Moravagine
(Grasset, 2002)
Le récit de la vie de Moravagine, héritier spolié du
trône de Hongrie, est raconté par un jeune médecin
fasciné par cet être passionné qu'il rencontre
emprisonné dans un asile. La narrateur organisera la fuite de Moravagine et
ils parcoureront ensuite le monde, vivant de multiples péripéties.
Ils prennent la tête d'un groupe révolutionnaire qui terrorise la
Russie en 1905, traversent les États-Unis, remontent un fleuve dans la
forêt tropicale du Vénézuela pour s'intégrer à
une tribu autochtone, puis retourne en Europe et prennent part à la
Première Guerre Mondiale.
Le style est tout d'abord très froid, d'une allure de rapport
médical, mais l'apparition de Moravagine bouleverse le narrateur et le
lyrisme s'impose dans le texte. Ces aventures internationales rocambolesques
peuvent rappeler "Candide" ou encore "Voyage au bout de la nuit". Les liens avec
ce dernier livre sont multiples, car Moravagine ne tient pas ses compatriotes en
haute estime, il n'y a pas un respect transcendant de l'être humain. De plus,
les voyages de Moravagine de l'autre côté de l'Atlantique et dans les
tropiques ont pris fin par sa participation à la Grande Guerre, tandis que
c'est cette dernière qui initie l'errance de Bardamu en Afrique puis en
Amérique.
Toutefois, ce livre ne m'a pas charmé, peut-être est-ce à cause des
envolées lyriques, peut-être à cause des similitudes avec un
roman d'aventure? Mais, alors que je commençais à m'ennuyer,
Blaise Cendrars exécuta un tour qui me raccrocha au livre: une
étrange mise en abyme où il apparaît comme un personnage
secondaire. Bien que j'avais hâte de passer à une autre lecture,
il y a une graine de doute qui me porte à croire que peut-être ce
livre m'a marqué plus que j'en ai l'impression. Le temps montrera si
c'est bien le cas...
Note : 2,5/5
(Le-réaliste-romantique)
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