L'or
(Gallimard/Folio, 1973, 182 pages)
"L'or ou la merveilleuse aventure du Général Johann August Suter". Ce dernier
quitte la Suisse en abandonnant femme et enfants et sans le sou, on devine qu'il
était dans une mauvaise situation. On devine aussi qu'il est un escroc du moins
il n'hésite pas à voler pour atteindre son but soit partir vers
l'Amérique. Après deux ans passé à New York, quelques
temps à Saint-Louis ses pas le guident vers la Californie. Là
il bâtira un immense domaine, un paradis d'arbres fruitiers,
de chevaux, de bétails. Mais à chaque jour il doit lutter contre les Indiens
et les brigands de toutes sortes. Mais c'est l'or qui fera sa ruine : "Si j'avais pu
suivre mes plans jusqu'au bout, j'aurais été en très peu
de temps l'homme le plus riche du monde : la découverte de l'or m'a
ruiné." Des milliers et des milliers de gens venus de tous les coins de la planète
envahissent ses terres. C'est la ruée vers l'or et la destruction
de son domaine : "La Nouvelle-Helvétie".
Une écriture qui se marie parfaitement avec le récit, un
rythme très rapide, aussi rapide que l'édification de la Californie
après le premier coup de pioche donné par Mr Marshall du New Jersey.
Le vocabulaire est parfois désuet mais c'est normal puisque ce récit a été écrit
en 1925, et cela n'enlève rien aux talents de Blaise Cendrars pour manier les
mots, avec peu il arrive à évoquer beaucoup. Les longues descriptions et
autres détails ne sont pas nécessaires pour donner beaucoup d'ampleur à cette
histoire.
Une histoire très passionnante autant pour la vie de Johann August Suter que
pour tout ce qui se dit sur la ruée vers l'or en Californie. Mais la vie de
Johann August Suter a été fort triste.
C'était mon premier contact avec Blaise Cendrars et j'ai
très apprécié. Je suggère très fortement
"L'or" à tous les lecteurs. Là j'ai tellement envie de
dénicher un gros roman historique qui parle des premiers temps de la
Californie et aussi envie de découvrir d'autres oeuvres de Blaise Cendrars.
Extraits :
"Le port de New York.
1934.
C'est là que débarquent tous les naufragés du vieux monde. Les naufragés,
les malheureux, les mécontents. Les hommes libres, les insoumis. Ceux qui ont eu des revers
de fortune; ceux qui ont tout risqué sur une seule carte; ceux qu'une passion romantique
a bouleversés. Les premiers socialises allemands, les premiers mystiques russes.
[...] Les paysans d'Irlande et de Scandinavie. Des individus et des peuples victimes
des guerres napoléoniennes et sacrifiés..."
"San Francisco. La Californie. Suter! [...] De tous les points du globe partaient
maintenant les solitaires, des corporations, des sectes, des bandes vers la Terre
promise où il suffisait de se baisser pour ramasser des monceaux d'or, de perles,
de diamants; tous convergeaient vers l'Eldorado. Et sur les quais de San Francisco
c'était un incessant arrivage de Sud-Américains, de Kamtchadales, de paysans de
Sibérie et de toutes les races d'Asie embarquées dans les ports chinois. Les troupes
de Nègres, de Russes, de Jaunes occupaient tour à tour le Fort Suter et relevaient
les Allemands, les Italiens, les Français, déjà montés aux mines. Des agglomérations
naissaient et se multipliaient avec une rapidité sans exemple dans l'histoire..."
Note : 4,5/5
(Mousseline)
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L'eldorado! L'histoire véridique mais néanmoins romancée du
premier pionnier Suisse qui s'installa dans l'Ouest américain et y fit
fortune, avant de se voir totalement et très injustement ruiné par la
découverte de l'or sur ses terres. Le titre, le sous-titre et l'histoire
escomptée ne pouvait que me faire saliver d'avance... Las! C'est une bien
morne façon de raconter que nous offre Blaise Cendrars. Le ton est
descriptif, ça manque d'anecdotes, de sentiments, et en même temps
d'un certain recul si on voulait considérer Suter de façon objective.
Malgré tout, ça reste évidemment intéressant à
lire de par l'époque évoquée, la construction de la
Californie, le personnage tout à fait hors du commun qu'était Sutter.
Mais je regrette fortement de lire cette histoire sous la plume de Cendrars!
Note : 3/5
(Cuné)
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"L'or", c'est la formidable aventure de Johann August Suter, Suisse allemand qui
quitta sa patrie au début du 19e siècle pour fonder la
Nouvelle-Helvétie en Californie, s'enrichir et vivre dans un paradis,
jusqu'à ce qu'un de ses employés ne découvre de l'or dans la
propriété. Le début de la richesse? Non, le début de la
fin! La nouvelle se répand comme traînée de poudre, des
colons arrivent de partout, prennent possession des terres de Suter, pillent
à tout va, creusent et découvrent.... la folie, qui le ruine, il n'a
plus rien et quand la justice lui donne raison, c'est la vie des siens qui
disparaît face à la colère des nouveaux riches. Suter
s'éteindra seul, fou, malheureux et pauvre.
Ce texte de Blaise Cendrars ressemble à un roman d'aventures. Pas un
récit haletant ou époustouflant, mais une épopée
étonnante racontée avec des mots simples, des phrases courtes et
saccadées, sans gros rebondissements. Tout se déroule d'une
manière limpide, cela se lit facilement et rapidement.
A mes yeux, l'aventure n'est pas le point essentiel du récit. Je distingue
entre les lignes et de plus en plus présente au fil des pages une fameuse
leçon de morale sur la cupidité de l'homme, les aléas de la
vie, l'impuissance de la justice et le destin jamais clairement défini.
Sans s'intercaler dans le récit, Cendrars distille pourtant, avec des
anecdotes ou des petits faits apparemment anodins, son fiel contre ces nouveaux
riches qui pensent que tout est à eux, contre ces spéculateurs qui
prennent possession de territoires sur le dos d'autres personnes (Indiens ou
Canaques dans le cas présents, les premiers étant les
dépossédés et les seconds les esclaves), contre la justice
qui ferme les yeux face à la voix du plus fort (en l'occurence une masse
populaire qui gronde, mais auparavant, un homme qui arrose le pays à
coups de billets verts), contre la bêtise humaine saoulée par l'odeur
de l'argent, contre tous ses défauts de l'homme, qui apparaissent ici
dans un récit extraordinaire sur le plan des faits et formidablement juste
sur le plan des travers humains.
L'argent pourrit tout, jusqu'au plus profond de l'âme. Ce n'est pas nouveau,
mais c'est ici simplement et efficacement raconté.
Note : 4/5
(Sahkti)
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Récit du Suisse Suter émigrant qui par une volonté forte
construit une maxi-proprieté en Californie et qui conquiert la Californie
pour les Etats-Unis, mais perd tout par la trouvaille de l'or et la ruée
vers l'or qui se déverse sur ses propriétés.
Un dynamisme hors pair, le voyage d'émigration de Suter par étapes
et la montée de Suter en Californie à des richesses inimaginables
(en organisant entre autres un commerce d'esclaves canaques, il faut le dire aussi),
puis sa dégringolade causée par la ruée vers l'or qui envahit
son territoire. Les procès légaux qu'il tente et l'opposition de ces
centaines de milliers de chercheurs d'or arrivés en à peine 4 ans.
Sa descente en enfer qui en suit, sa vieillesse parmi les légistes et les
sectaires qui abusent de lui et de sa foi et qui mène à une fin
plutôt pessimiste.
Tout a été excessif dans cette vie, dans cette période de
l'histoire, et cela se ressent dans le texte de Cendrars. Un récit qui
court à en perdre haleine pendant la lecture. Les historiens n'y trouveront
pas leur bonheur, mais la force du récit fait mieux sentir le majestueux
et le monstrueux à la fois de cette fondation de la Californie.
Note : 4,5/5
(Gallomaniac)
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