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Michel Del Castillo

Colette, une certaine France
(Gallimard/Folio, 2001, 342 pages, Prix Fémina Essai 1999)

Ceci n'est pas une biographie mais un essai sur Colette la femme et sur Colette l'écrivain. En première partie, l'auteur ne parle pas directement d'elle mais il passe par les portraits de Sidonie (sa mère) de Willy (son premier mari) de Missy (sa très proche amie de coeur) de Bel Gazou sa fille, pour nous dépeindre une femme qui l'irrite énormément. Michel del Castillo s'appuie aussi sur les différentes biographies de Colette (au passage, il en égratigne quelques-unes) qui auraient plutôt tendance à encenser ou alors excuser l'écrivain, alors que lui, prend la défense de Willy, dresse un portrait dur de Sido, devient ami avec Bel Gazou, l'enfant délaissé... Mais autant celui-ci est agacé par la femme, suprêmement égoïste, rusée, intéressée, rancunière, qui déguise la vérité..., autant il célèbre l'écrivain et qualifie certains de ses livres (pas tous) de chefs-d'oeuvre ("Chéri", "La fin de Chéri", "Sido", "La naissance du jour", "Le blé en herbe"...) et admire son style qu'il qualifie de "chant".

Celle qui avait pour précepte : "je respire, donc j'ai le devoir d'être heureuse" et qui, dans ses romans, "célèbrera la nature, l'amour des bois, des plantes, des bêtes, la revendication de la liberté, l'exaltation des instincts", reste pour lui un écrivain majeur et enchanteur de la France.

Une belle écriture pleine d'intelligence, une connaissance remarquable de la femme et des romans, un portrait qui m'a paru assez dur dans la première partie (en tant que femme, j'excuse bien volontiers, surtout qu'à cette période, tout était difficile pour une femme, surtout vivre de ses écrits), mais la partie parlant de l'écrivain et des romans m'a beaucoup plu.

Un complèment indispensable à la lecture des biographies de Colette.

Note : 4,25/5
(Chantal)









La guitare,
La religieuse de Madrigal,
Colette, une certaine France


Né à Madrid en 1933, de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo doit très vite fuir le régime franquiste. Parvenu dans le sud de la France, il est abandonné par sa mère et est déporté dans le camp de concentration de Mauthausen en Allemagne. A la fin de la guerre, il retourne en Espagne, malheureusement le gouvernement franquiste considère d’un mauvais oeil ses antécédents et l’envoie en maison de redressement pendant cinq ans. Sorti de ce "bagne", comme il l’appelle lui-même, il gagne Paris et commence à se plonger dans l’écriture. Il en naîtra "Tanguy", presque un récit autobiographique, paru en 1957. Il a depuis publié plus d’une vingtaine de romans, récompensés par de nombreux prix ("La nuit du décret", 1981; "Une femme en soi", 1991).




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