La Terroriste
(LGF - Livre de Poche, 1997)
Résumé : C'est par amour qu'Alice s'est jointe à une bande de
paumés de la banlieue de Londres, qui rêvent de la révolution
en squattant des maisons abandonnées. Comme eux, elle espère
l'explosion de violence qui abattra la "bourgeoisie" détestée... Du
moins le croit-elle. En attendant, elle s'emploie à transformer en home
coquet le plus pourri des squatts, fait la cuisine pour toute la troupe,
réalisant sans le savoir ses vrais désirs de famille, de bonheur
paisible, de sécurité affective. Rien n'est plus humain que de se
tromper sur soi-même, sur ce que l'on est vraiment.
Suis-je trop difficile, blasé, à la recherche de l'inconnu? Ce roman
m'a paru bon, on plonge dans un monde, le milieu d'extrême gauche avec ses
habitudes de langage, ses codes, des personnages décalés. C'est
raconté sans concessions, sans jugement, avec une bonne distance: cela tient
le coup (c'est déjà pas mal me direz-vous). La fin est quelconque, la
psychologie des personnages figée une fois pour toute, il y a quelques
invraisemblances (Alice qui raconte à un inconnu sur le pas de la porte
qu'elle a reçu du "matériel"), il ne se passe pas grand chose et les
personnages une fois (bien) installés (mais toujours de la même
façon: on a la couleur des yeux, les cheveux, quelques vêtements, le
son de la voix...), ça courre gentiment tout seul jusqu'au bout. Pas de
mystère, pas de balancement, de vide où quelque chose de nouveau peut
venir s'insérer: trop prévisible. Le style est banal.
Mais je ne me suis pas ennuyé, j'ai vécu quelque temps dans un
nouveau monde et découvert une culture.
Note : 2/5
(le_roi_pecheur)
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Doris Lessing est une exaltée méticuleuse.
Exaltée, parce qu'elle n'a pas son pareil pour enflammer ses personnages sur
le communisme, la Bourgeoisie, les inégalités sociales et tutti
quanti. Et méticuleuse, parce qu'elle dissèque jusqu'au moindre
détail toutes les plus secrètes pensées enfouies de chaque
personnage.
Le mélange est détonnant, déroutant, peu facile à
suivre par qu'il se dilue souvent dans une forme d'ennui, une apparence de
banalité et un vernis un peu ringard. Ainsi Alice, femme déjà
plus toute jeune, est complètement à côté de la plaque.
Accoquinée à un homosexuel qui la phagocyte depuis 15 ans, elle se
dépense sans compter pour remettre en état un squat à Londres.
Elle a, croit-elle, un don inné pour capter l'essence des gens de
façon instantanée, mais en définitive elle ne comprend pas
grand-chose à la nature humaine. Paumée, niée,
égarée, elle se perdra dans un terrorisme amateur, brutal et sans
but, loin de ses idéaux profonds, qu'elle ignore de toute façon.
Le talent de Doris Lessing fait qu'on est de toute façon captif de son
récit, qu'on veut comprendre où tout ça va nous mener; mais en
même temps c'est empreint de grisaille, de gens à problèmes
qui sont tous englués... ça me déprime!
Note : 3/5
(Cuné)
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