Paul en Finlande
(Rivages, 1995, 189 pages)
Ecrit bien avant L'histoire de Pi, en 1993, Yann Martel avait tout juste 30
ans, Paul en Finlande est un recueil de 4 longues nouvelles. Elles ont en
commun une immense sensibilité, qui fait vibrer nos cordes et se serrer
nos gorges, avec une légèreté distinguée et aucun recours au pathos, au
sordide, à l'étalage de quelque sentiment que ce soit.
La première nouvelle parle de Paul, ses 8 derniers mois atteint du
sida après une transfusion sanguine, son amitié avec le
narrateur, le jeu qu'ils inventent. C'est poignant.
La 2e ce sont différents types de lettre racontant les derniers
instants d'un condamné à mort, qu'écrit le directeur de
la prison à la mère du condamné. Etrangement c'est
drôle. La 3e parle de musique, et de l'effet qu'elle produit sur les
gens, de nature humaine. Enfin la dernière est toute étrange,
c'est un appareil à fabriquer les miroirs, qui fonctionne lorsqu'on
lui parle... Tout curieux, et sur le fond, et dans la forme.
L'ensemble est vraiment très bon!
Yann Martel a en outre une inventivité exceptionnelle, dans la forme
même des 3e et 4e nouvelles, je suis assez soufflée du talent
qui se dégage de sa plume, et me suis complètement
laissée porter par ses mots, j'ai passé un moment
tout à fait original et profond avec lui... Tentez!
Note : 5/5
(Cuné)
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Paul en Finlande est un recueil de quatre longues nouvelles.
La première met en scène Paul, alors âgé de 19 ans et
atteint du sida, qui est sur le point de mourir. Son copain, le narrateur, lui propose
un jeu mettant à profit leur imagination, soit de raconter à tour de
rôle un événement pour chaque année du 20ème
siècle. C'est la nouvelle que j'ai le plus appréciée qui
touche à plusieurs thèmes et sentiments: le désespoir, la
générosité, la tristesse.
La deuxième nouvelle raconte la soirée passée par un homme
assistant au concert d'un orchestre d'anciens combattants. La musique comme moyen
pour oublier. Ce récit m'a moins touchée que le premier, une belle
lecture, mais sans plus.
Dans la troisième nouvelle, un directeur de prison envoie une lettre
à la mère d'un condamné à mort. On nous présente
différents types de lettres. Tout le long de ma lecture, je me suis
demandée où l'auteur voulait en venir. J'ai finalement compris qu'il
nous démontrait par l'absurdité comment une situation tragique peut
devenir routinière et banale.
Dans la dernière nouvelle, le narrateur rend visite à sa
grand-mère bavarde et se rend compte du pouvoir du matérialisme sur
l'attitude des gens. Une nouvelle assez étrange, mais qui se démarque
par sa structure ingénieuse.
À travers ces quatre récits, j'ai découvert un auteur dont la
plume est superbe et très stylisée. Les histoires se
démarquent par leur originalité et leur subtilité qui fait en
sorte qu'on s'interroge sur la portée de celles-ci. Certaines nouvelles
m'ont toutefois semblé un peu trop étranges et absurdes pour que j'y
adhère complètement.
Note : 3.75/5
(Cocotte)
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