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Melanie Wallace

Sauvages
(Grasset, 2007, 341 pages)

On est au lendemain de la guerre de Sécession, à l'autre bout du monde dans l'Ouest américain, dans un avant-poste. Le commandant Robert Cutter est responsable de ce fort oublié de tous. Tout est délabré autant les bâtiments que les hommes, le moral est au plus bas, les vivres manquent, l'ennui est constant.

Une expédition part chez les "Sauvages" pour délivrer deux femmes blanches captives depuis 4 ans. On les ramène au fort. Constance Smith et Abigail Buwell. Constance Smith ne se fera pas prier pour raconter ses misères et souffrances. Mais Abigail Buwell reste muette. Son rouan, un pur-sang, ne la quitte pas. Seul Robert Cutter arrivera à entrer en communication avec cette femme et encore...

Un roman très très bien écrit, les mots qui me viennent pour le style est profond et sensible. La vie dans le fort, les personnages tout est décrit avec maints détails sans jamais nous ennuyer, bien au contraire. La nature est hostile, plaines infinies, poussière, invasion de mouches.

L'Ouest avec Melanie Wallace est différent. On est loin de "La petite maison dans la prairie" et des paysages idylliques. Melanie Wallace nous fait découvrir ce que devait être la vie pour ces gens, sans rien omettre, sans embellir la vérité. C'est très fort.

Je ne pense pas pouvoir rendre la beauté de ce roman, oui beau malgré toute la misère... à vous de le découvrir, vous serez fort étonnés et surtout obsédés par cette histoire. J'étais bien loin de m'attendre à tant.

Note : 5/5
(Mousseline)
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L'histoire se passe au bout du monde, dans l'Ouest américain, après la guerre de Sécession. Dans un lieu désertique, une garnison de quelques soldats, affamés, avec à leur tête, le major Robert Cutter, un homme triste et tourmenté car il se rend compte que sa garnison est oubliée. Un décor de monde isolé qui n'arrange pas les choses, les hommes s'ennuient dans cette caserne délabrée, le major écrit de belles lettres à sa femme qui ne les recevra pas. Mais un jour l'ennui et la torpeur de ces hommes sont troublés par l'arrivée de deux femmes, délivrées de leur captivité chez les Indiens, appelées les Sauvages, kidnappées elles y sont restées prisonnières pendant quatre ans. L'une des deux, Constance raconte l'assassinat de son bébé, la violence, les tortures, la peur et la fuite avortée, l'autre femme Abigaël, enceinte, devenue sauvage, semble avoir sombré dans la folie, mais on sait qu'elle regrette sa vie chez les Sauvages où elle avait un homme et un premier enfant. Bientôt ce qui reste des hommes de l'avant-poste vont à leur tour sombrer lorsque, enfin un escadron conduit par un gradé, surgit et découvre ce petit monde d'épaves humaines. Abigaël sera enfermée dans un asile et le major Cutter sera dégradé, il ira souvent rendre visite à Abigaël qui finira par lui raconter son histoire.

Un livre superbe, une ambiance très bien rendue par l'auteur qui au cours de l'histoire semble vouloir démontrer les vieux préjugés qui ont longtemps sévi contre les Indiens et pourtant ces gens sont des humains et tous les hommes quels qu'ils soient, n'ont-ils pas droit au respect? Bravo à l'auteur pour ce premier roman.

Note : 5/5
(Lalyre)
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Aux confins de l'Ouest américain, dans l'avant poste 2881 perdu au milieu de nulle part et qui n'a plus aucun contact avec le reste de la civilisation, arrivent un matin deux femmes blanches, rescapées, après avoir passées près de quatre ans parmi les Indiens. Si la première, Constance Smith, raconte rapidement le calvaire et les conditions difficiles dans lesquelles elle a survécus, la seconde, Abigail Buwell, se retranche dans un mutisme inquiétant, dans un coin du fort, seule avec le rouan bleu avec lequel elle est revenue. Le major Robert Cutter, commandant du fort, et qui trompe son ennui et son désespoir dans le cognac et dans les longues lettres qu'il écrit à sa femme, tente d'entrer en communication avec elle. Et tandis qu'Abigail Buwell s'enfonce de plus en plus dans le néant et le souvenir, Robert Cutter, lui, perd de plus en plus le contrôle du fort qui s'enfonce dans le chaos et la décrépitude...

Un roman étrange où assurément le néant, le vide de l'existence en est le thème principal. Quelle tristesse infinie se dégage de ce roman! Aucun espoir, aucun avenir ne se dégage des personnages, en particulier Abigail Buwell ou Robert Cutter qui se rendent compte que leur existence, leur raison de vivre est loin derrière eux et que le futur, avec leur retour à la civilisation, ne peut rien leur apporter, à part l'oubli et le regret. Par bribes, le lecteur découvrira la vie d'Abigail Buwell qui ne sera véritablement elle même qu'au milieu des Indiens et non parmi les hommes qu'elle a pu côtoyer depuis son enfance faite de maltraitance et de privations. Quant au major, la perte irrémédiable de son frère lors de la guerre de Sécession, son fils fou et les morts de ses autres enfants, ont définitivement ébranlé la confiance et le respect envers ses congénères.

Mélanie Wallace nous décrit avec force l'Ouest sauvage américain comme rarement il nous est donné de le voir. Je pense sérieusement que son interprétation est effectivement plus proche que tous les films de western ou autres récits fleur bleue de cette période charnière de l'histoire américaine où "un bon indien est un indien mort". Peu de gloire ou de triomphe dans les expéditions des soldats américains dans les prairies où l'on déloge sans pitié les Indiens. Et même si ceux-ci ne sont pas tendres - Mélanie Wallace n'hésite pas en effet à décrire leurs tortures ou autres expéditions teintées de cruauté - on ne peut s'empêcher de se demander qui sont réellement les Sauvages dont le titre du récit fait en définitive mention...

Un roman dur et âpre avec une fin où la mélancolie et la tristesse transparaient violemment. Je suis ressortie de ce roman certes ébranlée mais aussi dérangée : le peu d'espoir de l'auteur envers le genre humain m'a, je l'avoue, complètement démoralisée!

Note : 3,25/5
(Liza_Lou)










Arrivée tard en littérature, Melanie Wallace y consacre aujourd'hui toute sa vie, qu'elle partage entre New York, Paris et le petit village de Myloi, au pied des montagnes du sud de la Grèce.







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