Club des rats de biblio-net


9543 critiques, 3638 livres, 1460 auteurs



John McGahern

La caserne
(Presses de la Renaissance, 1996, 247 pages)

Enfermement.

Ce roman de John McGahern est son premier livre, il date de 1963 et de 1986 pour sa traduction française.

Elizabeth a épousé à son retour en Irlande le sergent de police Reegan, veuf avec trois enfants, ils habitent dans un bâtiment de fonction d'une petite ville irlandaise où la délinquance, dans les années 1950, est proche du zéro.

Parfois elle regrette sa liaison avec le Docteur Halliday et la vie à Londres, car elle a parfois en elle une forte impression de gâchis et de solitude dans sa vie. Elle se sent vieillir, femme inutile sans descendance. Les enfants ne sont pas les siens et parfois lui font sentir. Son mari, suite à des problèmes avec le commissaire Quirke, son supérieur hiérarchique, ressent de son côté un sentiment d'échec. La vie dans la caserne est monotone et peu enrichissante. Sa santé décline, et elle, qui fut des années infirmière, se doute de sa maladie, des kystes aux seins ne la trompe pas. Elle part à Dublin se faire opérer, mais des problèmes cardiaques compliquent encore la situation. Un dernier Noël se passe, une courte rémission. Mais dès lors la fin est inéluctable.

Beaucoup de critiques disent qu'Elizabeth est le plus beau personnage féminin de l'oeuvre de McGahern, je suis tout à fait d'accord avec eux, et j'y ajouterai Rose dans le roman "Entre toute les femme". Voilà une femme prisonnière de la vie militaire de son mari, vivant en caserne, se sentant rejetée par les enfants de Reegan, ayant l'impression de ne jamais avoir connu le bonheur, même à Londres avec Halliday, être dépressif et alcoolique. Elle se remémore le premier départ pour l'exil, la déchirure. Puis le retour en Irlande, les illusions perdues.

Reegan est un personnage plus frustre, vouant une haine féroce à son supérieur, il rêve de quitter la police et d'acheter une petite ferme, il travaille souvent pendant ses heures de service à ramasser de la tourbe qu'il vend. Il n'est pas un mauvais mari même s'il manque de chaleur humaine, mais les affrontements avec son supérieur aigrissent son caractère.

Toujours une écriture très précise, voire méticuleuse qui personnellement me ravit. Un très grand livre et une femme remarquable.

Extraits :

"Pour lui elle était vieille avec ses cheveux grisonnants et sa peau toute ridée."

"Elle comprit à quel point elle était malade... Et toujours, transperçant le silence de cette grande caserne, la voix de Reegan, rauque de moquerie et de violence."

Une très légère note d'humour, la camionnette de livraison de pain vient de chez Broderick d'Athlone. Ils étaient les parents de John Broderick, un des écrivains irlandais qui fut l'un des plus féroces parmi ses confrères dans ses dénonciations de la société irlandaise des années 1950.

Note : 5/5
(Eireann)

Ajoutez votre critique

Pour avoir plus d'infos:

Europe: Amazon.fr
Québec/Canada/USA : Amazon.ca








Entre toutes les femmes,
Pour qu'ils soient face au soleil levant,
Lignes de fond,
Les huitres de Tchekhov,
Journée d'adieu,
L'obscur,
La caserne,
Les créatures de la terre,
Le pornographe,
Haute-Terre



John McGahern, né à Dublin en 1935, est l'un des plus grands écrivains irlandais actuels. Enseignant suspendu pour avoir touché au célibat des prêtres et à l'homosexualité – "L'obscur", 1965 –, ses romans et nouvelles – "Lignes de fond", 1970 – disent le mal de survivre dans une Irlande pétrifiée par le catholicisme et les conventions – "Le Pornographe, 1979". Il a reçu de nombreux prix littéraires dans son pays et la presse anglo-américaine a accueilli ses oeuvres avec enthousiasme.



En passant par le site du club des rats pour acheter chez Amazon vous aidez à payer l'hébergement du site. Merci!







Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2008 - Club des rats de biblio-net