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William Faulkner

Tandis que j'agonise
(Gallimard/folio, 1973, 254 pages)

La mère est en train de mourir. Le père lui a promis de l'enterrer à Jefferson, situé à une quarantaine de milles de la ferme. 5 enfants, 4 garçons et une fille. Ils sont tous là dans la charrette à trimballer le cercueil de la mère mais tout joue contre eux. Et ça commence à puer, de plus en plus, et les vautours qui rôdent autour...

Brrr... Cela fait froid dans le dos. Une famille des plus pathétique. L'ambiance est lugubre, macabre. Les personnages tour à tour prennent la parole ce qui permet de tous les connaître et ce n'est pas joli. La folie, la misère, la pauvreté, la violence, la maladie, l'apathie...

Faulkner va très loin dans le sordide et ce roman est tellement fort, tellement puissant qu'on y est enchaîné. Et la puanteur du cadavre qui ne nous lâche pas.

Un très très grand roman, on n'en sort pas indemne, ça claque fort! A lire à tout prix, en tout cas pour moi c'est un coup de coeur phénoménal, une expérience littéraire unique et inoubliable.

Un extrait: "Des fois comme ça, on se met à penser. Pas trop souvent pourtant. Et c'est bien heureux, parce que la volonté du Seigneur est qu'on agisse au lieu de passer son temps à penser, parce que le cerveau c'est comme un mécanisme. Ça ne lui vaut rien qu'on soit toujours après lui. Le mieux, c'est de le laisser aller toujours pareil, avec sa petite besogne de chaque jour, et sans l'employer plus qu'il ne faut."

Note : 5/5
(Mousseline)
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Une famille de fermiers pauvres du Mississippi au début du XXème siècle. La femme est en train de mourir, son fils travaille déjà à la construction de son cercueil, cercueil dont elle suit d'ailleurs la fabrication depuis sa fenêtre. A sa mort, le long périple pour l'enterrer dans la ville de ses ancêtres, Jefferson, débute. Parcours sans cesse retardé. Dans cette charrette avec ses cinq enfants, le cadavre commence à être putréfié...

Rythmé par les coups de marteau de Cash construisant le cercueil, puis par l'apparition des vautours autour de la charrette, ce livre dégage une atmosphère morbide et pathétique. Faulkner joue avec différents narrateurs, on se retrouve successivement dans les pensées de chaque personnage. Comme dans le Bruit et la fureur, c'est merveilleusement réussit. L'auteur a vraiment le don de retranscrire l'âme humaine: l'avarice, la folie, la cupidité, l'égoïsme, la douleur... tous ces sentiments terribles y passent.

Il y a une espèce d'ironie macabre qui se dégage de ce roman, une beauté tragique. Un livre bouleversant, d'une beauté saisissante rare. Comment dire, à sa lecture j'ai été traversée, vraiment traversée, par une série d'émotions profondes qui m'ont bouleversée jusqu'à la moelle des os, un frisson le long de la colonne vertébrale. Et ressentir ainsi des émotions si fortes à la lecture d'un roman, ce n'est pas si fréquent et, pour moi, c'est le propre d'un roman sublimement réussit. Celui-là atteint la perfection.

Faulkner est un écrivain de génie, j'ai véritablement adoré ses deux livres que j'ai lus, autant Tandis que j'agonise que Le Bruit et la fureur et je ne vais pas en rester là avec lui.

Un extrait: "Je lui avais dit de ne pas amener ce cheval, par respect pour sa défunte mère, parce que ça n'a pas bonne façon de le voir caracoler ainsi sur ce sacré cheval de cirque, alors qu'elle voulait que nous soyons tous avec elle dans la charrette, tous ceux de sa chair et de son sang; mais, nous n'avions pas plus tôt dépassé le chemin de Tull que Darl s'est mis à rire. Assis sur la banquette avec Cash, avec sa mère couchée sous ses pieds, dans son cercueil, il a eu l'effronterie de rire!"

Note : 5/5
(Katiouchka)
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La mère agonise pendant qu'un de ses fils construit son cercueil puis décède. Le père lui a promis de la faire enterrer à Jefferson d'où elle vient. Une crue survient qui entraîne le pont: la famille au grand complet, le père, les trois fils et la fille amènent le cercueil par des voies longues et détournées, suivis progressivement par un nombre croissant de vautours et chassés par les gens à cause de l'odeur du cadavre.

Le livre est constitué de monologues intérieurs des membres de la famille et des gens qu'ils ont l'occasion d'approcher. C'est une équipée tragi-comique, on plonge dans le sordide et dans le sublime, on vit cette histoire de l'intérieur des personnages. D'une construction brillante, d'une fine drôlerie de l'absurde, parfois j'ai trouvé ce roman moins bouleversant que d'autres livres de Faulkner, qui l'a qualifié d'ailleurs de "tour de force".

Note : 4.25/5
(Melisande)
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L'histoire consiste en un voyage funéraire entreprit par Anse Bundren et ses enfants. Addie Bundren a demandé d'être enterré à Jefferson avec sa famille. Plusieurs jours seront nécessaires pour amener le cercueil à destination. Les mésaventures seront au rendez-vous tout au long du périple tout comme l'odeur du cadavre qui se décompose...

Une belle découverte que cet auteur américain du début du siècle. J'avais quelques appréhensions, car les classiques ne sont pas mon genre de prédilection, mais j'ai été touchée par cette histoire étrange et dérangeante d'une famille misérable. Tout au long du récit règne une ambiance des plus morbide. Ce n'est pas ce que j'appelle une lecture agréable, mais c'est un récit d'une grande puissance qui m'a secouée.

Le livre est présenté sous forme de monologues intérieurs, les personnages se succèdent d'un chapitre à l'autre. J'aime bien ce procédé qui nous montre ce que chacun pense de cette situation. L'écriture de Faulkner est très belle, j'ai bien apprécié découvrir le langage particulier de l'époque. Il décrit d'une façon remarquable la folie, la pauvreté, la misère qui habitent ses personnages.

Un auteur de grand talent!

Note : 4.25/5
(Cocotte)
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Toute la famille Burden se prépare à la mort de la mère de famille. Elle agonise encore, mais le fils charpentier lui construit un cercueil, tandis que les autres cherchent des mulets, une charrette et à gagner quelques dollars. Lorsqu'elle sera décédée, ils devront entreprendre un long voyage, car le père a promis de l'enterrer dans sa terre natale, Jefferson, à 40 miles de distance. Le long voyage sera en plus perturbé par de nombreuses péripéties : pluies torrentielles qui gonflent le lit de la rivière et emportent le pont, un garçon qui se brise la jambe, une fille qui se fait charmer, la mort des mulets, un incendie... De plus, avec tous les retards, le cadavre commence à dégager une odeur délétère qui dérange lors de la traversée des agglomérations et qui attire les busards. L'histoire est tellement dramatique qu'elle en devient une farce. On veut savoir jusqu'où l'avidité et l'égoïsme vont mener les personnages, mais pourtant, ils aiment leur mère...

L'écriture de Faulkner est sonore, la construction des phrases est bousculée pour mieux coller aux personnages. Le récit est divisé en grand nombre de petits chapitres, qui présente chacun le point de vue d'un des protagonistes.

Note : 4/5
(Le-réaliste-romantique)








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