Errances
(XYZ, 2005)
En 1984, Boris Nikto retourne au Brésil, sa terre natale. Il n'y a pas mis
les pieds depuis vingt ans, lorsqu'il, militant de gauche, avait dû fuir son
pays après le coup d'état des militaires. Il vivait tranquillement
avec Olga en République démocratique allemande comme poète,
lorsqu'il apprend l'amnistie décrétée dans son pays d'origine.
Il tente d'abord d'ignorer cette nouvelle, mais elle le taraude continuellement.
Finalement, il ne peut résister et laisse tout tomber pour retourner dans
son pays d'origine. Il effectuera toutefois d'abord un arrêt en
République fédérale d'Allemagne, pour reprendre contact avec
"l'ouest". L'arrivée au Brésil est un choc, car le pays a
énormément changé sous la dictature. Boris est toutefois
conscient que lui aussi a énormément changé au cours de ces
vingt années. Boris tente donc de se refondre dans la vie agitée et
tropicale de Rio de Janeiro, mais il peine à retrouver ses repères.
Rio de Janeiro est drôlement plus dangeureuse dans les années 80 qu'au
moment de son départ, et bien différente de la lande autour de
Rostock d'où il arrive.
Boris dialogue beaucoup et réfléchit en parlant, lors de rencontres
fortuites. Le livre contient beaucoup de réflexions sur l'errance, mais
aussi sur la narration et l'importance de la vérité lorsqu'on raconte
sa vie : est-ce que la fabulation n'est pas préférable, pour le
plaisir de l'auditeur? Très bon livre, on suit avec plaisir le retour de
Boris. Sergio Kokis contruit son récit de manière à nous faire
découvrir le passé du protagoniste, parfois louche, en même
temps que ce dernier découvre son "nouveau" pays.
Note : 4/5
(Le réaliste-romantique)
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