Absalon, Absalon!
(Gallimard/L'Imaginaire, 2000, 425 pages)
... dans lequel nous retrouvons Quentin Compson, le personnage central de "The
Sound and The Fury". Il est devenu un jeune homme bien sous tout rapport, et
même s'il a toujours une petite pulsion meurtrière de temps à
autre, il est tout de même nettement plus fréquentable que dans le
roman suscité (où son plus grand fantasme était
d'éventrer son père et de retourner dans le ventre de sa
mère, pour ceux qui ne l'auraient pas lu). Il a même un pote, Thomas
Sutpen, autre charmant jeune homme, le planteur le plus en vue de la
région... enfin pas pour longtemps, puisqu'un roman de Faulkner ne saurait
montrer des héros parvenant à leur fin...
Dire qu' "Absalon" est mon Faulkner préféré serait un
énorme mensonge, car je n'ai pas accroché plus que ça. C'est
vraiment du pur Faulkner, Willy le brouilleur de chronologie au sommet de son art.
Tout billingue que je sois, je dois reconnaître que j'ai jeté un coup
d'oeil à la version traduite vers la moitié du bouquin, histoire
d'être sûr de comprendre ce qu'il s'y passait. Hélas! je n'ai
pas compris grand chose de plus!
Ce roman clôt la période faste de l'auteur (qui jusqu'alors en
écrit au moins trois par an), et entame la période la plus
méconnue de son oeuvre. Une période plus appliquée qui le
voit radicalement changer de méthode de travail. Plutôt que
décrire d'une traite ses textes et de les mélanger dans un second
temps, il commence désormais à s'appliquer de manière
tangible. Le problème, c'est que, par moment, c'est trop: trop de
personnages, trop d'intrigues entremêlées, trop de digressions et
même parfois trop de mots dans la même phrase. C'est à ma
connaissance le seul livre où Faulkner pèche par excès. On
sent bien où il veut en venir (pour faire court: il veut en venir
à "The Wild Palms", son chef-d'oeuvre absolu, tout bêtement)...
mais en 1936, il lui manque encore un petit quelque chose... peut-être bien
un sens de l'épuration qui fera merveille dans ses toutes dernières
oeuvres...
Note : 2.5/5
(Thomas)
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Au centre du livre il y a Quentin Compson, personnage important de "Le bruit et la
fureur", il est là comme observateur et miroir réfléchissant
de Miss Rosa Coldfield, de son discours et de sa folie. A travers ce double prisme,
nous est racontée l'histoire de Thomas Stupen et de sa descendance. Sa
tentative de s'élever au dessus de sa condition de petit blanc et de
rejoindre la caste des riches planteurs du Sud ainsi que sa chute, de même
que les tragédies qui frappent tous ses enfants.
Le livre se présente sous forme de monologues, dialogues de personnes plus
ou moins identifiées, où par des phrases longues, de manière
extrêmement discursive, cette histoire nous est peu à peu dévoilée.
Ce n'est sans doute pas le livre de Faulkner le plus facile à lire mais
à mon sens c'est celui où sa voix est la plus personnelle, la plus
originale, j'aurai envie de dire qu'il s'agit d'un très long poème en
prose où les obsessions et souffrances de ses personnages s'expriment le
mieux.
Il faut se laisser porter par le rythme de la phrase, atteindre presque un
état second, vivre une sorte de rêve éveillé.
Note : 4.5/5
(Melisande)
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