Colette, une certaine France
(Gallimard/Folio, 2001, 342 pages, Prix Fémina Essai 1999)
Ceci n'est pas une biographie mais un essai sur Colette la femme et sur Colette
l'écrivain. En première partie, l'auteur ne parle pas directement
d'elle mais il passe par les portraits de Sidonie (sa mère) de Willy (son
premier mari) de Missy (sa très proche amie de coeur) de Bel Gazou sa fille,
pour nous dépeindre une femme qui l'irrite énormément. Michel
del Castillo s'appuie aussi sur les différentes biographies de Colette (au
passage, il en égratigne quelques-unes) qui auraient plutôt tendance
à encenser ou alors excuser l'écrivain, alors que lui, prend la
défense de Willy, dresse un portrait dur de Sido, devient ami avec Bel
Gazou, l'enfant délaissé... Mais autant celui-ci est agacé par
la femme, suprêmement égoïste, rusée,
intéressée, rancunière, qui déguise la
vérité..., autant il célèbre l'écrivain et
qualifie certains de ses livres (pas tous) de chefs-d'oeuvre ("Chéri", "La fin
de Chéri", "Sido", "La naissance du jour", "Le blé en herbe"...) et admire
son style qu'il qualifie de "chant".
Celle qui avait pour précepte : "je respire, donc j'ai le devoir d'être
heureuse" et qui, dans ses romans, "célèbrera la nature, l'amour des
bois, des plantes, des bêtes, la revendication de la liberté,
l'exaltation des instincts", reste pour lui un écrivain majeur et enchanteur
de la France.
Une belle écriture pleine d'intelligence, une connaissance remarquable de la
femme et des romans, un portrait qui m'a paru assez dur dans la première
partie (en tant que femme, j'excuse bien volontiers, surtout qu'à cette
période, tout était difficile pour une femme, surtout vivre de ses
écrits), mais la partie parlant de l'écrivain et des romans m'a
beaucoup plu.
Un complèment indispensable à la lecture des biographies de Colette.
Note : 4,25/5
(Chantal)
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