Sang impur
(Editions Phébus, 2004, 279 pages)
Roman autobiographique ou autobiographie en forme de roman, "Sang impur"
évoque l'enfance de l'auteur dans le Dublin pauvre des années 50 et
60, entre une mère allemande que les braves gens du coin traitent de nazie,
alors qu'elle est issue d'une famille où l'on détestait Hitler, et un
père, délirant, engagé dans le combat nationaliste irlandais
pur et dur, qui exige qu'aucun mot d'anglais ne soit prononcé sous son toit.
Pour les gamins de cette drôle de famille, la violence est partout: à
l'école où on les traite en parias, dans la rue où les
graffitis en forme de croix gammée fleurissent sur leur passage, et
jusqu'à la maison par la main du père frappeur, pitoyable et risible
tout ensemble, qui impose ses lubies à coups de taloches, mais
échoue lamentablement dans toutes les entreprises de la vie...
Eh bien voilà un troisième auteur irlandais que je ne vais pas non
plus oublier! (après Nuala O'Faolain et Robert McLiam Wilson). Encore un
livre dont je n'arrivais pas à décrocher. C'est toute une enfance
à la fois très difficile, souvent violente, et pleine de moments de
tendresse et de bonheur partagés, qui est racontée là avec une
écriture légère, légère (c'est un enfant qui
s'exprime), imbibée de poésie, de tendresse et d'émotion, mais
aussi pleine de réalisme. Et sous cette apparence légère,
l'auteur nous enrichit très habilement de réflexions très
profondes, sur la situation politique et économique de l'Irlande, sur le
deuxième conflit mondial et sur le sort de ces Allemands qui refusaient
l'idéologie nazie, qui devaient se cacher pour éviter la
déportation ou/et la mort, ou s'expatrier et subir alors la haine de leurs
voisins. C'est aussi un véritable hommage à sa mère que
l'auteur nous fait là et un aveu d'amour à son père qui a
été pourtant si dur avec lui. C'est plein de pudeur,
d'énormément d'émotion et superbement touchant. Pour ma part,
j'ai adoré.
Note : 5/5
(Chantal)
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Quel texte fort et émouvant que celui-ci. Un homme qui se raconte et partage
son déchirement entre les batailles menées par son père
irlandais et les silences consentis par sa mère allemande. Racines doubles
dans un pays tiers que Hugo Hamilton narre avec humour, tendresse mais aussi
amertume, on devine la souffrance derrière tout cela.
Son père est un obsédé du verbe, rien ne peut se dire en
anglais, tout doit s'exprimer en irlandais pure souche (le gaélique) ou en
allemand sous peine de brimades et de gifles. Apprentissage violent
étalé dans ces pages qui transpirent la colère. Comment
pourrait-il en être autrement? Comment, même en comprenant le
désir profond de ce père tyrannique, accepter les violences subies
par sa famille au nom d'un idéal linguistique et personnel?
Face à ce père par moments complètement fou s'oppose le
mutisme désabusé d'une mère débarquée
d'Allemagne, un pays qu'on ne dissocie pas du nazisme. Lourd fardeau pour Hugo
Hamilton qui rend à travers ses belles lignes un vibrant hommage à
cette femme qui a tenté du mieux qu'elle pouvait de le combler d'amour.
Je me suis sentie complètement envahie par ces lignes, par cette
révolte contre l'ennemi impérialiste dont la langue est bannie
à table, par cet amour de la patrie irlandaise qui conduit à tous les
extrémismes, par l'idéal d'un homme qui sacrifie le bonheur des siens
au nom d'une cause... Oui, tout cela est fort, très fort, comme un hommage
à des parents restés jusqu'au bout fidèles à
eux-mêmes et à leurs espoirs enfouis.
Note : 4.5/5
(Sahkti)
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Tellement de belles choses ont été déjà écrites
sur ce roman qu'il devient difficile d'apporter encore quelque chose. C'est vrai
qu'on ne peut qu'être touché par ces personnages, ce petit
garçon qui a du mal à comprendre pourquoi il ne peut être comme
les autres, sa mère qui a vécu des choses si dures et qui reste si
humaine. Le roman rend très sensible la façon dont les folies de
l'histoire et l'intolérance touchent l'existence banale des gens qui
n'aspirent qu'au bonheur, et pourquoi dire non, parfois la seule option qui reste.
Cela dit je ne suis pas aussi conquise que certains des rats, même si j'ai
aimé ce livre et que je comprends qu'il puisse susciter l'enthousiasme, je
suis plus réservée sur certains aspects. Par exemple, on ne rentre pas dans
l'univers du père aussi bien que dans celui de la mère, ce qui fait
qu'il est en quelque sorte "le méchant", cela donne un aspect
manichéen à la description de la famille. De même, les seuls
contacts de la mère et des enfants avec des Irlandais semblent être
essentiellement les insultes et les coups, il paraît difficile à
croire que la quasi totalité de la population irlandaise soit
xénophobe à ce point.
Mais il s'agit de petites imperfections qui ne m'ont pas empêché
d'aimer ce livre et d'avoir envie de lire les autres romans de l'auteur.
Note : 3.5/5
(Melisande)
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Tout l'art d'Hamilton réside dans la narration.
Cette histoire autobiographique est racontée avec l'innocence de l'enfance.
A travers ce regard, tous les évènements et les sentiments prennent une couleur
particulière. Des souvenirs heureux, ou pénibles, des interrogations, des
souffrances un perpétuel déchirement entre deux cultures.
J'ai beaucoup aimé ce livre.
Note : 4.5/5
(Odilette)
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