Descends Moïse
(Gallimard/L'Imaginaire, 1991, 318 pages)
C'est le troisième recueil de nouvelles de Faulkner, mais il est le seul
à figurer officiellement dans les bibliographies (parfois même dans
la catégorie romans, vous allez comprendre pourquoi). Les autres, en effet,
sont tous, sans exception, des "collections" (en anglais), à savoir des
compiles pures et simples, là où "Go down, Moses" a été
envisagé de manière globale... d'ailleurs, s'agit-il
réellement de nouvelles?
Quelle différence structurelle fondamentale y a-t'il entre les
précédents livres de l'auteur, qui contiennent tous de petites
histoires imbriquées dans la grande, et celui-ci, collection de nouvelles,
certes, mais mettant en scène les mêmes personnages, à la
même époque de leur vie, et constituant en elles-mêmes une
suite romanesque - sinon une différence de pagination?
Tout cela, bien sûr, est finalement assez secondaire. Seul compte, au final,
le texte. Un texte d'une qualité exceptionnelle. Plus léger
qu'à l'accoutumée, voir même parfois drôle, il relate
l'histoire d'une famille paumée au fin fond d'une Amérique (qu'on
imagine volontiers être la future Amérique de Bush). On y retrouve
bien sûr les obsessions faulkneriennes - fatalité - inceste -
racisme, mais elles sont cette fois-ci traitées sur le mode de la
dérision et de l'ironie... surtout dans "Was", la première nouvelle,
proprement hilarante.
Ce qui, au final, m'incite à mettre une excellente note à un
Faulkner dont la lecture ne m'emballait pas au départ (après avoir
mal noté "Absalom!" que j'avais hâte de lire). Je vous jure!
Note : 4/5
(Thomas)
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