Miami Blues
(Rivages, 1991, 298 pages)
Frederick Frenger Junior arrive à Miami en provenance de San Francisco où
il a purgé une peine de prison de trois ans à St Quentin. Avant de
s'envoler pour la Floride, le joyeux psychopathe a trouvé le temps
d'agresser trois hommes et de leur voler leurs cartes de crédit. Dès
qu'il arrive à l'aéroport de Miami, il casse le doigt d'un Hare
Krishna qui avait eu la malencontreuse idée de l'importuner.
Ainsi commence les "aventures" de ce personnage taillé dans le roc et aussi
sympathique qu'une mygale. Sans scrupule, violent et ne pensant qu'à
dévaliser son prochain, Junior est bien décidé de se faire une
petite place au soleil avant d'être repris par la police et envoyé
dans un autre pénitencier pour le reste de sa vie.
Seulement il va croiser la route du sergent Hoke Moseley qui est taillé pour
l'affronter. L'officier de police a des problèmes avec son poids, son
appartement minable, sa femme qui lui pompe la moitié de son salaire, le
sexe, l'alcool... et surtout ses fausses dents.
Willeford ne fait pas dans la dentelle. On peut dire qu'il est à l'opposé
d'un James Lee Burke qui aime ciseler son texte. Willeford est cru et direct.
Même s'il aime à nous faire découvrir sa ville,
l'écrivain en a une vision cauchemardesque où les clochards et
autres bandits se déplacent en pleine chaleur moite et suffocante. On sent
le soleil dans ses pages, la crasse et la fracture entre les "Latins" et les "WASP"
(White Anglo-Saxon Protestant). Un livre qui est un coup de poing et on suit à la trace cet affrontement
entre les deux hommes.
Note : 4/5
(Claude)
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