Le bonheur a la queue glissante
(Éd. de l'Hexagone, 1998, 175 p.)
Dounia a 75 ans, elle a 6 enfants et 5 petits-enfants. Elle vit à Montréal mais
elle a aussi vécu 30 ans au Liban. Elle raconte les douleurs et les joies de sa vie. La
grande douleur d'avoir toujours encaissé, d'avoir laissé passer, s'être
tue. Sa vie n'a été qu'immigration, presque toute sa vie elle a été
une étrangère.
Abla Farhoud nous livre un merveilleux roman avec une écriture juste et sans
prétention. Elle nous raconte, par la voie de Dounia, la vie de ces femmes immigrantes.
Ces femmes qui ont tout supporté dans le silence, ces femmes à qui il ne reste
que les enfants mais qui n'ont pas toujours su ou pu les sauver...
J'ai grandement aimé, je vous le suggère très certainement!
Note : 4,5/5
(Mousseline)
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Abla Farhoud raconte de par l'intérieur l'histoire d'une famille libanaise, qui
s'est installée d'abord à Terrebonne à 8 km de Montréal, puis
finalement dans la métropole. L'auteure n'oriente pas le projecteur vers les
problèmes identitaires des exilés. Comme le dit Dounia, la
grand'mère, "mon pays, ce n'est pas le pays de mes ancêtres, ni même
le village de mon enfance, mon pays, c'est là où mes enfants sont
heureux."
Cette figure centrale du roman rappellera à plusieurs la grand'mère qu'ils ont
eue, peu importe son origine ethnique. C'est la femme en elle que l'auteure fait
ressortir, de sa jeunesse à sa mort. Mariée à un homme ambitieux, qui l'a
frappée à coup de pied dans la figure alors qu'elle était enceinte avec
l'assentiment de son propre père, elle apprit vite que sa vie la
prédestinait à jouer les seconds violons à ses risques et
périls. Elle constate donc la situation sans s'apitoyer sur son sort. Elle
déplore par contre le manque de dignité dont la femme est l'objet. En guise
de compensation, elle s'attache à ses enfants et ses petits-enfants qu'elles
gâtent en les gavant des mets qu'elle
sait le mieux cuisiner. Son amour maternel se manifeste surtout à l'égard de son
fils, autour duquel tourne le suspense du roman.
C'est un beau roman de la vie au féminin, qui est remplie de plusieurs chagrins
et de quelques bonheurs. Ce n'est pas pessimiste, car Dounia fournit plein de
raisons d'être heureux même si le destin s'amuse à nos dépens.
Mais il se dégage quand même une impression de tristesse quand on voit cette
femme mourir seule comme c'est le cas pour le lot des humains. Avec une plume alerte et
pudique, l'auteure dévoile les secrets intimes d'une arabe qui ne demandait pas
grand-chose à l'existence. Son oeuvre reste un bel hommage de reconnaissance aux
femmes qui ont vécu la solitude à l'ombre d'autrui.
Note : 4,5/5
(Polo)
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