Lettre à un otage (Gallimard, 2003, 163 pages)
Quel beau texte, quelle belle réflexion sur les droits de l'homme, le respect de
la condition humaine et ce peu importe notre nationalité, religion etc. C'est vraiment
une très belle lecture qui nous permet de nous remettre les pieds sur terre!
Le tout se passe en décembre 1940, époque où le continent Européen
pèse sur le Portugal et où plusieurs gens doivent être
déportés et oublier leur vie, leurs souvenirs et développer une nouvelle
identité. C'est un court texte (une trentaine de pages) mais ô combien intense.
Note: 5/5
(Dytal)
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Très beau texte. Il s'agit en fait d'une longue lettre que l'auteur écrit
à son ami Léon Werth. Saint-Exupéry est en exil. D'abord au
Portugal, puis, par paquebot, c'est la traversée vers les États-Unis.
L'année: 1940. La France souffre sous le joug de l'Allemagne. Werth est
juif. Il a 50 ans. Il est toujours en France. D'ailleurs, il n'est jamais
nommé dans la lettre, afin de ne pas le mettre en danger. Par ailleurs,
Saint-Exupéry écrit peut-être en pensant à son ami, mais
ses propos touchent tous les Français. En fait, Saint-Exupéry fait
preuve d'un humanisme incroyable. Il déplore la barbarie de la guerre.
Le talent descriptif de l'auteur est rapidement mis en lumière quand il
décrit, au tout début de sa lettre, les états d'âme de
la capitale portuguaise: "Lisbonne, qui avait bâti la plus ravissante
exposition qui fût au monde, souriait d'un sourire un peu pâle, comme
celui de ces mères qui n'ont point de nouvelles d'un fils en guerre et
s'efforcent de le sauver par leur confiance". Lisbonne l'insouciante, comme l'avait
été sûrement Paris avant l'arrivée des chars allemands.
À bord du paquebot vers l'Amérique, Saint-Exupréy rencontre
des compatriotes qui ont laissé tout derrière, mais qui ont
quitté leur demeure comme s'ils passaient tout simplement d'une pièce
à l'autre dans une maison. Pourtant, dans les yeux de ces émigrants,
Saint-Exupéry lit aussi le désespoir.
Saint-Exupéry se souvient des années d'avant-guerre, des repas avec
son ami sur les bords de la Saône. C'était le bon temps. Il se demande
comment l'être humain peut vouloir faire la guerre, alors qu'il aime tant profiter
des bons moments de la vie. Et même s'il déplore l'occupation
allemande, Saint-Exupéry ne s'attaque pas nécessairement aux
individus de ce pays. Ainsi, lorsqu'il raconte son séjour en prison, lors de
la guerre civile en Espagne, Saint-Exupéry rappelle que même sous les
habits des tortionnaires, terroristes et geôliers, se cache
l'humanité. En fait, cette lettre est une véritable dissertation sur
le respect. Un petit ouvrage définitivement à lire. Toujours
d'actualité.
Note: 5/5
(Marko)
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