Anthologie de nouvelles irlandaises contemporaines
(Rive Droite, 2003, 354 pages)
Nouvelles récentes.
Dix-sept nouvelles irlandaises, de dix-sept écrivains différents, certains très
connus : John Mc Gahern, Colum Mc Cann, Michael Collins ou Neil Jordan (plus
pour le cinéma, mais n'oublions pas l'auteur). Quelques voix féminines, Ann
Enright, Evelyne Conlon pour ne citer que les plus connues.
Signalons également que ce recueil est totalement bilingue, ce qui est, je
pense, appréciable pour les gens plus doués que moi pour
l'anglais. Deuxième point positif, à quelques exceptions près Anne
Enright, Colum Mc Cann et John Mc Gahern (dans une nouvelle traduction), toutes ces
nouvelles sont inédites, ce qui est à remarquer.
Des récits étranges comme "And also, Susan" longue lettre dont la
question principale est "Où étais-tu le jour où?" dont Evelyne
Conlon fait un des meilleurs textes du recueil.
Une histoire d'amour à la John Mc Gahern, bien évidemment très
triste, avec un trio inhabituel, un homme une femme et un parapluie, et en final la
solitude qui reprend ses droits dans "Mon amour, mon parapluie".
Trio encore dans "Le voleur en deuil" où un homme revient à Galway
voir son père mourant, il est accompagné de son amant et de son
épouse.
Un intrus dans une maison, un rat entré sans être invité quand
vous attendez des cousins d'Amérique et que votre maison est peinte de neuf,
mais il ne faut pas que cela se remarque trop, la pauvre bête n'y
résistera pas.
Belfast, un jour ordinaire dans "Tuer un Brit" de David Park avec la période
des troubles vue par un enfant.
Une histoire de suicide et de sperme dans la nouvelle de Neil Jordan "Derniers
rites". Une coupure de courant sert de trame au récit d'Aidan Mathews "Dans
le noir".
Des personnages de femmes, l'une vivant dans une île et cherchant à blesser
son mari, gentil, mais pénible dans "Dimanche" de John Mac Kenna.
Ou cette "Fille du boucher" de Michael Collins : un très beau récit
qui fait regretter que ses recueils de nouvelles ne soient pas encore traduits en
français.
Des linguistes légèrement dérangés, oeuvrant pour la
défense du gaélique, organisent un spectacle pour "Le club du
jugement dernier" de Sean MacMathuna.
Des écritures bien évidement très différentes, mais
d'un excellent niveau, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre d'ouvrage. Un
des meilleurs recueils pour s'offrir un panorama de la nouvelle irlandaise, de
dignes successeurs des anciens spécialistes, comme Frank O'Connor, William
Trevor, Sean O'Faolain, Edna O'Brien et beaucoup d'autres.
Et aussi, je remercie Marc le Boucher qui nous permet de découvrir des
écrivains peu ou pas du tout traduits en français comme Colm O'Gara,
Dermot Sommers en particulier. Une biographie des auteurs complète cet
ouvrage qui a tout pour plaire.
Note : 4,5/5
(Eireann)
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