Hollywood : La Mecque du cinéma
(Grasset, 2005, 150 pages)
Blaise Cendrars, de son vrai nom Frédéric-Louis Sauser, a toujours eu
le goût du voyage et le sens de l'observation. En 1936, il passe deux
semaines à Hollywood en vue d'y réaliser un reportage sur le milieu
du cinéma. Ses notes et autres commentaires se trouvent réunis dans
cette édition des Cahiers Rouges (Merci Grasset!). Une mine d'or et une
foule de renseignements en tous genres relatifs à cette immense industrie
du cinéma qu'est Hollywood. Cendrars parle de tout ou presque et de tout le
monde, des petits boulots mal payés aux grandes stars capricieuses. Il met
en évidence, si besoin en était, l'implacable mécanique qui
régit ce domaine: la technique et l'argent, ingrédients indispensables
pour le succès. Pas de rêve raconté ici, pas de paillettes et
d'American dream, mais une société où tout est basé
sur le profit, le copinage et l'absurde. Le mythe en prend un coup mais
après tout, doit-on vraiment être étonnés par ce que
Cendrars nous raconte. Les faits se déroulent en 1936, il y a eu bien pire
depuis dans ce milieu. Témoignage intéressant, entre autres, avec
cette volonté de Cendrars de rencontrer Lubitsch au moment où la
Paramount veut le virer et où le tournage de "Hotel impérial" est en
grande difficulté.
"Lubitsch était le directeur de la production à la Paramount et
trois jours plus tard, il était tombé en disgrâce. (...) Si un
homme d'un tel poids ne pèse pas plus lourd que plume dans les
décisions que peuvent prendre sans préavis les dirigeants financiers
d'un trust cinématographique, vous imaginez aisément les efforts
surhumains qu'un débutant doit faire pour soulever ce monde qui
l'écrase et arriver à percer au cinéma."
Une autre rencontre intéressante est celle avec Wally Westmore,
spécialiste de l'esthétique des visages pour le cinéma et
fabricant de sex-appeal en quelque sorte.
Cendrars raconte, bien et en détails, cet univers peu glorieux qui ne l'a
pas vraiment déçu mais l'a cependant refroidi. Son texte est vif et
pétillant, ça fait du bien.
Note : 4/5
(Sahkti)
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