La guitare
(Seuil/Points, 1998, 150 pages)
L'auteur situe son récit en Galice, région du nord-ouest de l'Espagne où
la majorité des habitants étaient paysans et/ou pêcheurs, où la pauvreté
régnait et où la religion et la superstition, très liées, régissaient la
vie des hommes.
Dans ce contexte, un nain va vivre une existence très difficile, rejeté en
permanence et montré du doigt par tous. Puisque les autres nient son
existence et ne le reconnaissent qu'en tant que nain hideux, donc
forcément méchant (l'apparence physique et le coeur étant confondus pour
eux), il va devenir méchant. A la haine ne peut répondre que la haine.
Seul bémol à cet enfer, sa guitare qu'il aime plus que tout. Il compte sur
elle pour être enfin accepté et aimé, mais...
J'ai apprécié ce récit dur et profondément
triste, écrit sans fioriture, dans lequel l'auteur nous interpelle
et nous donne à réfléchir.
Note : 4/5
(Laure)
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Résumé : Le narrateur, un nain se décrivant lui même comme étant
extrêmement laid, nous raconte son existence et sa rencontre avec la
musique par le biais d'une guitare.
Mon avis : De très, très belles descriptions des paysages de la Galice, un
narrateur sans concession sur son existence, et puis la musique. On entre
très vite dans une histoire plutôt pessimiste mais très juste sur la
nature humaine racontée avec une économie de moyen très
efficace.
Note : 4/5
(Chimère)
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"Je suis laid. D'une laideur qui fait peur. C'est par cet aveu qui m'est
pénible que je veux commencer mon récit.
Laid!... Toi qui me liras, pénètre bien ce mot. Il y a mille
laideurs comme il y a mille beautés. Il y a même une beauté
laide : la beauté prétentieuse. Moi je suis totalement laid. Nain,
bossu, borgne; mon nez est applati comme celui d'un boxeur et une grande cicatrice
rouge déshonore mes traits. Je suis laid à faire peur. Si je veux
sourire, j'esquisse une horrible grimace qui fait fuir les honnêtes gens...
Et pourtant, je ne voudrais pas te faire peur; même pas te faire
pitié. Je suis las de faire peur et de faire pitié. Las d'être
méchant et d'être bon."
Voilà comment débute ce roman déroutant. Dès la
première phrase, j'ai été intriguée et charmée
par le propos. Et je l'ai dévoré presque d'une traite. En plus, on y
parle de musique, ce qui n'a fait qu'ajouter à mon plaisir de lecture.
Michel del Castillo a une écriture simple et j'avoue que ça me plait.
J'aime les auteurs qui parviennent à tout dire en peu de mots. Et dans ce
roman, l'auteur y parvient brillamment.
Il nous raconte aussi très bien l'Espagne. Tellement bien qu'on a
l'impression d'y être, d'en sentir la chaleur et les accents chantants. Le
plus surprenant, c'est qu'il parvienne à ce résultat tout en
racontant une histoire dure, tant dans les événements que dans les
émotions abordées. Mais en même temps, c'est si bien fait qu'on
ne peut s'empêcher de poursuivre notre lecture, même si ça fait mal.
C'est un roman qui m'a dépaysée tant par les lieux que par le ton.
Une belle découverte et certainement pas mon dernier livre de cet auteur!
Note : 4,75/5
(Frisette)
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