Le club des rats de biblio-net
Montréalais de naissance, Richard Ramsay a fait ses premières
armes dans le domaine cinématographique.
Il a bifurqué vers la création littéraire en 1990 avec Le Roman de
Tristehomme et Esseulée, transposition en Nouvelle-France du mythe de Tristan et
Yseult.
On lui doit depuis quelques ouvrages de facture érotique.
Bibliographie
- Le dictionnaire érotique
Éditions Adage, 2002
- Diableries érotiques (avec la collaboration de Brigitte Purkhardt)
Éditions Point de fuite, 2000
- Les sept péchés capiteux (pseudonyme Ève Adam)
Les éditions du Trait d'Union, 1999
- Savoir faire et laisser jouir
Éditions Balzac, 1994
- L'érostisme en chair et en mots : petit dictionnaire vertueux
Éditions Balzac, 1993
- Le roman de Tristehomme et Esseulée
Éditions Québec/Amérique, 1990
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Le Roman de Tristehomme et Esseulée
Ce roman historique concerne le dernier administrateur de la colonie
française. Nous sommes en 1750 alors que l'intendant Bigot - sa frivolité est
légendaire - amène dans son lit les belles petites «sauvagesses» de la colonie.
Il faut dire que loin de la métropole (Paris), les colonisateurs se montraient
très fringants. Ils ne s'interrogeaient pas trop sur leur libido débridée dans
un pays peu populeux et froid même si des sanctions sévères attendaient les
fautifs «qui se gavaient des entrailles» de leurs belles. Les amateurs d'érotisme
profiteront d'un buffet à volonté.
Un bon jour, son neveu convoite la délicieuse femme de son oncle, une jumelle
métisse aux beaux grands cheveux noirs, pleins de poux assurément, mais
l'auteur a négligé ce détail piquant. Il lutte comme un forcené
pour que cette jolie jeune femme soit sienne. Une série d'aventures aussi
rocambolesques les unes que les autres s'engagent pour que le dit neveu vogue en canoë
vers Montréal avec celle que le «mononcle» s'était attaché. Comme il a
ses entrées à la résidence de l'intendant, il lui est facile de
s'assurer de la complicité du personnel pour assumer sa convoitise.
Cette histoire ne peut se dérouler sans évoquer le contexte dans lequel vivait
la ville de Québec au 18e siècle. De la culture à la petite
vérole, on a un bon portrait de la vie que l'on menait en Nouvelle-France. Surtout
des us et coutumes des Indiens qui enrichissaient les nôtres alors que nous aussi
allions devenir des colonisés en 1763, un précédent dans l'histoire: un
pays d'Europe qui en colonise un autre. Donc, dans la ville de Québec, les
colonisateurs français et les Hurons faisaient bon ménage. Ils vivaient comme
tous bons voisins, c'est-à-dire en échangeant les recettes de potions aux
propriétés magiques comme dans Astérix contre les prières
des missionnaires, que l'on emballait certes avec quelques mousquets rouillés et des
bouts de miroirs brisés. N'est-ce pas ainsi que le Hollandais Peter Minuit acheta
New York des Indiens en 1626 pour 24 dollars payés en verroterie?
Cette belle histoire du temps de la colonie est remarquable aussi pour son écriture.
C'est très poétique et trop recherché à cause du vocabulaire
archaïque qui n'est plus consigné aux dictionnaires. C'est quand même
très beau à lire, surtout que l'écriture est aussi trépidante
que les actions qui se bousculent et qui rebondissent intelligemment. Finalement, tout se
tient dans cette oeuvre d'érudit qui relève autant de l'humour et de
l'érotisme que de l'Histoire.
Note : 4/5
(Polo)
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