Les nains de la mort
(Gallimard/folio, 2002, 232 pages)
Je n'ai pas grand chose à dire sur l'histoire comme telle.
William, un jeune musicien plein de potentiel, s'exile à Londres (ville qu'il n'aime
pas) pour tenter de percer dans le métier - ou pour trouver ce qu'il veut faire.
Rien ne va dans sa vie. C'est encore pire le jour où il assiste au meurtre d'un
chanteur par deux nains! Tout en se demandant quoi faire, il remonte le fil de ses souvenirs. On apprend qui il est,
comment il en est arrivé là... Bref, il nous raconte tout ce qui lui passe par
la tête pour retarder le moment de raconter comme tout ça s'est terminé.
On parle beaucoup de musique dans ce livre. De fa mineur et de ré 7e... autrement dit,
une langue que je ne connais pas. Des lignes de notes sont aussi insérées dans
le texte. Cette inclusion, dans l'histoire, d'éléments sans rapport
(je m'en moque complètement moi que le batteur n'arrivait à faire que ces
trois lignes de notes, je ne sais pas ce que ça signifie) aurait bien pu me taper sur
les nerfs, m'agresser. Mais dans ce cas présent, pas du tout. Je jetais un oeil,
sans rien comprendre, et je passais au paragraphe suivant.
J. Coe a une écriture belle, simple et pleine. Ses personnages nous touchent, c'est
un livre qui se lit bien, et auquel on repense avec plaisir. Pas comme des bouquins
qu'on referme en ayant oublié l'histoire, ou en butant sur un élément
qui vient tout gâcher!
Un nouvel auteur à ma liste.
Note : 3.8/5
(SarahEmily)
**********
William et les deux nains.
C'est le premier livre de cet auteur auquel je m'attaque; le nombre de critiques
élogieuse m'inquiète un peu, et je n'ai plus guère de contact
avec la littérature anglaise depuis un moment. Il serait peut-être temps de
s'y remettre, surtout que j'en ai quelques-uns dans ma bibliothèque.
William, jeune provincial débarqué à Londres à la
recherche de l'Eldorado, commence à déchanter (ce qui pour un
musicien est le début de la fin). Il habite une cité pas
cauchemardesque, mais pas loin. Il est amoureux d'une jeune fille, Madeline, qui
entre catholicisme et frigidité, est de charmante compagnie. Les musiciens
avec qui il tente de travailler sont plutôt spéciaux et
réellement mauvais. Pour vivre, il travaille chez un disquaire dont les
clients le rendent particulièrement nerveux, et cerise sur le gâteau,
il assiste à l'assassinat du manager du groupe par deux nains
cagoulés comme des terroristes voulant être incognito! Il nous raconte
les événements qui ont marqué sa vie pendant les quinze
derniers jours, avant le drame. L'enregistrement d'une cassette qui devrait leur
apporter gloire et fortune, et qui n'est qu'un bide. Bide également dans ses
relations avec Madeline, et sa tentative de rapprochement avec Karla. Quelques
beuveries, terminées par des virées dans le Londres nocturne,
n'arrangent pas son état d'esprit.
On finit par oublier qu'il y a eu un meurtre, mais il ressurgit après
quelques notes de musique. William serait pathétique s'il n'était pas
aussi horripilant, bousculé de tout bord. Il subit, espérant des
jours meilleurs, mais ne faisant rien pour qu'ils arrivent.
Madeline, vierge effarouchée dont on se demande pourquoi William est tant
amoureux entre Stacey, ex-fiancée qu'il regrette et Karla la barmaid
écossaise. Harry et les autres membres de l'orchestre complètent ce
portrait de marginaux.
Descriptions d'une Angleterre de l'après Margaret Tatcher, la dame de fer
inébranlable et inoxydable. La décrépitude autant morale que
physique, à l'image de la cité Herbert où habite William. Les
galères de tous les jours du prolétariat londonien, un peu
teinté d'humour pour cacher le désespoir.
Un bon roman oscillant entre roman policier et études sociales, avec en plus
une plume de qualité.
Note : 4/5
(Eireann)
|