Un rôle qui me convient (10/18, 2002, 430 pages)
William Henry Devereaux a cinquante ans, et est directeur par intérim du
département de lettres d'une petite université de Pennsylvanie. Il
s'est construit un réseau de solides inimitiés, tout autant qu'il
inspire de vives amitiés : il ne sait jamais lui-même ce qui va sortir
de sa bouche, ayant élevé l'art de la répartie moqueuse au
rang de seul réponse possible. Il charrie tout et tout le monde, et on ne
sait jamais si c'est du lard ou du cochon. C'est le genre de personnage hyper
attachant qu'on déteste autant qu'on l'aime. Dans un imbroglio de
possibilités quant à l'avenir bureaucratique de son
université, il décide sur un coup de tête de menacer de tuer
une oie par jour tant qu'il n'obtiendra pas son budget pour la rentrée
prochaine. Cela sera fortement médiatisé, et ses journées
seront extrêmement remplies, entre ses cours, ses parents, sa fille et ses
problèmes de santé...
430 pages de pure ironie, qui expriment en même temps aux petits oignons
l'atmosphère d'un certain milieu, et ne se dérobent pas quant aux
questions existentielles de la cinquantaine. Le plus admirable étant
vraiment la vision d'ensemble qui parvient à se dessiner derrière les
petits actes de chacun. Pas une ligne n'est à sauter, je suis totalement
sous le charme de la plume de Richard Russo. Caustique et bon enfant, je l'imagine
ricanant et débordant d'amour... Quoi de mieux?!
Note : 5/5 (Cuné)
|