Dans la gorge du dragon
(10/18, 2004, 533 pages)
On est au Tibet dans un camp de prisonniers où l'on retrouve surtout des
moines. Ceux-ci ont à construire une route et ils tombent à un moment donné sur un
cadavre. Vu leurs croyances, ce mort les empêche de continuer le travail malgré les menaces
des gardes. Shan est un chinois emprisonné dans ce camp, avant il était enquêteur.
Étant donné la disparition du procureur, le colonel responsable de la région oblige
Shan à prendre en charge l'enquête. Et là on part vers une aventure grandiose qui
nous entraîne au coeur des traditions et des croyances d'un peuple qui tente
de survivre à l'oppresseur.
En fait ce roman est ni plus ni moins qu'un chef-d'oeuvre. On apprend plein de
choses, je ne me risque pas à énumérer ici tous ces secrets, c'est tellement immense,
que je n'y arriverais pas. Et aussi je suis encore sous le choc, trop
éblouie pour en parler plus longuement. A vous de lire et vous verrez bien que je
n'exagère pas. Mais je m'interroge sur l'Homme... les Chinois qui ont tant souffert
de l'occupation Japonaise mais qui à leur tour ravagent le Tibet, vraiment
c'est décourageant.
Et alliée à tout ce savoir une intrigue policière époustouflante. Aucun temps
mort.
Bref un roman absolument parfait, je le recommande très très fortement, une lecture
prenante et extrêmement enrichissante. Oui, là je suis impressionnée.
Note : 5/5
(Mousseline)
p.s. Prix Edgar Award 2000
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Résumé: Shan Tao Yun inspecteur chinois a été envoyé dans un
camp de travaux forcés au Tibet où il s'est lié d'amitié avec les
moines tibétains prisonniers. Un cadavre sans tête est découvert sur un
chantier. Les moines refusent de reprendre le travail. Shan est contraint afin de sauver ses
amis de mener l'enquête.
Mon avis: Vous en avez assez de l'Angleterre et des ses charmantes petites dames qui
épinglent les assassins entre deux tasses de thé? Les tueurs en série
commencent à vous ennuyer? Venez donc au Tibet sur les traces de Shan vous ne serez pas
déçus.
Voilà un roman qui dépasse son genre pour offrir aux lecteurs bien plus qu'une
simple intrigue criminelle. L'auteur sait construire des personnages réellement
intéressants (même les méchants) et retranscrire également la
pensée tibétaine. Il nous rappelle hélas à certaines effroyables et
tristes réalités de notre monde tout en mettant son lecteur sur des charbons
ardents tant l'enquête devient vite passionnante et impossible à abandonner en
cours de route.
Dans la gorge du dragon vient d'entrer dans mon panthéon personnel du roman
policier.
Note : 4.8/5
(Chimère)
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Pour avoir mis en cause un haut fonctionnaire lors d'une enquête sur
une affaire de corruption, l'inspecteur chinois Shan a été
exilé au Tibet et incarcéré dans un camp de travail
où la plupart de ses co-détenus sont des moines
tibétains. En effet, depuis l'invasion du Tibet en 1959, le
gouvernement chinois a tout fait pour détruire la culture, la
religion et les traditions tibétaines. Depuis quatre ans qu'il
partage le quotidien de ces hommes pieux et courageux, Shan a appris
à les respecter et à les aimer. Un matin, alors que les
prisonniers arrivent sur leur chantier de travail, ils découvrent un
cadavre: le corps décapité d'un américain. Le gouverneur
de la région, le Colonel Tan, de sinistre réputation,
désire clore l'affaire au plus vite, si possible par un rapport
d'accident. Comme le procureur est en congé, il décide de
faire appel à Shan, qui a le mérite d'être chinois et de
connaître la procédure. Quelques semaines plus tôt, Shan
s'est fait remarqué en forçant le directeur de la prison
à libérer un vieux moine incarcéré depuis trente
ans, ce qui lui a valu d'être "réduit", c'est-à-dire
puni. Si Shan accepte, c'est uniquement pour aider ses amis prisonniers.
En effet, il sait que les moines vont refuser de continuer à
travailler dans un lieu où s'est passé un acte violent, tant
que les rites de purification n'auront pas été
effectués. Seuls ces rites permettront à l'âme du
défunt de ne plus hanter les lieux et de trouver la paix. Mais si
les hommes arrêtent leur travail, ils vont se faire massacrer par les
soldats de la Sécurité Publique, les terribles "noeuds". Shan
commence donc son enquête.
Dans ce roman, Eliot Pattison se livre au travail déjà
effectué par Tony Hillermann avec le Navajos: sous prétexte
d'une intrigue policière, faire découvrir au lecteur un peuple
et une culture. Et le résultat est très, très bon.
Voilà un livre qu'il faut lire au moins à trois niveaux.
D'abord, c'est une histoire policière bien ficelée, qui
mêle des éléments disparates: une mine américaine,
des temples bouddhistes, un démon qui hante les montagnes. Shan
suit une voie étroite qui hésite sans cesse entre
légende et modernité, entre magie et technologie, entre
religion et cupidité. Ensuite, c'est une découverte du Tibet
et de ses traditions, souvent surprenantes, mais toujours pleines de
sens. Mais ce n'est absolument pas une promenade touristique. Enfin, c'est
un manifeste politique qui nous rappelle que le Tibet est occupé par
la Chine depuis cinquante ans et que les Tibétains sont soumis
à l'oppression et à la déculturation. Mais Eliot
Pattison n'est pas naïf au point de croire que seule la bonne
volonté occidentale pourra alléger la situation, et à
ce titre la fin est surprenante et plutôt cruelle...
C'est un livre bien écrit et bien documenté. On s'y croirait,
dans ses montagnes isolées, dans la cahute où les prisonniers
parviennent à se livrer leur rituel religieux, sous la tentes des
bergers nomades, où dans les gompas qui tombent en ruines. On sent
l'amour que l'auteur porte à ce peuple meurtri et plusieurs
scènes mettant en scène de vieux moines sont vraiment pleines
d'émotion. Et, en plus, j'ai aimé que la plupart des
personnages secondaires évoluent entre le début et la fin de
l'histoire: le jeune Yeshe, qui a renié sa culture tibétaine
pour survivre, le sergent Feng qui au contact des Tibétains va
retrouver un peu d'humanité et s'interroger sur sa propre histoire,
le docteur Sung qui a renoncé à toute rébellion, le
Colonel Tan qui se révèlera bien différent de ce qu'il
laissait paraître. Finalement, s'il y a un message dans ce livre
c'est qu'il ne faut jamais renier sa culture d'origine, quelle qu'elle
soit.
Note : 5/5
(Papillon)
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Ce roman policier est tout simplement fantastique. Un coup de coeur. L'intrigue est
très bien ficelée, le suspense omniprésent, jusqu'à la
fin, le mystère reste entier, on n'a pas la moindre idée de qui est le
meurtrier, du mobile... Le lieu de l'intrigue, le Tibet, n'a fait que rajouter au
charme de ce livre. Les croyances, l'injustice du sort des prisonniers, de
l'invasion de la Chine au Tibet, l'auteur a parfaitement retranscrit tout cela, et
nous donne ainsi l'envie d'en connaître plus sur ce pays. À lire
absolument.
Note : 5/5
(Van)
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J'ajouterai juste que pour moi, l'intrigue policière est complètement
passée à l'arrière-plan, qu'elle est juste le prétexte,
il me semble, à une mise en lumière du peuple tibétain et de
sa religion, de ses rituels, de ses superstitions, et surtout qu'elle est
prétexte à une vraie et profonde réflexion politique et
surtout à une critique féroce et totale de la politique chinoise
d'occupation. En effet, celle-ci à pour but d'éradiquer la culture
tibétaine en anéantissant les monastères et leurs
trésors, ainsi que toute la communauté monastique, en asservissant la
population, en occupant avec intolérance, avec violence, mépris
total de l'environnement, ce pays si beau, si singulier. Face à cette
violence, n'existe qu'une politique de non-violence et une profonde quête
spirituelle...
Et c'est pour ça que ce livre est unique. Derrière l'histoire
policière, tout est important.
Note : 4.5/5
(Chantal)
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