Les porteurs de glace
(Actes Sud, 2003, 145 pages)
La chape de plomb ne tarde pas à s'abattre sur la lecture de "Les porteurs de
glace"! Anna Enquist, grande prêtresse dans l'art de distiller une
analyse psychologique de l'angoisse, du manque, de l'attente!
J'ai ouvert ce roman en me sentant complètement démunie: le couple de Lou et Nico
est aux antipodes, l'une tente de poursuivre ses cours et de dompter son jardin sablonneux,
l'autre part en vrille dans une nouvelle orientation de sa carrière professionnelle. Un
silence s'abat dans le couple, qui est perceptible dès le début. Une maison en
bord de mer, dont on ne perçoit jamais les échos de la mer ou des mouettes. Juste
des battements de coeur d'une femme qui souffre en silence. Car dans ce couple, il y a le poids
énorme et envahissant de l'absence d'un enfant - Maj, partie, disparue,
égarée. Tous deux ont refusé d'en parler mais la chambre de l'enfant est
toujours là, intacte, avec les livres scolaires, l'équipement de hockey, les
chaussons de danse, etc.
Le couple s'éloigne et se rapproche dangereusement du
précipice. L'issue, fatale, parviendra-t-elle à les réconcilier, à
exorciser les chagrins étouffés ou à balayer ce silence trop pesant?
"Les porteurs de glace" est un roman qui glace le coeur (et le sang) tant l'écriture et
l'ambiance sont solennelles. Ecrit d'une main de maître, ce livre se lit à un
rythme qui s'emballe progressivement. Il s'inscrit dans la lignée des romans
psychologiques, dont Renate Dorrestein est également douée, des histoires
implacables mais profondes et touchantes.
Note : 4/5
(Clarabel)
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J'ai beaucoup aimé ce livre malgré le pessimisme dominant: j'avais envie d'aider
les personnages. Dès le début de ma lecture, j'ai accroché. Connaissant la
fin, j'aimerais une suite qui serait plus optimiste. L'écriture d'Anna Enquist m'a
transportée, du début à la fin.
Note : 4/5
(Nat)
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