Les Misérables
(Gallimard/Folio, 1999, 955 pages)
La rumeur que des générations de lecteur ont fait s'élever
était à la hauteur de l'écrit. On disait qu'Hugo n'avait
jamais autant réussi qu'en sa monumental oeuvre "Des Misérables". Faire
avaler le destin de Jean Valjean, ce Saint, est, à proprement parler,
magnifique. Avec le commencement, on voit le mal converti en bien suprême.
Valjean en Madeleine nous fait envoyer des sourires. La peur première en
lisant, c'est de descendre dans des dédales de tristesse et de
misère. Le début l'indique, le titre l'annonce... Or, c'est tout
autre qu'Hugo nous fait voir le récit. Bien sûr, c'est un texte
profondément dramatique, déprimant à quelques passages, mais
nous apprenons vite que ce n'est pas que cela. Il y a de l'espoir sous chaque
chapitre, chaque événement fait reluire un plaisir. Au contraire de
Zola, le texte ne semble pas avoir été écrit pour relater le
malheur, mais plutôt pour expliquer le bonheur dans celui-ci. Fantine,
Cossette, Valjean, Marius, Thénardier, autant de personnages qui montrent un
peu de la plaie de la société.
L'auteur écrit avec une prise de position, la chose est claire. Il veut
semoncer la société, il tente, poliment, de brasser un peu ses
lecteurs, de leur montrer le vrai visage de la misère.
Qui dit Hugo dit longueur, pesanteur. C'était pesant. Chaque ellipse, et
elles sont nombreuses, cache une lente description. Du marché du Jais d'un
petit village français à la description des égouts de Paris,
Victor Hugo ne laisse aucun lieu au hasard. Tout nous est décortiqué,
les lieux tentent de nous apparaître et c'est là, à mon avis,
un défaut qui ralenti le texte. L'histoire, passionnante, nous donne la soif
de la lire, de la continuer; hélas! Hugo nous prend toujours au
détour avec des faits et des narrations de choses qu'on ne voudrait pas
vraiment connaître.
En somme, l'écrit est merveilleux. Il coupe le souffle pour un moment, il
nous apprête pour la fin, elle nous semble inéluctable dès la
dernière partie, mais il faut bien s'en garder. Victor Hugo n'a pas
écrit une oeuvre d'intrigue, il écrivit une oeuvre de coeur.
Note : 5/5
(Dîvad)
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