Le Docteur Martino et autres histoires
(Gallimard/folio, 2003, 425 pages)
Il s'agit d'un recueil de 14 nouvelles paru en 1934 à partir d'une
sélection de nouvelles écrites pour la presse. Nous sommes bien dans
l'univers faulknerien dans toute sa noirceur mais aussi sa beauté, cette
façon chirurgicale de dépeindre les profondeurs de l'âme humaine
confrontée aux absurdités d'une société violente et oppressive.
Comme dans une tragédie classique les personnages ne peuvent échapper
à leur fatalité, plus à ce qu'ils sont qu'à un destin
d'ailleurs.
Je trouve ce recueil plus convaincant que "Treize histoires", le niveau d'ensemble
est plus satisfaisant, et même si pour moi les nouvelles n'ont pas la
même densité que les romans, elles peuvent constituer une bonne
initiation à quelqu'un qui ne connaîtrait pas encore cet auteur. Et
elles sont incontournables pour un passionné de Faulkner: on y retrouve
certains de ses personnages récurents comme Miss Jenny (on assiste
même à sa mort).
Note : 4/5
(Melisande)
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Un recueil de quatorze nouvelles, il y a du bon, du moins bon et du très bon, rien
de mauvais, dans l'ensemble c'est un bon recueil de nouvelles et comme toujours
j'ai été ravie de me plonger dans l'univers de William Faulkner, le
Sud de la première moitié du vingtième siècle, les débuts
de l'aviation et la Première Guerre Mondiale.
Dans "Le docteur Martino", Louise King fiancée à Hubert Jarrod, semble difficile à saisir.
Pourquoi le docteur Martino a autant d'influence sur elle? Depuis toujours, avec sa mère
elles passent l'été dans une pension de vacances fréquentée par de vieux et vieilles
retraités. Une histoire auréolée d'un mystère... en fait je ne crois pas avoir compris
le sens de cette histoire. Mais ce n'est pas grave, ne serait-ce pour l'atmosphère
j'aime.
"Le chien", peut-être l'histoire qui m'a
la plus captivée, un homme en tue un autre, chaque nuit il entend le chien de
l'assassiné hurler et ces aboiements le hantent, il se lève, tente d'abattre le chien,
déplace le cadavre...
"La course à la mort", trois hommes parcourent le ciel de l'Amérique afin de
se rendre dans de petites villes pour y donner un spectacle pathétique.
"Il était une reine", une très belle histoire, l'une de mes préférées, qui
nous fait connaître les membres restants d'une grande famille du Sud, la famille
Sartoris. Ils sont tous morts excepté la grande tante, la femme du dernier petit-fils et
son fils. On voit comment les domestiques noirs se sentaient concernés, peut-être
trop...
"Fumée", une histoire judicaire qui nous tient en haleine. Un vieil homme détestable
a été tué, un homme qui s'était brouillé avec ses
deux fils. On se plaît à suivre le
playdoyer du procureur. Mais c'est surtout la description des personnages qui m'a
plu.
"Chacun son tour", encore une très bonne histoire. On est en France durant la Première Guerre
Mondiale. Des officiers américains ramassent un jeune marin anglais soul dans un caniveau.
Le capitaine américain sympathise avec le jeune Anglais et l'amène dans son avion lors
d'une mission afin de lui montrer c'est quoi la vraie guerre. En échange, il va
accompagner le jeune marin lors d'une de ses missions en canot. Mal lui en pris...
Probablement l'histoire la plus drôle de ce recueil.
Extrait : "Portant les deux bombes qui lui restaient, il avait fait piquer le
Handley-Page sur le château où les généraux
étaient en train de déjeuner [...] "Bon Dieu de bon Dieu! Si
seulement ils étaient tous là, tous les généraux, tous
les amiraux, tous les présidents, tous les rois, les leurs, les nôtres,
tous!""
"Au-delà", un juge à sa mort se retrouve au paradis et là il rencontrent d'anciennes
connaissances dont un écrivain célèbre pour son athéisme dont l'oeuvre a accompagné le
juge toute sa vie. Une histoire amusante, agréable à lire.
"Walsh", un vieil homme a servi toute sa vie un autre vieil homme. Ce dernier avant la guerre de
Sécession était propriétaire d'un domaine et de plusieurs esclaves. Après la guerre, il s'est
retrouvé ruiné mais son serviteur lui a toujours été fidèle jusqu'à ce que... Une histoire
très touchante, une fin dramatique, on aurait le goût que ce ne soit pas qu'une nouvelle mais
un roman avec plein de pages.
Quelques autres encore que je vous laisse le soin de découvrir.
J'adore Faulkner parce qu'il me fait découvrir la société états-unienne dans la
première moitié du vingtième siècle. C'est la mentalité des gens du Sud, une certaine
façon de vivre, plus souvent qu'autrement c'est la misère économique et sociale, il y a la misère
des pauvres, des noirs, mais aussi celle des riches. Personne ne gagne finalement.
J'aime les personnages de Faulkner mais dans ces nouvelles, il ne fait que les esquisser
et je suis restée sur ma faim, en fait j'aurais voulu que chaque histoire soit un
gros roman.
Pas aussi bien que des romans tels "Tandis que j'agonise" ou
encore "Sanctuaire" mais là on parle de chef-d'oeuvres... N'empêche
qu'on a beaucoup de plaisir à lire les nouvelles de William Faulker dans
"Le Docteur Martino et autres histoires", cet écrivain sait m'accrocher,
dès la première phrase de chaque histoire, même les moins réussies,
je devais aller jusqu'au bout.
Note : 4/5
(Mousseline)
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