La pyramide
(LGF - Livre de Poche, 1994, 158 pages)
L'édification de la pyramide de Chéops est l'héroïne de
ce livre mais derrière elle, à sa place devrais-je dire, c'est
surtout la dénonciation des totalitarismes et les rouages de la dictature
qui sont exposés par Kadaré.
Très belle métaphore sur l'asservissement jusqu'à la mort, on
devine derrière les barrières égyptiennes que Kadaré
parle de lui, d'un peuple, d'un régime, qu'il dénonce l'insupportable
en le glissant sous des airs de roman pseudo-historique.
Un roman qui effraie un peu, car les pyramides sont souvent associées
à l'image de la beauté et on a tendance à oublier que pour
arriver à cela, des dizaines d'hommes, cravachés à longueur de
journée, y ont laissé la vie. Ces impressions colossales donnent une
idée de la grandeur (et de la mégalomanie) de ceux qui
ordonnèrent la construction de tels édifices, entraînant avec
eux (et leur folie) tout un peuple. Un rêve fou, la plus haute pyramide du
monde, tel est ce projet démentiel, à l'image en effet de ces
bâtiments sinistres que l'on trouve en Albanie (ou ailleurs). Une oeuvre qui
met une population entière au travail, un travail d'esclave que
Kadaré dénonce.
Sans doute pas le meilleur roman de Kadaré, il est lourd et pesant par
moments mais cela est dû à cette ambiance d'oppression que l'on
retrouve à chaque page.
Note : 4/5
(Sahkti)
|