Le carnet d'or
(Albin Michel, 1976, 612 pages)
Le Carnet d'or c'est Anna, début de la quarantaine, qui a élevé sa fille
toute seule. Ce qui n'était pas courant à l'époque, l'histoire se passe
entre les années 1939 et 1957. Anna c'est une artiste, elle écrit. Elle a
refusé d'être la bobonne d'un homme. Elle suscite parfois la jalousie car elle
passe pour une femme libre, indépendante et heureuse mais en fait ce n'est pas tout à fait vrai...
J'ai rarement vu un personnage aussi bien décrit.
Anna écrit dans quatre carnets:
Le carnet noir c'est Anna l'auteure. Elle a écrit un seul roman mais qui a connu un
grand succès. Un roman dont l'histoire se déroule en Afrique, Anna a
vécu en Afrique durant la deuxième guerre. De l'Afrique elle parle surtout
de son groupe d'amis, trois garçons et deux filles, des intellectuels,
des communistes. Elle décortique les relations entre les différents membres du
groupe, relations qui sont des plus malsaines. Elle parle aussi de ce qu'elle pense du milieu
littéraire. Doris Lessing est une grande auteure!
Le carnet rouge c'est Anna membre du parti communiste en Angleterre. Encore là tout se
passe avec les personnages, leurs sentiments, leurs espoirs, leurs déceptions, leurs frustrations. Doris
Lessing brosse un tableau remarquable du après Staline. C'est sublime! Probablement
le thème que j'ai le plus aimé dans ce livre. C'est très fort!
Le carnet jaune c'est un roman qu'Anna est entrain d'écrire. Un roman qui raconte une
relation amoureuse et ce en parallèle avec la relation qu'Anna vit. Tout est
détaillé à l'extrême. C'est l'aboutissement de la fin qui est
raconté...
Le carnet bleu c'est le journal d'Anna. Anna qui se dévoile complètement, elle parle
de ses rencontres avec sa psychanaliste et de ses relations amoureuses. L'histoire d'amour
entre Anna et Saul est disséquée dans ses moindres détails. Une relation
tordue...
Doris Lessing a un style en plein comme j'aime. C'est une auteure très descriptive, elle va
très très loin dans la psychologie de ses personnages. C'est une intellectuelle.
Et la folie, les personnages tordus ce n'est pas ce qui manque dans ce
bouquin, pour mon grand plaisir.
J'ai beaucoup beaucoup aimé, je vous le suggère fortement à condition que
les thèmes abordés vous intéressent sinon et bien évitez ce bouquin
car vous risquez de vous emmerder durant plus de 600 pages car j'avoue qu'il y a quelques
longueurs, mais si peu.
Note : 5/5
(Mousseline)
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Résumé : Disons que c'est l'histoire d'Anna Wulf qui écrit dans ses
carnets.
Mon avis : une autobiographie, des réflexions politiques, un roman
autobiographique, un journal intime, voilà ce que contiennent ses carnets
qui seront tour à tour abandonné par l'auteur. Les
récits s'interpénètrent et forment une réflexion
sur les rapports homme/femme, l'impossibilité de
transcrire l'exacte réalité des choses, un constat amer sur l'engagement,
la politique, les évènements du monde. Parallèlement, on suit Anna du
point de vue de l'auteur dans ses rapports avec Molly sa meilleure amie,
le fils de celle-ci, sa fille, ses liaisons amoureuses qui tournent
toujours au désastre. Ces évènements nourissent ses carnets qui finissent
par devenir des reflets plus ou moins réalistes de ce que vit le
personnage.
Vous l'aurez compris, la construction narrative de ce roman n'est vraiment
pas simple. Sans compter qu'après avoir lu l'autobiographie de l'auteur,
on s'aperçoit que beaucoup de chose de sa propre existence sont dans les
personnages et les situations. Où se trouve la fiction et la réalité? Pas
évident d'entrer dans ce livre mais beaucoup de plaisir à y cogiter une
fois dedans.
Note : 4/5
(Chimère)
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Ce roman n'est pas un roman au sens classique du terme, car pour Doris Lessing, la
littérature doit avoir une portée sociale: il ne s'agit pas
seulement de raconter une histoire, mais de transmettre une expérience. Ce
roman a donc une structure très particulière. D'un côté,
"Le carnet d'or" raconte une histoire intitulée "Femmes libres" qui met en
scène deux amies, Anna et Molly, vivant à Londres dans les
années cinquante et qui ont des vies très semblables: toutes deux
sont artistes, communistes et élèvent seules un enfant, ce qui,
à l'époque, en fait des marginales. L'histoire commence comme une
pièce de théâtre et montre les deux amies
préoccupées par Tommy, le fils de Molly, un adolescent sans
désir et sans volonté qui ne sait que faire de sa vie. Par ailleurs,
l'auteur nous donne à lire les carnets d'Anna. Car Anna, écrivaine,
a renoncé à écrire des romans mais couche sa vie et ses
expériences dans quatre carnets, chacun étant réservé
à une facette de sa personnalité: l'écrivain, la communiste,
la femme amoureuse, l'Anna intime.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, ou plutôt dans les
histoires, puisque les anecdotes se succèdent, chacune avec son
atmosphère particulière, et on se demande sans cesse: "Où
cela va-t-il nous mener?". Et puis, sans vraiment m'en rendre compte, je me suis
laissée embarquer dans la vaste toile que tissent toutes les vies d'Anna.
Anna a une écriture très analytique: elle se regarde vivre et
interroge chacun de ses comportements. C'est parfois très fastidieux de la
lire. On finit par comprendre qu'Anna traverse une période de sa vie qui
est cruciale, pleine de bouleversements. Et ces bouleversements sont à
l'image de la société dans laquelle elle vit, où tous les
repères changent, où le statut de la femme est en pleine mutation.
Anna est une mère célibataire, qui crée un rapport nouveau
avec les hommes. Ce n'est pas une situation facile. Elle aimerait se marier,
"comme toutes les femmes", dit-elle. Elle voudrait être aimée. Elle
vit très mal d'avoir été abandonnée par son amant. Elle
pense qu'il est important d'être engagé dans la vie politique, d'avoir
un regard critique sur le monde, mais elle se rend compte que le communisme n'est
plus la solution. Elle a écrit un roman qui est devenu un best-seller et lui
a rapporté beaucoup d'argent, ce dont elle éprouve une telle
culpabilité qu'elle ne peut plus écrire. Elle se rend compte par
l'intermédiaire de la réflexion qu'elle mène sur elle dans ses
carnets qu'elle a échoué dans tous les domaines de sa vie, ce qui
cause chez elle une grave dépression.
En fait, Anna traverse ce que les américains appellent la "middle-life
crisis ", cette période de la vie, où il faut renoncer à pas
mal de ses illusions de jeunesse. Anna finira par s'en sortir, mais le lecteur en
sort physiquement épuisé tant cette écriture analytique est
déroutante et semble tourner dans un cercle infernal. Est-ce qu'il faut
vraiment s'approcher si près de la folie pour devenir soi-même? Je
n'en suis pas convaincue.
Note : 3.5/5
(Papillon)
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Anna est une femme libre dans Londres de l'après-guerre. Elle a vécu
en Afrique, s'est mariée, a eu un enfant, a divorcé, a écrit
un livre qui a eu du succès. Elle a une très bonne amie, une femme
libre comme elle, Molly, elle aussi, mariée et divorcée avec un
enfant.
Anna est une femme engagée, communiste, ex-communiste. Elle fait partie des
cercles intellectuels londoniens reconnus.
Anna ne travaille pas. Elle vit sur les doits d'auteur de son livre.
Anna n'écrit plus de roman mais elle écrit toujours. Elle
écrit dans des carnets.
Dans le carnet noir, elle note les faits en rapport avec son statut
d'écrivain et tout ce qui tourne autour du livre qu'elle a écrit.
Dans le carnet rouge, elle écrit sur son engagement politique, au sein du
parti communiste. Dans le carnet jaune, elle récrit en partie sa vie sous forme de fiction.
Dans le carnet bleu, elle écrit sa vie mais factuellement, en essayant
d'être la plus objective possible.
C'est tout Anna, toutes les facettes d'Anna, ses multiples personnalités,
qu'elle essaie désespérément d'assembler.
Ce n'est pas un livre "facile". L'histoire, compartimentée au sein des
différents carnets, paraît hachée, à l'image d'un film,
ponctué de multiples flash-back. Anna est une femme dotée d'une vie
intérieure intense. J'entends par là, qu'elle s'analyse
énormément. Mon impression sur ce livre et sur ce personnage, c'est
qu'Anna est tellement dans la réflexion, dans l'analyse de ses
émotions, qu'elle se paralyse. A force de réfléchir, elle ne
peut plus agir, elle est comme bloquée. Et on sent d'ailleurs tout au long
du livre que cette paralysie augmente pour confiner à la folie. Elle
tourne en rond. Les carnets constituent en quelque sorte à la fois une
libération car ils lui permettent d'évacuer ses pensées, de
la libérer quelque peu. Mais en même temps, ils participent à
sa paralysie par leurs formes fragmentaires. Elle est incapable de se rassembler
d'une seule pièce pour redevenir moteur dans sa propre vie et non passive
comme elle l'est devenue.
J'ai trouvé ce roman "décalé". Les réflexions d'Anna
sont en partie "démodées". Elles concernent la condition
féminine d'une autre époque, où être une femme
divorcée avec un enfant vous donnait un statut de marginale. Je ne me suis
pas sentie en phase avec ces réflexions. Et j'ai parfois été
agacée des réactions d'Anna.
En même temps, j'ai aussi trouvé des résonances dans ce livre.
Je me suis identifiée à cette femme qui a une telle conscience de
ses émotions et de la façon dont elles influencent sa vie, de son
statut d'écrivain asséché. Mais j'ai aussi trouvé ces
passages déprimants. On a l'impression que ça n'amène Anna
nulle part, qu'elle tourne en rond.
C'est donc avec une impression en demi-teinte que j'ai refermé ce livre. Il
m'a plutôt mis mal à l'aise finalement.
Note : 3/5
(Clochette)
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