Femme en mer intérieure
(Editions de l'Aube, 1998, 364 pages)
Pourquoi changer de vie? Kate est ravissante, aisée, son mari Paul est
séduisant, deux familles riches et catholiques, irlandaise pour elle,
polonaise pour lui, deux enfants et une superbe villa sur la côte. Bon, son
mari a une maîtresse, mais cela ne semble gêner personne, ses enfants
suffisent à son bonheur plus que des soirées mondaines.
Le bonheur est-il trop parfait? Sinon pourquoi fuit-elle dans le bush australien,
loin de tout? Elle se fait embaucher comme serveuse dans un village
ravitaillé par les corbeaux, se néglige; un régime à
base de viande provenant des troupeaux des alentours, a raison de sa silhouette.
Elle semble s'infliger une punition due à son passé?
Petit à petit, elle attire la confiance de son patron et de sa femme, puis
des clients, mélange hétéroclite de paumés et de
consanguins. Elle se lie d'amitié et même un peu plus avec Jelly,
ancien artificier, sa vie continue cahin-caha.
Mais son mari par l'intermédiaire d'un homme de main la retrouve et lui
propose le marché suivant : une somme rondelette pour un divorce à
l'amiable. Commence alors une suite d'aventures dignes d'un road-movie à
l'Australienne, le village est inondé, Jelly meurt accidentellement, Kate
veut fuir une nouvelle fois. Elle part avec Gus, un fermier qui ramène ses
deux animaux de compagnie, Coffley le kangourou, et Menzies l'émeu, qu'il a
volés à un parc d'attraction. Mais sa vie passée la rattrape
à nouveau et elle assiste à la chute de ses deux familles sans
reproches apparents accusées de malversations.
Même son oncle, le très saint père Franck, jouait aux courses
et vivait avec la veuve de son associé. Tout est pourri au royaume
d'Australie. Mais où est la vérité, que s'est-il passé
quelques nuits avant le départ de Kate?
Très beau roman sur l'affairisme, sur les magouilles de l'église et
surtout sur une femme meurtrie. Une écriture pleine d'humour, pour une
lecture que l'on ne veut pas lâcher.
Quelques extraits :
"Ainsi était l'Australie, où chacun se défiait de l'éloquence,
où l'homme qui pratiquait l'aphorisme devenait suspect."
"Kate a atteint ce point statique, illusoire, approprié à la clôture
d'une histoire. Nous ne lui souhaitons tous que du bien."
Note : 4,5/5
(Eireann)
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