Le vrai est au coffre
(Actes Sud, 2005, 156 pages)
Thomas Fabre emménage dans une cité proche de Paris, dans un logement
attribué aux employés des chemins de fer. Il a cinq ans et vit
auprès de ses parents et sa soeur Hélène. Très vite,
une nouvelle famille arrive dans cette cité et Tom fait la rencontre de
Véronique. Avec elle, une amitié fusionnelle va aussitôt se
créer. Tom et Véronique sont inséparables et tout deux jouent
au papa et à la maman avec les nombreuses poupées de la fillette.
Avec le temps, Tom et Véronique sont toujours collés l'un à
l'autre et cela semble agacer certains garçons de cette cité qui
insulte Tom de "tapette". Malgré le temps qui passe, cette étiquette
poursuit Thomas. Il a huit ans, part en classe de neige mais les choses se passent
mal.
Je laisse la surprise au lecteur quand à la tournure des
événements survenant vers la page 100. Pour ma part, j'ai eu du mal
à déceler le fantasme du réel. Alors que le texte était
épuré, simple et presque effacé, l'histoire passe ensuite un
autre cap, plus déroûtant et perplexe. On aime ou pas, parfois
j'oscillais. Denis Lachaud travaille sur le même thème du choix
identitaire au fil de ses romans. Depuis "J'apprends l'allemand", j'ai du mal
à retrouver ce qui m'avait plu chez cet auteur. Tom dans "Le vrai est au
coffre" est encore un enfant qu'on pense efféminé parce qu'il ne joue
pas au football, c'est un gamin solitaire et qui traîne avec une fille. A un
moment, Véronique s'exclame en colère contre ces prototypes de mâles
sûrs de leurs décisions, de leurs destinées et qui veulent
l'imposer à l'assemblée. Le droit à la différence,
c'est un peu le message de ce roman. Mais j'ai trouvé que Denis Lachaud
était trop ambigu dans sa narration, surtout vers la fin. Le mélange
des genres est si confondant que l'impression générale s'en ressent.
En bref, je suis mitigée, mais pas négative.
Note : 3,8/5
(Clarabel)
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