Le bain d'Amélie (Québec Amérique Littérature, 2001, 232 pages)
Si vous cherchez un avant-goût des vacances, je vous propose un petit roman
rafraîchissant, soit "Le Bain d'Amélie". Il s'agit de deux lesbiennes
québécoises qui partent en vacances à Amélie-les-Bains, petite
station thermale des Pyrénées-Orientales. Sachez que le sujet du roman ne porte
pas sur leur orientation sexuelle. Ce n'est qu'un élément accrocheur pour
titiller les voyeurs, sans rien leur offrir d'autre que la déception.
Nos deux héroïnes louent donc un studio dans cette petite commune afin de
permettre à Sophie, la narratrice, de se remettre d'une mononucléose. À
leur arrivée, elles font la connaissance d'un couple de Parisiens retraité qui
les prendra en affection. Grâce à ces gens, elles découvriront la
région et sa gastronomie (la célébre tarte aux pommes). Cette
fréquentation sera de bien courte durée, car ils périront dans une
piscine publique à cause d'un déversement intentionnel d'acide sulfurique. Ce
voyage prendra alors une tournure inattendue parce que les deux jeunes héroïnes
seront mêlées malgré elles à cette histoire de meurtre, dont elles
essaieront de se dépêtrer elles-mêmes. Leur enquête les conduira
à Barcelone, où elles réaliseront, au grand dam des gendarmes, qu'il
s'agissait d'un complot organisé par les séparatistes basques.
Ce polar serait meilleur si l'auteure avait su limiter ses renseignements touristiques pour
approfondir son enquête et creuser la personnalité des héroïnes. On
dirait par moments d'un guide touristique, intéressant certes, mais qui semble faire
cavalier seul. Il aurait fallu mieux intégrer les éléments policiers,
touristiques et voire lesbiens pour que cette oeuvre présente une meilleure
cohérence. C'est un roman léger qui se lit bien en attente dans une salle
d'urgence à la condition de ne pas être trop souffrant. C'est écrit aussi
avec un humour qui abuse cependant des calembours. Vous savez ce que Victor Hugo en
pensait: la fiente de la littérature. Quoi qu'il en soit, vous aurez droit au
penseur de rotin qui se maquille sans crier fard. Bref, c'est intéressant, mais la
trame n'est pas assez serrée. Autrement dit, c'est plein de trous.
Note : 3.5/5
(Polo)
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