Cadavres
(Gallimard/Folio policier, 2002, 242 pages)
Barcelo raconte des aventures rocambolesques tournant autour d'un grave
évènement impliquant des personnages caricaturaux. Pour ce polar, un jeune
campagnard tue sa mère qui lui en a donné l'ordre.
Le héros est bien embêté par son crime parce qu'il doit conduire sa
voiture d'une main, se servant de l'autre pour empêcher la pluie de s'engouffrer par
le trou laissé par une première balle qui a raté la cible assise à
côté de lui.
Pour se débarrasser du cadavre, il appelle sa soeur de Montréal pour qu'elle
vienne l'aider à inhumer le corps dans la cave afin de ne pas éveiller les
soupçons et de vivre en bénéficiant de ses prestations.
On se bidonne avec cet enterrement qui compose le point focal de ce roman.
Au cadavre de la mère s'en joignent d'autres qu'on emmène enroulés dans des
tapis. Ainsi la cave se transforme en cimetière auquel il apporte le décorum qui
convient à un tel lieu. Les policiers et le curé rendront nerveux
le héros avec leurs visites impromptues, qui se situeront toutefois dans l'ordre de
la courtoisie. Le dilemme est de savoir comment le matricide passe comme une lettre
à la poste.
À l'exception de l'enterrement, le reste m'a paru très faible. Le ficelage
très lâche risque de céder devant les lecteurs le moindrement
exigeants. Et les plus sérieux trouveront l'humour facile. Il reste que l'auteur est un bon
conteur qui semble s'amuser beaucoup en écrivant ses histoires loufoques, mais
cette fois-ci sa paresse, qu'il admet lui-même, n'a pas permis de rendre
l'oeuvre crédible malgré son caractère comme c'est le cas pour
plusieurs de ses oeuvres. Bref, c'est du San Antonio sans sexe et sans
détective.
Note : 3/5
(Polo)
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