Éloge de l'amitié, ombre de la trahison
(Seuil/Points, 2003, 144 pages)
De l'école coranique au prix Goncourt, de Tanger à Paris, Tahar Ben Jelloun
raconte les amis qui, toujours, ont accompagné sa propre vie.
"L'amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier, écrit-il. Sans diable
non plus. Une religion qui n'est pas étrangère à l'amour. Mais un amour où
la guerre et la haine sont proscrites, où le silence est possible."
Rare et précieuse, l'amitié ne souffre aucun manquement. Elle est une foi totale
en l'autre au point que sa trahison est vécue comme une forme silencieuse du meurtre.
Pour parler de ce jardin secret, de ses merveilles et de ses blessures, Tahar Ben Jelloun fait
un retour sur lui-même, sur le bonheur de l'amitié partagée et sur la
souffrance jamais apaisée d'avoir été trahi.
Que rajouter, sinon qu'on est beaucoup plus proche de la philosophie que du roman et ce, tout
en gardant une qualité d'évocation émotive hors du commun. On se surprend
à penser aux amitiés qui ont émaillées notre propre vie. Un petit
bijou qui s'offre entre amis.
Note : 5/5
(Boogok)
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