Voyage au bout de la nuit
(Pocket, 2003, 126 pages)
Comment critiquer un tel livre? comment exprimer en quelques lignes ce que j'ai ressenti?
Mission impossible. J'espère quand même vous donner le goût de le
lire, ça serait trop dommage que vous passiez à côté d'un tel
chef-d'oeuvre.
Je ne sais pas si c'est le meilleur livre que j'ai lu dans ma vie mais c'est certainement l'un
des meilleurs. C'est beau, c'est grandiose. Il n'y a pas une page où l'on peut s'empêcher de
souligner un extrait, pas un paragraphe sur lequel on ne peut s'arrêter soit pour
réfléchir ou tout simplement se pamer d'admiration devant les propos de l'auteur.
Je partais avec un préjugé défavorable, je m'attendais à un livre
enrichissant mais bourré de longues descriptions comme bien des classiques. Et bien on
ne s'y ennuie même pas le temps d'une phrase. Céline nous tient en haleine
constamment, on veut toujours avancer mais on se retient pour
savourer tellement ses mots nous emmènent loin. Et Céline les manie drôlement bien
les mots, ses expressions sont savoureuses, on est éblouis
par la richesse et la variété de son vocabulaire et par son dynamisme.
De plus il a un humour remarquable, un humour noir, sarcastique, ironique, subtile, on lit
tout au long avec le sourire même si le fond de
l'histoire en fait est plutôt triste mais rien ne peut
nous empêcher de rire.
L'histoire : C'est un voyage car l'auteur nous emmène à la guerre, sur le front,
et puis c'est Paris, l'Afrique, New York, Détroit, la banlieue parisienne, Toulouse.
Mais c'est surtout un grand voyage au fin fond du coeur de l'homme dans ce qu'il a de plus
sordide, petit, misérable et crasseux. Une panoplie de personnages interviennent dans ce roman.
Ces personnages Céline les décrit avec un talent rare mais sans complaisance,
c'est plus souvent laid que beau. C'est une analyse approfondie et critique du comportement humain, de la société, c'est noir
mais c'est réaliste.
Je souhaite à tout le monde de découvrir "Voyage au fond de la nuit" de
Céline. Tant qu'à lire autant lire de bons livres, n'est-ce pas! Un livre qui
reste, qui restera toujours...
note : 5/5
(Mousseline)
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Voilà un livre très difficile à décrire - c'est l'histoire d'un
personnage, de sa quête vers quelque chose de mieux, de sa personnalité un peu
sombre et désagréable, de sa lâcheté et de son courage. Ferdinand
est un homme à la fois simple et complexe, quelqu'un qui a le don de se trouver au
mauvais endroit au mauvais moment, mais qui semble toujours trouver le moyen de se sortir du
trouble - pas toujours de façon élégante faut-il préciser.
C'est un personnage qui m'a émue, surtout au début du livre alors qu'il fait la
guerre et qu'il se pose une tonne de questions sur la nécessité de cette guerre.
C'est aussi un personnage qui m'a agacée par sa lâcheté, ses magouilles,
pour ne pas savoir se tenir debout. Par contre, dans d'autres situations, il saura faire preuve
de courage et de détermination.
Ferdinand est entouré d'une multitude de personnes qui entreront et sortiront de sa vie -
mais une des plus importantes sera Robinson, qu'il connaîtra au front et qu'il reverra
constamment au cours des années et au fil de ses voyages, pour moi, Robinson aura
représenté pour Ferdinand à la fois une vilaine toux dont on arrive pas
à se débarasser et une couverture qui nous enveloppe et nous sécurise.
Tout dans ce livre est contraste: Ferdinand est fort puis il est faible. Robinson l'agace puis
il l'adore. Les personnages féminins nous sont d'abord présentés comme
doux, gentils, séduisants pour ensuite se transformer en peste insupportable dont on
veut à tout prix se débarrasser.
C'est un livre qu'il faut relire pour en saisir toutes les nuances, pour en comprendre toutes
les leçons, pour y retenir les multiples citations toutes plus frappantes les unes que
les autres, en voici quelques-unes:
"Ça prouve qu'on ne peut exister sans plaisir même une seconde, et que c'est bien
difficile d'avoir vraiment du chagrin. C'est comme ça l'existence."
"C'est étonnant ce qu'on a du mal à s'imaginer ce qui peut rendre un être
plus ou moins agréable aux autres. On veut le servir pourtant, lui être favorable,
et on bafouille. C'est pitoyable, dès les premiers mots... On nage."
"C'est comme d'ouvrir une fenêtre dans une prison, trahir. Tout le monde en a envie, mais
c'est rare qu'on puisse."
Et c'est tout plein dans le livre, un des rares livres dans lequel j'ai souligné d'ailleurs!
note: 4.5/5
(Lagrande)
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Voyage au bout de la nuit est une introduction, la première porte vers l'art
puissant, émotif de Céline.
Le comique est un paravent pour arriver à l'étude et l'analyse des hommes que
nous sommes sans les fioritures de l'éducation, du raisonnable, on dirait aujourd'hui du
politiquement correct. Finis les héros si bons, si vilains, voilà les hommes.
Alors, si vous avez aimé "Voyage au bout de la nuit", n'hésitez pas à
ouvrir les portes suivantes... pour découvrir au fil des romans un art de moins en moins
académique, un cri humain de plus en plus puissant et vrai.
"Ce qu'est beau dans le monde animal c'est qu'ils savent sans se dire, tout et tout!... et de
très loin! à vitesse-lumière!... nous avons la tête pleine de mots,
effrayant le mal qu'on se donne pour s'emberlifiquer en pire! plus rien savoir!... tout
barafouiller, rien saisir!"
(Extrait D'un château l'autre)
(Ernestine)
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Le voyage que Barmadu entreprend, ira jusqu'au bout de la nuit. Le voyage nous inspire le
mépris, sa nuit est longue et ne s'améliore jamais, chaque pas qu'il croit faire
vers le bonheur l'en éloigne encore plus; ce qui signifie que malgré la guerre il
était beaucoup plus humain à ses 20 ans. Il se cloportise en vieillissant.
C'est un livre d'une pesanteur incroyable, c'est-à-dire qu'il est incroyablement bien
écrit et cela dans une langue accessible à tous, mais les dessins qui animent
chaque personnages sont dégoûtants. Une lecture insoutenable, un écoeurement,
mais si bien écrit que nous y sommes constamment rappeler à y retourner. Un des
meilleurs livres que j'ai jamais lus, mais la force morale me manquerait pour le relire une
deuxième fois.
(René Simard)
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"Voyage au bout de la nuit" nous fait voyager avec l'auteur. D'abord, il y a la
guerre en Europe que le narrateur veut éviter, il songe même à
se rendre aux Allemands. On assiste à sa rencontre avec Robinson, personnage
qui va revenir maintes fois dans le livre. Puis il y a la "fuite" vers l'Afrique et
son climat insupportable, le départ involontaire pour l'Amérique
et l'envie finalement d'y rester. Là-bas, c'est le désenchantement
chez Ford où les gestes répétitifs finissent par lasser et
donnent l'envie de partir pour retourner finalement en France.
Je ne sais pas du tout comment faire ma critique et je ne sais pas non plus comment
décrire, résumer ce livre. Ce qu'il faut pour comprendre, c'est le
lire, et là seulement on peut comprendre ce qu'on gagne à cette
lecture absolument passionnante. Céline a un style d'écriture bien
particulier, unique, qui nous donne envie de continuer notre lecture et de
découvrir tout ce qu'il a à nous raconter. A lire tout simplement.
Citations :
"Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit
par l'indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la
passion homicide des mêmes en la guerre venue."
"Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite
convaincue, les motifs viennent tout seuls."
"La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La
vérité de ce monde c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir.
Je n'ai jamais pu me tuer moi."
"A mesure qu'on reste dans un endroit, les choses et les gens se
débraillent, pourrissent et se mettent à puer tout exprès pour
vous."
note: 5/5
(Van)
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