La rivière du sixième jour
(Rivages, 1997, 175 pages)
Le sujet :
A partir de la quatrième de couverture, car je ne peux faire aussi bien :
"Quand on a la chance d'être né, avec son frère, dans le Montana, pays des
Rocheuses et des grandes rivières à truites de l'Ouest américain, la pêche
à la mouche c'est un peu comme le tir à l'arc pour les Japonais : une leçon
de vie, une façon méticuleuse d'ajuster ses gestes et de participer à la
beauté du monde. Cela prend du temps, de la patience, comme toute forme de perfection.
Paul, le frère du narrateur était dans les années 30, un magnifique
lanceur qui semblait prendre les poissons au lasso. C'était aussi un joueur de poker
imprudent que sa famille aimait sans le comprendre..."
Mon appréciation :
J'ai adoré ce petit livre pour de nombreuses raisons :
- les scènes de pêche sont resplendissantes de vérité et de justesse.
- les relations entre les deux frères, Norman et Paul le cadet surdoué,
séducteur, rayonnant mais non dénué de défauts et qui
vit dangereusement.
- le talent de l'auteur pour capturer dans son récit la lumière des jours
disparus, et qui à jamais vous hante.
- les questions posées: est-ce qu'on comprend vraiment les gens avec qui l'on vit?
est-il possible d'aider quelqu'un que l'on ne comprend pas?
Une vraie merveille ce livre!
Note : 5/5
(Nimbus)
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Dans le Montana, l'histoire de deux frères qu'une seule chose rassemble : la
pêche à la mouche. L'auteur décrit de fabuleuses parties de
pêche dans des paysages superbes, rivières aux eaux froides
hérissées de rochers, dans des vallées glacières,
entourées des contreforts des Rocheuses et de vastes forêts. Avec plein
de détails, les récits de pêche deviennent extraordinairement
vivants. Le narrateur (en fait l'auteur puisqu'il s'agit d'un récit
autobiographique) décrit comment il choisit sa mouche en fonction des
insectes volant autour de lui. Il pense comme le poisson, devine qu'il y en a un
gros là derrière ce rocher au milieu du courant, lance sa canne d'un
geste élégant, ramène le poisson qu'il dépose dans son
panier sur un lit de menthe sauvage. Pas très loin, sur un autre plan d'eau
pêche son frère Paul. Quand ce reporter n'est pas à
écumer les bars, il pêche. Et c'est un fabuleux pêcheur! Sous la
plume de Maclean, on a l'impression de voir un cow-boy manier un lasso faisant
d'incessants allers-retours au-dessus des eaux miroitantes. Il fait voler sa mouche
avant de la faire plonger et de ramener sa prise.
L'écriture de ces aventures de pêche est tout simplement parfaite. On
est avec Norman Maclean au bord de la Blackfoot, cette rivière sauvage en
plein coeur du Montana et on ramène avec lui de grosses truites brunes.
L'autre aspect du livre est la famille. Paul fréquente beaucoup les bars,
joue, contracte des dettes. Le narrateur doit même aller le chercher en
prison un matin, en compagnie d'une jeune indienne qui partage ses ivresses. Quand
ce n'est pas Paul, c'est Neal – le beau-frère du narrateur – qui est la
source de problèmes.
"La rivière du sixième jour" est donc un petit livre magnifique, qu'il
faut vraiment avoir lu. Ces chroniques de parties de pêche, les descriptions
de paysages sont somptueuses. Quand il s'agit de pêche, l'écriture de
Norman Maclean est tout simplement parfaite.
Un regret tout de même, la traduction française de l'oeuvre qui
s'intitule "A river runs through it". Où le traducteur est allé chercher
ce "sixième jour"? Référence à la Bible, au fait que
Dieu ait créé l'homme le sixième jour? Le père de Paul
et du narrateur est en effet pasteur. Le nom du film qu'en a tiré Robert
Redford "Et au milieu coule une rivière" est autrement plus poétique
et beaucoup plus proche de la pensée de l'auteur.
Note : 5/5
(Docguillaume)
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Roman autobiographique de Norman Maclean, qui nous raconte une partie de sa
jeunesse au Montana, notamment avec son frère Paul, de trois ans son cadet,
joueur de poker invétéré, plus ou moins alcoolique, et
surtout "champion" de pêche à la mouche dans les magnifiques
rivières à truites de la région.
Un délice! Immergée dans la nature, dans l'eau froide jusqu'à
la taille, une canne à la main en la maniant adroitement pour poser la
mouche à la surface de l'eau et attraper une superbe truite... je m'y
voyais! En tout cas, je sais tout de la pêche à la mouche (et je suis
bien tentée d'essayer). Tissé de très belles descriptions de
la nature et de la rivière en particulier, et de sentiments familiaux pleins
de tendresse, ce roman est un récit tout simple mais combien enchanteur que
j'ai lu en une journée. Le genre de livre à garder au chaud pour de
prochaines lectures...
Note : 4,5/5
(Chantal)
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Le narrateur, en fait Norman Maclean, raconte des moments de sa vie au Montana où tout tournait autour de la pêche à la
mouche.
"Dans notre famille, nous ne faisions pas clairement le partage entre la religion et la pêche à
la mouche."
Qu'on aime la pêche ou pas, qu'on soit indifférent, il est impossible de ne pas être
soulevé par les descriptions qu'en fait Norman Maclean. Même qu'il donnerait envie de pêcher
à la mouche à l'ennemi le plus juré de cette activité, que
dis-je de cet art! En fait, quoique la pêche y joue un rôle prépondérant ce n'est pas
un roman uniquement sur la pêche, loin s'en faut. C'est plutôt la relation entre deux frères,
le narrateur et Paul. Et l'amour très fort qui unit toute une famille.
On ressent tout l'amour, toute la tendresse que Norman Maclean a envers les siens : son frère, ses
parents, sa femme, sa belle-famille... et aussi l'amour de la rivière. Ses descriptions sont très
colorées, on sourit presque tout le temps.
Et quelle plume! une écriture somptueuse, poétique, ruisselante et pleine d'humour. Et quelle
puissance d'évocation, rarement un auteur me fait ressentir autant les choses, les sentiments humains
comme les humeurs de la nature et le Montana. Brrrrrr... c'est poignant, je vous dis.
Je tourne la dernière page avec le coeur tout chamboulé, ouf...! Très fort, plus que
parfait! Magnifique, comme dirait le père de Norman Maclean. Bref ce livre est un trésor, à
lire et à relire.
Extraits :
"Presque tous les habitants de la côte ouest sont nés dans les Rocheuses. Mais comme ils
étaient incapables de pêcher à la mouche, ils ont émigré là-bas, et ils
sont devenus avocats, notaires, chefs comptables..."
"Je n'ai jamais prétendu être un crack, mais je me considère comme un pêcheur
honorable, c'est quelque chose qui est important dans ma vie, et j'aime faire bonne figure, surtout quand je
pêche avec mon frère."
"Personne ne peut prétendre avoir vécu l'immensité d'un instant tant qu'il n'a pas vu le
monde s'incarner dans un poisson, et le poisson disparaître. Cet animal-là je m'en souviendrai
toute ma vie."
"Je me demandais par exemple comment il se fait que les femmes soient de telles poires et qu'elles soient toutes
prêtes à voler au secours d'un salaud comme lui - et jamais au mien."
"Je sais en tout cas qu'il n'aime pas pêcher. Ce qu'il aime, c'est raconter aux femmes qu'il aime pêcher.
Les femmes sont contentes et lui aussi. Et les poissons aussi."
"Ceux avec qui nous vivons, qui nous sont proches, et que nous sommes censés connaître le mieux,
sont ceux qui nous échappent le plus."
Un livre qui incite à souligner autant d'extraits... et encore plus, quoi dire d'autres que : Lisez-le!
Note : 5/5
(Mousseline)
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Bon je n'ai pas été intéressée du tout par cette histoire de pêche, aussi je
l'ai survolée plus que lue. Mais je trouve la fin très belle et nostalgique aussi je vous la
recopie :
"Aujourd'hui, presque tous ceux que j'ai aimés sans les comprendre quand j'étais jeune sont morts,
mais je n'ai pas renoncé à chercher à les connaître.
Bien sûr, à mon âge, je ne vaux plus grand-chose comme pêcheur, et bien sûr, le
plus souvent, je pêche seul dans les grandes rivières, malgré mes amis qui trouvent que ce
n'est guère raisonnable... A la fin toutes choses viennent se fondre en une seule, et au milieu coule une
rivière. La rivière a creusé son lit au moment du grand déluge, elle recouvre les
rochers d'un élan surgi de l'origine des temps. Sur certains des rochers, il y a la trace laissée
par les gouttes d'un pluie immémoriale. Sous les rochers, il y a les paroles, parfois les paroles sont
l'émanation des rochers eux-mêmes. Je suis hanté par les eaux."
J'ai vu le film de Redford il y a un certain nombre d'années et je me souviens l'avoir bien
apprécié. Compte tenu que je ne suis pas une passionnée de pêche et que je ne conteste
pas la qualité du livre, je mettrai la note suivante : 4/5.
Note : 4/5
(cecile)
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