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Elmore Leonard
Les chasseurs de primes
(Rivages, 2003, 300 pages)
"A la frontière du Mexique, une poignée d'hommes aussi teigneux que
des scorpions se disputent la peau d'un indien renégat, un chef de guerre
sans pitié nommé Soldado Viejo. Chasseurs de scalps sanguinaires,
officiers de cavalerie désabusés, francs-tireurs de l'armée
mexicaine, tous sont prêts à risquer gros pour mettre la main les
premiers sur leur proie. Et même à s'entretuer, s'il le faut. Un seul
problème : pour vendre la peau de l'Apache, il faut d'abord le capturer..."
C'est sur ce canevas que Leonard, qui a débuté sa carrière
d'auteur en écrivant des westerns, nous offre un titre âpre et
crissant comme du sable dans la bouche. Le texte est limpide, directe, il ne
cherche pas à éblouir. C'est le Soleil qui éblouit dans ce
roman, le Soleil et la noirceur des personnages. La violence, des pisteurs aux
chasseurs de primes, ils ont une âme torturée, pleine de secrets,
chacun portant son passé, ses craintes, ses désillusions. Qui les
noyant dans la violence, qui dans le mescal, qui dans le silence. On ne peut
s'empêcher de penser à Sam Peckinpah et Sergio Leone en lisant ce
livre. Western crépusculaire, qui déroule ses pages dans un Mexique
plombé par la chaleur où les pins rabougris et secs ne donnent aucune
ombre pour se cacher malgré leur présence. Les Apaches, que tous
chassent sont aussi vivants que des fantômes, ils ne sont là que pour
révéler la brutalité des hommes blancs, à la violence
des tortures répond la méchanceté et la veulerie des
chasseurs.
Une très belle découverte assurément. Une dernière
chose, ceux qui ont aimé "Ulzana's raid" de Robert Aldrich, ne devrait pas
manquer d'aimer ce roman de Leonard.
(Claude)
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Ecrivain et scénariste américain, Elmore Leonard est né
en 1925 à la Nouvelle-Orléans (Louisiane) et part avec sa famille
à Detroit (Michigan). Pendant la 2e guerre mondiale, il est incorporé
dans la marine. Après des études d'anglais et de philosophie à
l'Université de Detroit, il participe à des scripts de films
éducatifs pour l'Encyclopedia Britannica. Il se consacre ensuite
entièrement à l'écriture de nouvelles, de polars et de
westerns dont plusieurs ont été adaptés pour le cinéma,
parfois par lui-même ("Trois heures dix pour Yuma"). Il a notamment
publié "Valdez est arrivé", "Monsieur Majestyk", "Paiement cash",
"Plus gros que le ventre", "Homme inconnu", "La joyeuse kidnappée", "La loi
de la cité", "Un drôle de pélerin", "La brava", "Le jeu de la
mort", "Bandits", "D'un coup d'un seul", "Les fantômes de Detroit", "Zig-Zag
Movie", "Punch créole", "Loin des yeux", "Be Cool!", "Mr Paradise", "La
joyeuse Kidnappée".
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