Teacher Man : Un jeune prof à New York
(Belfond, 2006, 374 pages)
Après "C'est comment l'Amérique?" et "Les cendres d'Angela", McCourt
poursuit sa quête autobiographique avec ce "Teacher Man", assez
différent des deux autres.
Frank McCourt est devenu professeur et nous l'accompagnons dans sa vie de tous les
jours et son travail. Des débuts difficiles, une routine qui s'installe,
des petits épisodes que l'auteur s'applique à mettre en scène.
On pourrait craindre que la monotonie de son travail (c'est lui qui l'affirme) ne
rende le récit trop long ou trop pesant, mais c'est sans compter sur la
manière qu'utilise McCourt pour transformer des tranches de vie en
scènes quasi inoubliables. Pas simple pourtant de raconter sa
carrière professionnelle, c'est souvent l'occasion de sombrer dans
l'excès du détail et l'ennui assuré pour le lecteur
extérieur à certaines private jokes ou souvenirs trop personnels.
McCourt sait tout cela et c'est, peut-être, outre ses qualités
d'écriture, ce qui apporte autant de sincérité dans ce roman.
Inutile d'enjoliver ou de mentir, ça ne prendrait pas. Ni en faire trop,
on n'y croirait pas. McCourt s'est trouvé désemparé à
plus d'une reprise, prêt à tout lâcher? Et bien il le dit, sans
ambages, son impuissance est là et il faut bien l'assumer. Tous les moyens
seront bons pour intéresser les élèves. Au point que par
moments, ça ressemble un peu trop à un joli conte de fée qui
se déroulerait en banlieue mais l'essentiel est-il dans les faits ou plutôt
dans les tripes que McCourt place dans son personnage et la force de sa foi dans
l'autre. Un homme faible et fort, un être humain, ni plus ni moins.
Une lecture qui peut surprendre par rapport aux deux précédents
ouvrages, plus sombres. La question de la transmission du savoir à la
jeunesse est pourtant un problème sérieux mais en accumulant comme il
le fait les moments drôles et touchants dans "Teacher Man", McCourt rend
celui-ci bien plus léger que les autres et en ferait presque oublier le
fond (les problèmes de l'éducation) au souci de la forme.
Note : 3.5/5
(Sahkti)
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Très bon livre. Je n'ai pas lu les deux premiers, mais j'avais vu un bon
bout du film "Les cendres d'Angela", et je vois assez facilement la différence
dans le ton.
Je crois que ce livre est un livre qui s'adresse avant tout aux gens qui sont dans
le milieu de l'enseignement, en train de se battre, comme moi, pour faire entrer
quelque chose d'autre que le dernier refrain à la mode dans le crâne
d'ados blasés. En ce sens, je me suis beaucoup reconnue. Le ton est aussi
assez admirable. Il a le don de rendre n'importe qu'elle situation tragi-comique
ou presque, mais aussi de faire ressortir toute la stupidité humaine dans
chaque situation où elle se présente. Le style d'écriture est
intéressant et très personnel. On sent, même à travers
la traduction, que Frank McCourt est profondément lui-même quand il
écrit. On se sent souvent dans ses pantalons quand il fait face à un
groupe hostile ou encore quand il ne sait pas trop comment réagir face
à des situations où il n'y a pas de bonnes manières de
réagir. Enfin, l'auteur se montre dans toutes les situations possibles et
n'hésite pas à parler de ses hésitations ou de ses gaffes, le
tout avec un style vraiment inimitable. Le seul défaut de ce livre est
d'avoir une histoire qui ne nous tient pas vraiment en haleine et auquel on ne
pense pas vraiment quand on dépose le livre pour aller au boulot.
Cependant, je le recommande à tous les profs désabusés ou
encore découragés du monde. Remonte-moral garanti!
Note : 4/5
(Profgéo)
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