Tomber sept fois, se relever huit
(Gallimard/Folio, 2005, 244 pages)
Un petit haïku japonais dit :
"Telle est la vie
Tomber sept fois
Et se relever huit."
C'est un joli titre pour un récit-témoignage sur la dépression
nerveuse. Philippe Labro tente de nous expliquer les sensations, tant physiques que
cérébrales, qui l'ont assailli durant 11 mois de profonde
dépression. Malheureusement, une forme de pudeur le fait rester
malgré tout à la surface des choses. C'est très
intéressant et cela peut certainement aider ceux qui passent par là,
c'est d'ailleurs le but de l'ouvrage, mais ça reste une forme "polie" et
stylisée de détresse.
Le retour à la vie par contre est lui très bien rendu,
l'épilogue très bien choisi.
J'ai une drôle de relation avec Philippe Labro; j'aime bien ce qu'il
écrit, j'aime bien le personnage public, cet espèce de dandy
perpétuellement souriant, mais je reste toujours sur ma faim. Comme s'il
n'allait pas vraiment au bout de ce qu'il pourrait écrire...
Une pure merveille écrite par son père dans son journal :
"Dans un coin de ma chambre, guettant son heure, qui est tantôt minuit, tantôt
l'aube, je verrai réapparaître, familière, sarcastique et sûre
d'elle, avec sa bouche tordue et son regard vicieux, la face empoisonnée de
l'Inquiétude."
On la connait tous, hein...
Note : 3/5
(Cuné)
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Résumé : "C'est arrivé en douce, subrepticement,
sournoisement, sans prévenir, une vraie saloperie, une lente et insidieuse
pénétration. Je suis l'esclave d'une chose indéfinissable qui
est en train de me détruire et je lui obéis sans aucune
résistance..."
La dépression nerveuse : ça peut tomber sur n'importe qui, même sur un
homme au sommet de la réussite. Philippe Labro revient de l'enfer. Il le
dit. Il dit surtout qu'on peut en sortir, que tout le monde peut remonter la
pente.
Mon avis : Bouleversant... Au-delà du travail de catharsis, le projet de
Labro via ce livre est double : montrer à ceux qui ont souffert ou souffrent
de dépression qu'un homme connu et apparemment comblé peut verser lui
aussi dans cette machine à broyer infernale; mais aussi essayer de donner
des clefs à ceux qui côtoient des dépressifs pour comprendre
leur maladie si difficile à expliquer. Comme il le dit plusieurs fois, 1
personne sur 5 a connu ou connaîtra la dépression; alors, nous sommes
d'une certaine façon tous concernés. Le problème de la
dépression, comme il le démontre si bien, réside dans la
difficulté du diagnostic pour le malade et ses proches mais surtout dans la
façon d'en sortir. Parce que Labro est écrivain, il a, avec le recul,
les moyens d'exprimer l'indicible au nom d'une trop vaste communauté
d'anonymes...
Note : 4,25/5
(Flo)
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