La maison en papier
(Seuil, 2004, 112 pages)
Ainsi commence le roman: "Au printemps de l'année 1998, Bluma Lennon venait d'acheter
dans une librairie de Soho un exemplaire ancien des Poèmes d'Emily Dickinson quand,
arrivée au deuxième sonnet, au premier coin de rue, elle a été
renversée par une voiture."
Début assez burlesque et pathétique pour un roman particulièrement
captivant, où il est question de la fascination qu'exercent les livres sur le lecteur,
leur pouvoir grandissant et presque dangereux. Les livres changent le destin des gens, affirme
le narrateur. Oui, et il le démontre.
La maison en papier est un joli titre pour symboliser l'invasion des livres dans la vie d'un
bibliophile par exemple, mais le roman va aussi raconter une histoire abracadabrante. Celle
d'un homme, d'une femme et d'un livre (La ligne d'ombre de Joseph Conrad). Le narrateur, lui,
est le témoin de cette épopée, le passager involontaire d'une histoire
qu'il rapporte assez méticuleusement. Après le décès de sa
collègue Bluma Lennon, il occupe son poste à Cambridge. Un jour il reçoit
une enveloppe postée d'Uruguay et contenant un exemplaire assez miteux du livre de
Conrad. Ce livre est dans un piteux état, couvert d'une croûte sale et d'infimes
particules de ciment. Aucune lettre, mais une dédicace de la défunte Bluma: "Pour
Carlos... etc."
Intrigué, le narrateur va partir enquêter sur ce Carlos, ses relations avec Bluma,
et lui apprendre le décès de leur amie commune. La tâche s'avérera
difficile: les rencontres du narrateur vont écarquiller ses yeux au fil de ses
découvertes lorsqu'il apprendra davantage du sort de Carlos Brauer, du livre de Conrad
et des livres en général.
Car ce roman de Carlos Maria Dominguez est une magnifique plongée dans l'univers des
lecteurs assidus, sur le pouvoir et la fascination des livres, sur le monde des bibliophiles
à tendance maladive, exploratrice ou conquérante. La maison en papier est
d'une magnificence rare, cultivée et précieuse. L'auteur, lui-même critique
littéraire, déballe sa passion livresque et ne cache pas les travers d'une telle
passion. Attention, les livres sont dangereux, disait la grand-mère du narrateur
dès qu'il avait le nez plongé dans un ouvrage. Oui, le livre est un objet
à manipuler avec précaution. C'est une bombe à retardement, prudence!
La maison en papier raconte tout ça dans des mots bien choisis et prudemment
mesurés. Beaucoup de très beaux passages sur les livres, les bibliothèques
et ce que décèlent leurs contenus, la magie des mots et des ouvrages
reliés. A lire, et relire indéfiniment. Un très beau roman.
Note : 4/5
(Clarabel)
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J'ai un avis mitigé sur ce roman. Les livres sont au cœur de l'histoire et
l'auteur écrit des pages magnifiques sur les bibliothèques, les bibliophiles, les
lecteurs et l'acte de lire. Mais je n'aime pas l'idée sous-jacente que les livres sont
dangereux, même exprimée de façon facétieuse: c'est une idée
qui a fait les beaux jours de toutes les dictatures, notamment de la dictature argentine,
comme l'auteur lui-même nous le rappelle. Donc, je n'aime pas la fin et le destin de
ce malheureux lecteur compulsif que les livres ont rendu fou et qui saccage la
bibliothèque qu'il a mis des années à constituer.
Par ailleurs, le lecteur se rend compte à la fin de l'histoire que la solution de
l'énigme était en fait dans l'ordinateur de la jeune femme disparue, ce qui est un peu
décevant.
Note : 3.5/5
(Papillon)
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J'ai été émue par ce livre car je peux m'identifier au héros Carlos
Brauer. Cet homme a un grand amour pour les livres au point qu'ils envahissent toute sa vie et
son appartement aussi. Finalement les mots me manquent pour arriver à décrire
ce que je ressens (un comble pour un lecteur).
Je suis contente d'avoir découvert un nouvel auteur, j'aime beaucoup son humour
et la façon dont il parle des livres. Dans ce roman il cite d'autres auteurs et
donne des titres de livres qui pour une fois ne me sont pas inconnus (merci le club des rats).
Finalement une jolie découverte.
Note : 3.5/5
(Lauric)
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J'ai bien aimé ce petit livre dont le sujet n'est pas un livre (La ligne d'ombre de
Joseph Conrad) mais les livres et la fascination qu'ils exercent sur les lecteurs, bibliophiles
et collectionneurs. La quête du narrateur n'est qu'un prétexte pour l'auteur
à dresser des portraits de lecteurs compulsifs, collectionneurs éclairés
ou bibliophiles passionnés tous plus ou moins dévorés par leur passion
de la littérature jusqu'à pour certains en perdre la raison et basculer dans
la folie pure.
J'ai pris un peu peur à la lecture de ce livre. Une bibliothèque
qui déborde, des piles de livres un peu partout qui envahissent l'espace grignotant
peu à peu l'espace vital je connais ça. Mes bibliothèques sont
pleines (de livre de poche en écrasante majorité), les rayonnages comptent
chacun quatre rangées de livres et ma PAL (pile de livres à lire) grossit à vue d'œil plus de soixante-dix
livres au dernier recensement. J'achète et j'achète encore et toujours plus
de livres alors que je lis moins qu'avant. Serais-je menacée par cette folie que
connaissent les personnages de la maison en papier? Une chose est sûre: je ne regarderai
plus ma bibliothèque de la même manière.
Note : 4/5
(Lhisbei)
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Difficile de passer après Clarabel, elle a tout dit, et très bien dit. On ne peut
effectivement que donner ses impressions de lecture: c'est une très intéressante
histoire, en forme de fable, avec morale finale incluse: Ce ne sont pas tant les livres qui
sont dangereux finalement, que la place qu'on leur donne....
Cette histoire a un caractère assez envoûtant, effectivement tous ceux qui aiment les
livres peuvent s'y reconnaître à un moment ou à un autre.
Dommage que ce soit si court, j'aurais bien aimé que ce soit développé un
peu plus...
Et Papillon j'aime bien aussi ce que tu dis sur les livres et la dictature.
Note : 3.5/5
(Cuné)
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Un livre arrive par courrier à Londres sur le bureau d'une femme professeur
d'université qui vient de mourir. C'est un livre abîmé,
fortement tâché de béton, et qui porte une dédicace que
cette femme avait adressée quelques années plus tôt à un
certain Carlos. Le remplaçant et ami de la défunte va essayer de
retrouver en Argentine l'expéditeur du livre et de lui remettre le livre
arrivé trop tard.
En voilà un livre que je voulais lire depuis longtemps et qui a tenu ses
promesses! La recherche du narrateur nous amène dans un milieu d'amoureux des
livres. Ce livre peut faire sourire pour les gros lecteurs que nous sommes, car on y
retrouve pas mal de nos grosses manies de lecteurs passionnés. Mais c'est un
très beau livre sur notre rapport aux livres et sur ce que représente
pour nous la lecture.
Deux petits extraits :
"Les livres avancent dans la maison, silencieux, innocents. Je ne parviens pas
à les arrêter." p. 20
"Les livres s'accrochent à nous en un pacte de nécessité et
d'oubli, comme s'ils étaient les témoins d'un moment de notre vie
auquel nous ne reviendrons plus, mais que nous croyons préserver tant qu'ils
restent là." p. 20
Un gros coup de coeur!
Note : 5/5
(Cryssilda)
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