qui pourtant n'a aucune odeur, un monstre sans parents, sans repères, errant dans la ville et ayant pour seul objectif celui de survivre. Le personnage est en fait quasi inhumain, autant pour sa capacité à survivre que pour son flair animal. Il ne connaît aucune émotion, et agit en quête d'un idéal: celui de créer le parfum, l'odeur parfaite, absolue, et de se la mettre sur le corps.

Suit alors une série de meurtres de jeunes filles dont la beauté symbolique et la pureté de la virginité rendent leur parfum délicieux. On assiste donc en fait à une certaine alchimie du don de plaire : l'homme trouve son prochain plaisant selon des critères parfois complètement arbitraires et inconscients : quoi de plus mémorable que le moment où Grenouille, après s'être imbibé du parfum de ses victimes, semble aux juges tout à fait innocent de par son odeur! De plus, lors de sa création de parfums sublimes, l'auteur s'amuse à montrer que Grenouille mélange les odeurs délicates et douces aux puanteurs, qui rendent le parfum encore meilleur!

Ce livre est curieux, mais il sait aussi très bien montrer le charme et l'envoûtement que peut créer un parfum, et son pouvoir étrange. On voit là une sorte de conception poétique du parfum et de son action sur l'homme.

Enfin, je dirais que la bestialité de Grenouille et sa quête de l'absolu parfum ne pouvait que se finir comme cela s'est terminé: des hommes aussi miséreux et bestials que lui l'ont mangé, comme pour obtenir ce parfum divin et le posséder en eux, tout simplement.

Note : 3/5
(Agnès)
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Je ne voulais pas donner mon opinion, parce que j'ai lu ce livre il y a plus de quinze ans, et ne l'ai pas relu depuis. Cependant, il s'agit d'un livre suffisamment fort pour que j'en garde une vision assez claire.

L'implication est tellement forte, qu'il me semble que certains évaluent Grenouille, le héros du roman, alors qu'il est question d'évaluer le romancier, sa fiction, et la façon dont il nous la livre!

En ce qui me concerne, c'est un livre qui m'a fait évoluer, je suis heureux de l'avoir lu! Cependant, j'ai trouvé la fin décevante, car trop convenue et attendue! Comme l'a dit souvent Polo, savoir terminer une histoire est très important, et probablement difficile!

Note : 4/5 (avec le recul, à l'époque j'aurais certainement mis plus!)
(Nimbus)

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Je suis extrêmement gênée parce que je viens de terminer Le Parfum et je n'ai pas été aussi emballée que la grande majorité d'entre vous. Suis-je normale?

J'étais emballée au départ, enivrée par toutes les odeurs et croyant posséder l'intrigue. Süskind s'est bien joué de moi. Le roman est en effet très curieux et très original par le sujet qu'il traite, mais mon intérêt a vite sombré lorsque le héros Grenouille est allé se "purifier" de l'odeur des hommes dans sa grotte, tout là-haut sur une montagne déserte. Qu'est-ce que ça vient apporter à l'intrigue? Ne pouvait-il pas se rendre compte qu'il n'avait pas d'odeur auparavant, sans cette masquarade stylistique (assez faiblement réussie) du rite initiatique avec descente aux enfers et tout? Je suis assez choquée, à vrai dire, comme si j'avais l'impression d'avoir perdu mon temps.

Même lorsqu'enfin nous arrivons au paroxysme de l'intrigue, Süskind ne réussi pas à à me garder en haleine. J'ai tout simplement eu envie de le finir "au cas où il se passerait quelque chose"... ce que je me suis désespérée d'attendre jusqu'à la toute dernière page. Le style me faisant "buter" sur les mots et relire les phrases qui glissaient mal dans ma tête. Difficile à expliquer, mais pour que j'apprécie un auteur, son écriture doit être fluide et couler d'elle-même. N'avez-vous pas eu l'impression que l'auteur faisait de la didactique? Ses tournures de phrases sont très répétitives, ça m'a dérangée, tant que j'en ai lu un extrait à mon conjoint pour qu'il me donne son avis, pensant que j'étais folle! À la page 26 (de l'édition du Livre de Poche), lorsque Grenouille est comparé à une tique, le mot "tique" y est répété 7 fois avec amples descriptions du comportement de cet insecte pour qu'on comprenne bien. Hé ho, j'ai saisi!

Je retiens cette citation, tout de même, qui m'a paru comme le moment le plus "stylisé" et le plus poétique de l'oeuvre:

"Car les hommes pouvaient fermer les yeux devant la grandeur, devant l'horreur, devant la beauté, et ils pouvaient ne pas prêter l'oreille à des mélodies ou à des paroles enjôleuses. Mais ils ne pouvaient se soustraire à l'odeur. Car l'odeur était soeur de respiration. Elle pénétrait dans les hommes en même temps que celle-ci; ils ne pouvaient se défendre d'elle, s'ils voulaient vivre. Et l'odeur pénétrait directement en eux jusqu'à leur coeur, et elle y décidait catégoriquement de l'inclination et du mépris, du dégoût et du désir, de l'amour et de la haine. Qui maîtrisait les odeurs maîtrisait le coeur des hommes."(p. 173)

Pour les descriptions (étonnantes et saisissantes) j'accorde un 3/5.

Note : 3/5
(Crystabel)
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Je l'ai lu une première fois il y a une douzaine d'années, j'aurais noté 3/5, j'ai fait l'effort de le relire.

Aujourd'hui, je donne un point de plus pour les descriptions. J'ai la chance de connaitre un peu Grasse, les parfumeries et les superbes musées des grandes maisons de parfumeurs, Fragonard, Molinard... Je me souviens avoir senti dans l'arrière pays grassois un matin au cour d'une balade un parfum très agréable au début mais ensuite ce parfum est devenu entêtant, enivrant, saoûlant à faire tourner la tête: c'était la récolte du jasmin, les fleurs étaient fraîchement cueillies, étalées dans de grands et longs paniers en osiers pour qu'elles ne s'écrasent pas, belles images mais surtout quelle odeur! A Grasse, on SENT avant de voir!

Les explications sur les techniques d'extractions et de fabrications de parfums sont très bien faites, très précises, on s'y croirait. Bravo monsieur Süskind.

Certaines personnes arrivent à influencer leurs entourages avec de "grandes phrases" ou de "belles images", pourquoi pas avec des odeurs!?*
C'est vrai, en y réfléchissant, on est très influençable. Toutes ces odeurs quotidiennes qui nous entourent, le café nous réveille, le pain frais nous donne faim, quoi d'autres encore... (le réflexe de Pavlov, je ne vous apprends rien).

Je trouve le style un peu lourd par moment un peu long, je n'aime pas la fin, aussi inattendue qu'ignoble. Je ne commenterai pas les fantasmes de Grenouille, Süskind, l'odeur de 25 jeunes vierges, c'est trop, quelle folie!

Note : 4/5
(Wudji)

*Ira Melanox ou la puissance des ténèbres de Serge Brussolo (fiction, très bon, édition Fleuve Noir, très dur à trouver!)


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