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Bret Easton Ellis

Lunar Park
(Robert Laffont, 2005, 378 pages)

Le héros du roman s'appelle Bret Easton Ellis, et a eu la carrière de l'auteur. Au moment où on le rencontre, il en a eu assez de ses turpitudes dans l'alcool, la drogue et toutes les extravagances qui en découlent, sans avoir réussi pourtant à toucher le fond. "C'est difficile de toucher le fond quand vous gagnez 3 millions de dollars par an." Il s'est marié, et vit depuis 3 mois dans une banlieue huppée des Etats-Unis, avec épouse et enfants. Robby, 11 ans, est son fils, mais il ne l'a jamais connu. Et Sarah, 4 ans, est la fille de sa femme. Il travaille à un nouveau roman et donne un cours de technique d'écriture dans une petite université une fois par semaine. Il consulte même divers thérapeutes censés le cadrer sur les rails de la normalité qu'il appelle de ses voeux. Mais tout ça n'est pas lui, et très vite les sirènes de ses addictions reprennent leur chant. Sa vie n'est qu'une succession de faux-semblants qu'il a bien du mal à assurer. C'est alors que...

Qu'il vous faut lire le roman! Le moment où ça dérape est absolument impossible à éventer, c'est un tout qu'il faut découvrir lentement, et par soi-même.

Il me manque sûrement des clefs pour appréhender Bret Easton Ellis. Il est indéniable qu'il y a un réel talent d'écriture et de construction dans ce roman, des petits clins d'oeil du côté de Somoza ou King. Son oeuvre antérieure, largement évoquée tout au long du livre, m'a aussi sans doute manquée pour réaliser à quel point il revenait aux sources.

"Explorer ce genre de violence avait été "intéressant" et "excitant" et tout était "métaphorique" de toute façon - du moins pour moi à ce moment de ma vie, quand j'étais jeune et furieux et que je n'avais pas pris conscience de ma propre mortalité, à une époque où la douleur physique et la souffrance réelle n'avaient pas le moindre sens pour moi. J'étais dans la "transgression" et le livre était surtout consacré au style."

Mais certaines scènes m'ont gênée par leur sentimentalisme débridé, sans que je puisse discerner avec certitude s'il fallait les prendre au premier ou au second degré. Et la toute fin m'a carrément déçue, la partie "vif du sujet" me semblant quand même vraiment trop "grosse".

Je suis donc mitigée face à ce roman dont j'attendais beaucoup et qui a été élu meilleur livre de l'année 2005 par le magazine Lire. Par contre j'ai bien envie quand même de lire le reste de la production de Mister Ellis.

Note : 4/5
(Cuné)
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Ce livre commence comme une autobiographie. Bret Easton Ellis fait le point de sa vie, de sa carrière, il décide de revenir à une écriture plus dépouillée... Mais il nous met en garde :

"Je ne veux pas avoir à clarifier ce qui est autobiographique et ce qui l'est moins. Mais c'est de loin le livre le "plus vrai" que j'aie écrit. Au lecteur de décider ce qui, dans "Lunar Park", a bien eu lieu."

Et j'espère pour lui que tout n'est pas vrai! Nous voilà au tout début de son mariage avec une ancienne liaison dont il a eu un fils âgé de 12 ans, il tente plus ou moins efficacement de décrocher de ses dépendances : drogue, médicaments ou alcool et nous décrit son quotidien d'écrivain célèbre dans une banlieue chic.

Mais le récit dérape dans une sorte de thriller grandguignolesque. J'ai été gênée par les références à ses précédents livres que je n'avais pas lus, le côté déjanté de l'histoire ne m'a pas emballée. Néanmoins, j'ai cru discerner de la part de l'auteur une vraie remise en cause personnelle quant à ses rapports avec son père et son fils... L'écriture m'a plu mais la dérive fantastique de l'histoire m'a donné plusieurs fois l'envie de laisser tomber le livre.

Note : 2/5
(Doriane)
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Un lupanar Park pas nanard

Un livre qui côtoie la perfection. Changement d'univers pour Bret Easton Ellis qui prend tout son lectorat à contre-pied. On y retrouve Bret, ses romans, Patrick Bateman... De vielles connaissances maltraitées pour une thérapie de choc.

Bret nous avait habitué a ses fresques du monde des yuppies. Sexe, drogues, alcool, fêtes, musique et violence étaient son quotidien littéraire. Un monde sans repère. Un monde sans joie. Un monde où le temps passe en dévoilant la futilité de l'existence.

A vous le grand air! Quoique...

Roman de fiction, il essaie de nous faire croire que tout est vrai. Et c'est prenant d'essayer de démêler le vrai du faux que l'auteur prend un malin plaisir à alterner dès que possible.

Bret est marié, on en rigole encore. Bret essaie d'être clean, on se roule par terre. Bret est prof de littérature dans une université perdue en province, il nous achève.

Impossible d'y croire et pourtant on est pris dès les premières lignes de sa pseudo confession. Le cerveau atteint de l'auteur est épaulé par l'écrivain qui lui souffle les moments perdus. Une schizophrénie galopante qui nous fait régulièrement perdre pied. De même que l'auteur.

Un livre angoissant sur la relation père fils (Bret et son père ou Bret et son fils). Un livre passionnant sur le croisement du monde réel et de l'oeuvre fictionnelle. On se retrouve dans le cerveau de l'auteur comme nous nous baladions dans "La maison des feuilles" de Danielewski.

J'ai lu l'intégrallité de Bret Easton Ellis. Sans doute le meilleur Ellis à ce jour mais pas le plus simple à suivre. Et comme on dit dans les annonces "une connaissance de la littérature américaine, de l'auteur et de son oeuvre seraient un plus".

Une middlelife crisis dans ses grandes largeurs, tout en couleur.

Note : 5/5
(Espoinka)
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Que l'art de la critique est difficile quand on tombe sur un tel roman! Souvent encensé à sa sortie, accompagné de nombreuses interviews de l'auteur, et d'analyses de critiques littéraires. J'étais tombée sur l'une d'elles et j'avais trouvé le personnage assez fascinant. Amusée d'apprendre que cette biographie, dont certains chroniqueurs étaient persuadés de la véracité, était en fait complètement fausse.

Sachant cela, j'ai commencé ma lecture et j'ai plutôt été agréablement surprise dans les premières pages. Bret Easton Ellis se dépeint au début de son roman avec toute sa complexité et revenant sur son passé et ses premières années de célébrité, établit combien sa réputation sulfureuse n'est pas surfaite. Lassé de toutes ces errances qui ont bien failli le mener au cimetière, Bret Easton Ellis choisit de s'assagir, il débute une nouvelle existence se mariant avec une ancienne conquête amoureuse, retrouvant le garçon qu'il lui a fait et dont il ne s'est jamais occupé, une petite fille qu'elle a eue avec un autre homme, une belle maison en banlieue, un golden retriever, et toutes les apparences d'une désintoxication réussie.

En l'espace de douze petits jours, ce bel équilibre va être supplanté par le chaos. Voilà en quelques mots le commencement de ce roman. Le problème c'est que très vite l'on tombe dans de longues descriptions de beuveries, de recherche éperdue de diverses drogues, de descriptions lugubres de ce que sont et font les pauvres enfants de ce couple star. A cela s'ajoute des éléments fantastiques, la relation des événements dignes, pour moi, du plus mauvais Stephen King (du meilleur pour d'autres), qui doivent faire peur mais laissent sceptiques, et paraissent simplement divagation de toxico sous emprise d'acide.

Alors, pas très emballée, j'ai eu le tort de me focaliser sur ces éléments dont je ne suis pas friande. Ignorant peut-être à tort, une autre dimension de ce roman : ce qui tourmente assez cet homme, à qui pourtant tout réussi, pour être et agir ainsi. Il y a le père, figure ambivalente, il y a le rapport au fils, il y a certainement autre chose que ce que j'y ai vu, puisque tant de critiques avisés ont aimé ce bouquin. Je pense qu'il me faudra le relire, en toute connaissance, il me sera sans doute plus facile d'occulter l'aspect superficiel et commercial de ce roman. Et oublier aussi ce que je pressentais depuis le tout début : ce qu'il allait advenir du Golden retriever.

Auteur tourmenté aux instincts suicidaires ou fumiste intégral, je n'arrive pas à trancher. Je ne donne pas de note à ce roman en attente d'une relecture qui confirmera ou infirmera celle, bien embrouillée, que je viens de faire.

(zeta)







Lunar Park,
Zombies,
Moins que zéro,
American Psycho



Bret Easton Ellis, né en 1964 à Los Angeles, vit aujourd'hui à New York. Son premier roman, "Moins que zéro", salué comme un chef-d’oeuvre et comparé à "L’Attrape-coeur" de Salinger, le propulse à vingt et un ans au premier plan de la scène littéraire américaine. Il publie ensuite "Les Lois de l’attraction", puis, en 1991, il frappe l’opinion et les lecteurs avec "American Psycho". Avec un recueil de nouvelles, "Zombies", et un roman, "Glamorama", Bret Easton Ellis a renoué depuis avec les thèmes de ses premières oeuvres. Ses romans ont tous été adaptés au cinéma.





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