Le secret
(J'ai Lu, 2005, 222 pages)
Cette histoire est en somme un brillant concerto joué d'une voix
mélancolique et un peu glaciale. S'entrecroisent plusieurs moments de la vie
de la pianiste Dora Dierks, depuis sa naissance en 1933, à son enfance,
adolescence et vie de femme. Glisse aussi un présent énigmatique avec
la livraison d'un piano chez une femme vieillissante et mangée par la
maladie. Ainsi que le parcours d'un homme, Bau Kraggenburg, qui décide de
rendre visite à sa première épouse, ladite Dora! Bref,
à travers le voyage dans le temps de la vie de la pianiste, on
découvre le chemin d'une enfant marquée par un professeur de piano,
M. De Léon, attentif et bienveillant et qui décidera de l'avenir de
Dora, à savoir son grand amour de la musique. A tel point que, plus d'une
fois, j'ai noté que celle-ci avait plus un piano à la place du coeur!
Les raisons pour son attitude froide, égoïste et fermée? Un
père absent, un frère mongolien, une mère mystérieuse,
des années de guerre traumatisantes, un apprentissage musical totalitaire...
La vie de Dora semble se vivre à côté de celle-ci, la jeune
femme n'a sans cesse paru absente de son existence, indifférente, distraite
ou distante.
Mon avis personnel sur ce livre est modéré. Je me sens assez
amère par l'ambiance rigide et "frigide" du roman. Connaissant
déjà le style littéraire d'Anna Enquist avec "Les porteurs de
glace", je ne m'attendais pas à de l'exubérance folle ou
exaltée. Par contre, j'ai lu "Le secret" comme un langage sourd
murmuré à l'oreille. Certes, le contexte de la vie de Dora Dierks ne
prête pas à sourire, (une vie dédiée à la musique, puis
paralysée par la maladie) mais cela me conforte peu à m'enchanter de
ce livre! Je suis moyennement déçue, me suis sentie trop
éloignée, plus spectatrice (indifférente) à ce drame -
arrière fond sonore de Bach indispensable!
Note : 3/5
(Clarabel)
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