La Compagnie noire
Tome 1 : Les annales de la Compagnie noire
(J'ai lu, 2004, 379 pages)
"Mercenaires nous sommes et nous resterons. Que nous importe si la cause de notre employeur est
légitime? On nous paye pour la servir. Nous sommes la dernière des compagnies franches de
Khatovar. Nos traditions et nos souvenirs ne vivent que dans les présentes annales et nous sommes les
seuls à porter notre deuil. C'est "La compagnie noire" contre le monde entier. Il en a toujours
été et il en sera toujours ainsi."
La Compagnie noire s'est engagée auprès de la Dame contre les Rebelles qui sont à la
recherche de la réincarnation de La Rose Blanche, celle dont la prophétie affirme qu'elle mettra
fin à la tyrannie et la cruauté du pouvoir de la Dame et les Dix Asservis, sorciers anciennement
au service du Dominateur époux de la Dame. Celle-ci s'est débarrassée de son mari en
l'enfermant sous terre et en subornant les Asservis. Voici donc nos mercenaires bien décidés
à remplir leur contrat en servant les représentants du Mal.
Il s'agit d'un premier tome d'une longue série racontant les chroniques d'une compagnie de mercenaire.
L'histoire a l'originalité de montrer ces mercenaires du côté des "méchants" comme
des gens ordinaires faisant le travail pour lequel ils sont payés. Ce qui est évident, c'est que
même les "gentils" ne sont pas des tendres et ont des méthodes parfois pires que leur adversaire.
Les évènements nous sont racontés du point de vue de Toubib qui a la charge de
rédiger les annales de la Compagnie et qui en est aussi le médecin. En tant que tome introductif
à la série, nous faisons donc connaissance avec divers personnages et le monde dans lequel ils
évoluent. Si la magie est présente, elle n'occupe pas la place centrale des
évènements qui est réservée au quotidien d'une compagnie forte de ses traditions
et coutumes qui se retrouve embarquée dans de sinistres complots et des batailles sanglantes.
Note : 3,5/5
(Chimère)
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J'ai un avis très mitigé au sujet de ce roman. Bien qu'il soit un tome d'introduction à
une série plus vaste, il n'en demeure pas moins que sur certains points, il n'a pas répondu
à mes attentes. D'un style fade et simpliste, laissant la place à l'argot (ce qui est tout
à fait justifié lorsqu'on sait quel genre d'homme compose la compagnie) pour mettre du piquant.
Donc, habitué à une langue plus colorée et soignée, je suis resté sur ma
faim. Le fait que le personnage principal soit en fait un annaliste transparaît aussi dans le choix de ce qui
est dit ou non. Beaucoup de passages, surtout au début, se terminent un peu abruptement alors qu'on
passe à une nouvelle période de la guerre sans de transitions très
élaborées. Les détails sont également flous : on ne sait pas vraiment combien de
personnes font partie de la compagnie ni combien leur font face avant les 2/3 du roman. En contrepartie,
l'action ne manque pas et le récit est vraiment orienté en ce sens. On est ici bien loin
d'auteurs comme Guy Gavriel Kay et Robin Hobb. Ce n'est donc pas mauvais en soi, mais
j'étais habitué à autre chose.
On se perd aussi avec le nombre de noms qui fusent, que ce soit à l'intérieur de la compagnie ou
du monde. Étonnamment et sans grandes raisons apparentes, il n'y a que des surnoms dans le livre. Si
cela ne tenait qu'à la compagnie noire, on pourrait croire en un rite d'accueil, mais rien n'est
spécifié. Les dix asservis, sortes de héros mauvais, en ont également, mais ceci
est justifié. Pour les autres personnages, en dehors de ces deux groupes, ces surnoms qui paraissent
intéressants à première vue deviennent redondants; le monde n'est quand même pas
peuplé que de surnoms! Ils ont au moins l'avantage d'être plus facile à retenir,
étant donné leur nombre important.
L'ambiance sombre d'une compagnie formée d'hommes à la moralité discutable est
l'élément que j'ai le plus apprécié et qui est le mieux réussie, selon moi.
Mais, là où l'auteur aurait pu exploiter davantage la psychologie de ce groupe d'hommes pris avec
eux-mêmes, il a préféré le remettre à plus tard, sans doute. Au final, je me
suis toujours aussi mitigé quant à mon appréciation du roman. Et l'est davantage quant
à la possibilité de continuer cette série.
Note : 2/5
(Calepin)
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