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Richard Russo

Le déclin de l'empire Whiting
(10X18, 2004, 633 pages)

Richard Russo nous propose une promenade apaisante dans une petite ville de l'Etat du Maine. Une petite ville moribonde et désertée depuis que l'industrie textile a fermé ses portes, une petite ville où il n'y a plus rien à voir sauf des gens très ordinaires, insipides, gris, mais que l'auteur parvient à rendre attachants au fur et à mesure de l'histoire. Les héros sont des anti-héros, des paumés touchants même si le lecteur a parfois envie de les secouer. Jamais le roman ne sombre dans le misérabilisme, le ton reste sobre et juste. "Le déclin de l'empire Whiting" fait 633 pages en format poche mais quand on plonge le nez dedans impossible d'en sortir facilement. Et quand on referme le livre on se sent différent, on reste marqué par l'histoire.

Ma note 5/5 car j'ai vraiment adoré. Ce roman m'a pris aux tripes et la dernière fois que j'ai ressenti ça c'était à la lecture de "A l'est d'Eden de Steinbeck". Je vous le recommande vivement.

Note : 5/5
(Lhisbei)
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Un bonheur de lecture du premier au dernier mot. Richard Russo installe tout tranquillement ses personnages, situe l'action d'une façon magistrale, nous plonge à merveille dans l'ambiance kitch d'une petite ville mourrante des Etats-Unis. Et quelle galerie de personnalités hors normes! Ils sont tous très attachants et complètement faillibles. Ici pas de méchant qu'on déteste, les mauvaises actions ou les faiblesses des uns et des autres trouvent leur pendant dans leur vie que l'on déroule, il est difficile d'en vouloir à quelqu'un quand on comprend ce qui l'a amené là où il en est.

Il est amusant de constater la légère obsession de l'auteur quant aux auto-écoles, dans ses trois premiers livres on retrouve la même histoire de moniteur plus ou moins améliorée.

Je vous conseille très très fortement ce prix Pulitzer 2002, qui va vous emmener pour longtemps à Empire Falls...

Note : 5/5
(Cuné)
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Empire Falls, une petite ville dans le centre du Maine, une ville où il ne reste plus grand chose après que les usines qui faisaient vivre pratiquement toute la population aient fermé. Dans cette ville on suit différents personnages dont Miles, le principal, un homme qui a laissé tomber ses études et ses ambitions pour revenir prendre soin de sa mère à Empire Falls et gérer l'Empire Grill, restaurant miteux, qui appartient à Madame Whiting, la très riche Madame Whiting, ex-propriétaire des usines Whiting. Autour de Miles gravitent Janine son ex-femme, Tick sa fille, son frère David, Cindy Whiting et bien d'autres.

C'est la vie avec ses drames quotidiens dans une petite ville où l'éclat du passé n'est plus qu'un souvenir. Richard Russo rend très bien cette vie terne dans une ville telle qu'il y en a un peu partout en Amérique. Le gros point fort de l'auteur est son talent pour dépeindre ses personnages, on les imagine aisément les habitants de Empire Falls. Tout ça est très bien, mais à condition qu'on s'intéresse aux destins de ces personnages ce qui n'était pas toujours mon cas.

Et l'écriture est plutôt ordinaire... dans le sens que ça manque de style (peut-être la traduction?). Je ne suis tombée sur aucun extrait qui m'a sauté aux yeux, dans ce cas il faut alors que l'histoire soit drôlement enlevante et originale pour que je sois conquise. Et l'histoire n'est ni originale ni enlevante, le rythme est lent, presque suporifique par moments.

Malgré tout j'ai bien aimé, ça se laisse bien lire, mais je ne recommande pas particulièrement ce livre. Il y a tellement mieux. Quoique pour les lecteurs qui ne sont pas familiers avec des petites villes telles que Empire Falls, l'exotisme des lieux pourraient alors séduire tellement Richard Russo est doué pour en décrire l'ambiance.

Note : 3.5/5
(Mousseline)
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L'action se déroule à Empire Falls, une ville de l'état du Maine qui se meurt depuis la fermeture de l'industrie textile dirigée par la famille Whiting. Les habitants sont pour la plupart paumés. Parmi eux, nous retrouvons Miles Roby qui tient un snack-bar dans lequel passera une galerie de personnages qui laisseront leur marque.

J'ai beaucoup aimé plonger au coeur de cette ville dont la prospérité a chuté dramatiquement avec le temps laissant ses habitants moroses et désabusés. J'aime bien ces livres de style réaliste qui racontent le quotidien de gens qui ne sont pas des héros, mais qui tentent de trouver leur bonheur malgré les difficultés et les misères qui les tourmentent. C'est bouleversant de savoir qu'il y a sûrement des villes semblables dont la survie dépend d'une puissante famille.

Le déclin de l'empire Whiting est un long pavé qui se déguste tranquillement. Le rythme est lent, l'auteur prend le temps de tout mettre en place, ce qui donne l'impression de faire partie prenante de cette histoire. Je me suis attaché à tous ces gens imparfaits, mais remplis d'une grande humanité.

Une belle découverte!

Note : 4.5/5
(Cocotte)
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La petite ville d'Empire Falls, dans le Maine, a longtemps été une ville riche, sous la domination de la famille Whiting. Mais la crise économique passant par là, les usines ont fermé, les gens sont partis, et la petite ville vivote dans ses maisons lézardées. Mais la plus grande partie de la ville appartient toujours à la vieille Mrs Whiting, notamment l'Empire Grill, le restaurant tenu par Miles Roby. Le pauvre Miles traverse une période douloureuse : sa femme vient de le quitter, il se fait du souci pour sa fille adolescente et pour son avenir, d'une manière générale. Vingt ans plus tôt, il a abandonné ses études universitaires pour venir au chevet de sa mère malade et s'est retrouvé coincé dans une vie qu'il n'a pas choisi et qui lui pèse.

C'est un gros roman très agréable à lire même si le style de l'auteur m'a quelquefois paru un peu alambiqué. Il m'a fallu relire plusieurs fois certaines phrases pour en pénétrer le sens. Et j'ai trouvé qu'il y avait pas mal de longueurs, de scènes excessivement détaillées. Mais Richard Russo a le mérite de nous montrer une autre version de l'Amérique, celle du chômage et de la pauvreté. Autour de Miles Roby gravite une jolie collection de personnages hauts en couleurs : son père, roublard, menteur, voleur; la vieille dame riche et méchante; son ex-belle-mère au franc parler. En revanche, tous les personnages secondaires m'ont paru un peu caricaturaux : le flic ripou, le futur mari de l'ex, la pauvre petite fille riche et estropiée. Et la fin m'a carrément déçue : trop rapide, presque bâclée, trop américaine. Une atroce tuerie dans le lycée fait office de catharsis et permet à tout le monde de retrouver sa place. Les méchants sont punis : la vieille dame se noie, le flic ripou perd son boulot et son fils, et un nouvel espoir de développement pour la ville apparaît presque miraculeusement...

Note : 3.5/5
(Papillon)
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J'ai aimé (beaucoup!) le temps qui prend le temps de s'installer, cette histoire qui nous est contée avec détails et richesse. Le décor est posé, tout est là, le lecteur se trouve rapidement en compagnie de Miles à observer cette ville en perdition et cette frange de l'Amérique profonde qui ne va pas très bien, mais garde espoir et humour. Les portraits dépeints par Richard Russo sont sensibles et attachants. Je pense par exemple au personnage de Max Roby, détestable et émouvant à la fois. Ou de Tick, adolescente qui se cherche sans réellement trouver sa place. Et Janine qui pense réaliser ses rêves dans un second mariage foireux. Chaque protagoniste représente l'un de nous, le panel des êtres composant ce roman est assez réaliste.

L'histoire s'écoule lentement et c'est ce qui donne un des traits de qualité du livre. Pas de pirouettes, de silences inutiles ou de devinettes improbables. Tout est là, permettant à chacun de s'imprégner comme il se doit d'un récit ni triste ni gai, dur sans être noir. Une fresque que j'ai beaucoup aimée, avec un tout petit bémol pour la fin que je trouve un brin rapide, voire attendue en ce qui concerne le terrible retour de John et le départ final de l'impératrice des lieux. Non pas que cette idée de fin me déplaise mais j'aurais aimé que Russo y accorde autant de détails qu'au début, surtout pour le personnage de John Voss. En même temps, tout cela parle bien de soi-même, il ne faut peut-être pas en faire plus, c'est à voir.

Voilà un livre qu'on n'a pas envie de lâcher avant de l'avoir terminé, ce fut une belle découverte. Un coup de coeur pour les passages consacrés aux vacances à Martha's Vineyard avec Grace et Miles, ainsi que pour le prologue consacré à CB Whiting. Les éléments se mettent en place au fur et à mesure, sans que l'on perde le fil, tout s'emboîte et devient limpide; la vengeance d'une femme bafouée peut devenir un plat qui se mange glacé.

Note : 4.5/5
(Sahkti)
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C'est parti très fort "Le déclin de l'empire Whiting". J'ai beaucoup aimé le début où j'ai retrouvé l'humour british que j'aime, distancié, décalé et surprenant. Russo commence par un tableau des membres de la dynastie Whiting, des mâles en particulier, tous martyrisés par leurs épouses qu'ils rêvent de tuer. Le dernier, CB, se vante d'avoir toujours le dernier mot dans les discussions avec sa femme puisqu'elles se terminent toutes par "Mais oui ma chérie!" Ça j'aime beaucoup. Comme j'avais lu le passage à haute voix à ma femme, elle a dit "Tiens c'est comme à la maison!" et j'ai dû répondre quelque chose comme "Mais oui ma chérie!"

Par la suite, c'est moins drôle, et plus du tout lors d'un mini Colombine. On suit la vie d'une quinzaine de personnages dans cette petite ville économiquement mourante qui sont tous, presque, sympathiques et colorés, mais avec d'anciens et persistants problèmes psychologiques. Amour et vénération du personnage principal, Miles, pour sa mère Grace qui va, par sa seule existence et présence perturber et empêcher un amour très fort de sa mère pour CB, un autre homme que le mari. Tick, la fille adolescente qui vit très mal l'étrange divorce de ses parents Miles et Janine. Une surpuissante Francine Whiting qui apprenant la liaison de son mari CB avec Grace, l'embauche pour l'avoir à ses côtés. Un chat mystérieux et redoutable et une rivière fantasque.

Globalement j'ai bien aimé, encore qu'à mon avis Russo aurait pu élaguer un peu. Cent pages de trop. Je ne supporte pas les flashes back.

Note : 4/5
(Pilou)
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Ah quel livre mes chers razérates!

Certains l'ont lu et l'ont déjà résumé, pourquoi en dire plus sur l'histoire? En fait il pourrait s'agir de la suite de "Quatre saisons à Mohawk".

Le petit Ned y a grandi, là il s'appelle Miles. Son histoire, traitée en parallèle avec celle de la ville d'Empire Falls et celle de la famille Whiting, nous agrippe avec la même puissance que dans le récit de son enfance.

Quel merveilleux livre d'amour, sans aucune connotation mièvre ou sirupeuse. L'amour filial de Miles et de son frère David pour leurs parents si imparfaits; l'amour fraternel de Miles et de David qui les protège des imbéciles; l'amour qui se cherche et qui s'égare dans de mauvaises directions des couples dépeints; l'amour perdu et sacrifié d'une mère qui a su taire ses renoncements. L'amour absolu et dévorant enfin que l'on porte à son enfant.

J'ai aimé ce livre, autant que j'ai aimé celui que j'ai précédemment lu. Parce que l'histoire est trépidante et sans concessions, parce que les personnages principaux ont des fragilités, des défauts et des attachements qui nous touchent au plus profond. Parce que l'humour constant évite toute tentative d'apitoiement sur le sort des héros, et apporte la touche de dérision qui traduit si bien cette magistrale farce qu'est la vie, où chaque individu fait ce qu'il peut pour jouer au mieux sa partie, avec les cartes qui lui ont été distribuées iniquement par le sort.

Cet humour qui est présent dans ce livre jusqu'à la dernière phrase, et qui le clôt par une galéjade que Russo s'est amusé probablement comme un fou à réserver au personnage le plus antipathique de son histoire.

Note : 4,8/5
(Zeta_b)
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Petite déception... Au départ, un peu d'appréhension, comme d'habitude face à une telle brique (633 pages). Puis, très rapidement, le charme opère : personnages attachants, construction astucieuse du récit, où les différents flashs back qui parsèment l'intrigue proprement dite ne gênent en aucune manière la lecture. Malheureusement, au fil de la lecture, l'intrigue s'étiole et l'intérêt se délite. Il me semble que l'auteur a eu le tort d'opter pour l'injuste milieu : ou bien il aurait fallu resserrer l'histoire en élaguant les événements connexes, ou bien l'ouvrage aurait dû compter au moins 500 pages de plus afin d'épuiser la richesse de l'empire construit puis déchu.

Note : 3,5/5
(Plaisir des mots)







Le déclin de l'empire Whiting,
Un rôle qui me convient,
Quatre saisons à Mohawk,
Un homme presque parfait,
Le phare de Monhegan et autres nouvelles

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