Les raisins de la colère
(Gallimard/folio, 1972, 640 pages)
C'est l'histoire de ces gens de l'Oklahama, du Kansas, de l'Arkansas...
qui ont été chassés de leurs terres par les tracteurs,
par le progrès, qui ont pris la route entassés les uns
sur les autres dans de vieilles camionnettes, la route pour le rêve
mythique: la Californie. Ils n'avaient plus que leur dignité qu'ils
ont fini par perdre au gré de leurs mésaventures. Eux qui de
génération en génération étaient de fiers
paysans, propriétaires de leurs terres sont devenus des vagabonds,
des sans-abris, des Okies.
Voilà un roman grandiose, comment en parler d'ailleurs tellement c'est
grand. Avec John Steinbeck, on ne s'arrête pas à son chez-moi,
à son patelin, à son pays, oui l'histoire se passe bien aux
Etats-Unis, oui c'est un fait dans l'histoire américaine mais avant
tout c'est la misère de l'homme par l'homme et ça c'est
universel. On est amené à s'interroger sur l'homme et c'est
d'une infinie tristesse de constater que finalement rien ne change, rien ne
changera... On suit particulièrement une famille, une pauvre famille
qui vit toutes les misères du monde, mais ce n'est pas
ça qui m'a tant rendu triste mais bien l'attitude de l'homme envers son
semblable et on n'y voit pas d'espoir, c'est la condition humaine.
Faut le lire, il y en a peu des comme ça. Ce livre m'a fait
le même effet que
Voyage au bout de la nuit de Céline, j'ai
d'ailleurs souvent pensé à ce roman. Deux chefs-d'oeuvres,
deux incontournables!
Note : 5/5
(Mousseline)
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Résumé : On est dans les années 30, Tom Joad sort de prison et
se met en route pour retrouver sa famille dans l'Oklahoma. Il retrouve la maison en
très mauvais état, vide. Tous ceux qui habitent dans les environs,
des métayers, ont également déserté.
Propriétaires ou pas, les banques les forcent à quitter leurs terres,
leurs gagne-pain, en leur disant qu'ils trouveront tous du travail à
l'ouest. C'est là que tous désormais se dirigent, en espérant
trouver du travail, un lopin de terre. Tom Joad et sa famille vont également
se retrouver sur cette route, celle de la désillusion.
Mon avis : J'ai longtemps repoussé la lecture de ce livre que je
n'étais pas sûre d'aimer. Mais malgré mes difficultés
à entrer dans le livre, le sujet m'a intéressé et j'ai
continué. Je n'ai pas été déçue. Je me suis
habituée aux membres de la famille Joad, attachée à eux, et
je me suis sentie concernée par leur situation, et celle de milliers
d'autres familles. Leur situation ainsi que leur obligation de céder devant
ceux qui les mettent à la porte est révoltante, l'afflux des
personnes se rendant à l'ouest est inquiétante, il y aura plus de
main-d'oeuvre que de travail. On sait que tout ça finira mal,
malheureusement, pour de nombreuses familles, car il n'y a absolument personne pour
les aider et pour remédier à la situation. On se retrouve avec une
situation bien connue et dominante de notre société: les plus riches
accumulent leurs richesses, encore et toujours, au détriment des pauvres
qui eux continuent à s'appauvrir. Pour faire un maximum de profit, les
employeurs baissent les salaires, encore, chaque jour, sur le dos du peuple.
Comment survivre quand on est embauché à un salaire qui ne suffit
pas pour nourrir sa famille? Il y aurait tellement à dire sur ce livre,
l'auteur a bien rendu la situation de ces gens et le livre en est d'autant plus
marquant.
Note : 5/5
(Van)
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L'histoire : L'histoire d'Américains qui décident de partir vers la
Californie pour trouver du travail (la cueillette des fruits) durant la crise des
années 30, après avoir été virés de leur terre.
L'Histoire est ici incarnée par la famille Joad qui va de
désillusions en désillusions...
Je pense aussi que c'est un très bon et très grand roman. C'est le
deuxième roman de John Steinbeck que je lis, et il est pour moi un grand
humaniste.
C'est un roman très très noir. Tout au long de ma lecture, je me
disais : mais il n'y a aucune place pour l'optimisme dans ce qu'il écrit!
Mais la dernière phrase du roman a totalement changé mon opinion,
quelle fin! Elle résume à elle seule l'esprit du livre : Nous faisons
tous partie d'une même humanité, alors il faut s'entraider et non pas
écraser son voisin.
J'ai beaucoup aimé la profondeur de chaque personnage, chacun avec ses
qualités et ses défauts, ce qui fait que l'on n'a pas l'impression de
lire un roman, mais une sorte de biographie de la famille Joad, rien n'est trop
romancé, au contraire, Steinbeck reste dans le cru, dans le réel,
même s'il n'est pas beau à voir. J'ai particulièrement
aimé les personnage de Ruthie et Winfield qui
redonnaient un peu de fraîcheur à tout ce noir. La mère est
épatante. Et malgré la dure vie qu'ils mènent et tous leurs
soucis, rien ne passe avant la famille, rien n'est plus important que de nourrir la
famille, de la préserver.
Une jolie phrase au passage : "J'ai appris à écrire, et bougrement
bien. Des oiseaux et des trucs dans ce goût-là; pas seulement de
l'écriture des mots." (p. 80)
Note : 5/5
(Cryssilda)
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Le livre raconte l'odyssée d'une famille de paysans, les Joad, qui,
ruinée par les tempêtes de poussière, par l'appauvrissement du
sol et par la crise des années 1930, est contrainte de quitter l'Oklahoma et
de venir chercher du travail en Californie. Peu à peu, affamés,
traqués et exploités par les grands propriétaires, les
émigrants voient la terre promise californienne se transformer en un vaste
pénitencier. Pourtant, tout au long du livre, l'espoir n'abandonne cette
famille.
L'auteur décrit la déchéance de cette famille qui vivait de la
terre et espère quitter leurs cultures dont les banques se sont
accaparés pour gagner la Californie, terre promise d'alors. Mais le rêve
américain est bien loin! L'auteur nous entraîne sur le parcours de
cette famille et de ses membres avec un réalisme poignant. Au fil des pages,
nous plongeons facilement dans cet univers.
Ce livre est une fresque sans égal des changements qui ont bouleversé
l'humanité au XXème siècle : l'industrialisation,
l'exploitation des ouvriers pour un système économique
gangrèné par le désir de produire toujours plus à
moindre coût. Chassés, exploités et haïs par la
majorité, cette famille reste soudée et répond à ses
maux par l'amour et l'humanisme... Une leçon d'humilité et de
respect. Ce livre représente la misère de l'homme par l'homme.
Nous ne pouvons que nous attacher à cette famille et leur périple si
tragique et émouvant.
Il ne faut pas se laisser intimider par ses quelques 600 pages... Ce livre est une
fresque incroyable de la société rurale américaine
après la crise de 1929. La littérature de Steinbeck qui alterne
poésie précieuse des paysages avec les dialogues abrupts et triviaux
des personnages tient de l'épopée! Ce livre puissant prend aux tripes.
Il parle à nos âmes de capitalistes et nous donne le goût de la
révolte. Un chef-d'oeuvre bouleversant dont on ne sort pas indemne.
"Dans l'âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et
mûrissent, annonçant les vendanges prochaines."
Note : 4/5
(joubjoub)
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Que d'émotions à la lecture de ce livre! Compassion envers cette
famille jetée sur les routes à la recherche d'un eldorado qui va vite
se réveler un enfer; espoir de voir leur sort enfin s'améliorer mais
surtout révolte et colère envers l'exploitation des
émigrants.
J'ai "accompagné" la famille Joad dans son périple et j'ai
été particulièrement touchée et marquée par le
personnage de la mère, pilier de la famille, dont le courage et la
tenacité permettent de souder tous les membres en véritable foyer,
quand le destin tente de les séparer.
La plume de Steinbeck est superbe et terriblement efficace. Bref, un roman
magnifique et bouleversant, qu'on ne peut oublier une fois la dernière page
tournée.
Un incontournable de la littérature, mon seul bémol sera pour la fin,
qui, justement m'a laissé sur ma faim.
Note : 4,5/5
(Lyreek)
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L'histoire se déroule pendant la crise économique des années
30. En sortant de prison, Tom Joad part retrouver sa famille en Oklahoma. Il
trouvera la maison déserte comme plusieurs autres. Au nom du progrès,
les paysans se sont fait montrer la porte par les banques. Ils partent donc
entassés vers la Californie, là où il y a soi disant du travail...
Impossible de rester indifférent à la misère humaine
décrite ici par John Steinbeck à travers la famille Joad. C'est un
livre noir, d'une grande tristesse parce que c'est la vraie misère comme
elle a été vécue à cette époque et comme elle se
vit encore aujourd'hui. D'un côté, il y a la pauvreté,
l'exploitation des travailleurs, l'humiliation, mais de l'autre, la grande
solidarité d'une famille unie par l'entraide et l'amour. C'est dur et beau
à la fois.
C'est un grand roman qui aurait sûrement été un coup de coeur
si ce n'est du temps que j'ai mis pour le lire. J'ai parfois perdu le fil de
l'histoire, je devais constamment me remettre en contexte, ce qui a quelque peu
nuit à mon intérêt. Malgré cela, je suis restée
marquée par cette histoire universelle...
Un auteur à ne pas manquer!
Note : 4,5/5
(Cocotte)
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