Il n'y a pas de pays sans grand-père
(Stanké, 1988, 124 pages)
Quatrième de couverture : "Les Autres lui interdisent tout ce qu'on homme
libre a le droit de faire. Que lui reste-t-il, dans sa berceuse, sinon de
penser?"
Critique : La quatrième de couverture est déjà assez parlante
et elle donne une bonne idée du livre: c'est un très long monologue
intérieur, émaillé de quelques répliques, des
répliques qui viennent à Vieux-Thomas, les paroles de ses
petits-enfants qu'il ne reconnaît pas tellement le monde a changé
depuis sa jeunesse. L'histoire se passe dans les années 70 et même si
ce n'est pas indiqué comme tel, on y parle abondamment du samedi de la
matraque. Vieux-Thomas vit dans le passé, dans le souvenir de sa vie
d'avant, celle qui avait un sens. C'est une réflexion sur le sort
réservé aux personnes âgées, auquelles on retire toutes les
responsabilités sous prétexte d'en prendre soin. Il ne reconnaît
même pas comme sien ses propres petits-enfants tellement ceux-ci sont durs
et méchants avec lui, l'appelant Pépère et le traitant de
toute sorte de choses parce que Vieux-Thomas marmonne en se rappelant sa vie
d'avant. C'est une oeuvre à mi-chemin entre un roman du terroir par son
sujet et par tous les souvenirs que la longue réflexion de Vieux-Thomas lui
font revenir en mémoire, et en même temps, c'est un roman
contemporain, parce qu'il parle de désillusion, d'indépendance et de
racines.
Une oeuvre brève, sans action, juste cette longue réflexion
et la fin, triste et tragique d'un homme qui n'a pas su suivre son temps et s'est
enfermé dans son passé. Un peu trop long pour être vraiment bon,
mais sans aucun doute une oeuvre nécessaire, un oeuvre qui devait, au moment
de sa sortie, parler de quelque chose qui parlait aux trippes des gens.
Note : 3.75/5
(Profgéo)
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