Quand la ville dort
(Folio/policier, 1999)
Une grande ville dans le Middle West, en je ne sais pas quelle année, tout
commence dans le quartier le plus mal famé de cette ville. Il pleut. C'est
la nuit. Par ce temps il n'y a que les individus les plus louches qui pointent le
nez dehors.
Riemenschneider, dit "Doc", qui vient de sortir de prison avec un plan
extraordinaire : dévaliser la bijouterie Pelletier, une institution dans
cette ville, une affaire qui va rapporter gros. Un homme petit, grassouillet,
calme, intelligent qui a une réputation pratiquement internationale dans le
cambriolage. Il doit se monter une équipe. Gus propriétaire d'un
resto miteux, bossu, a fait de la taule dans le passé, mais semble
tranquille depuis. Dix, un homme inquiétant, dans la quarantaine, un
tueur peut-être. Emmerich un avocat véreux, pas si riche qu'il le
prétend, pas si sûr de lui non plus. Louis Bellini, beau garçon
dévoué à sa famille, mais qui ne refuse pas
un boulot par en-arrière pour arrondir le compte en banque. Cobby,
bookmaker, un pauvre type, qui n'aurait pas dû se fourrer le nez là
où il n'avait pas affaire.
Bref ces individus, on n'a pas envie de les avoir pour voisins.
Un roman parfait jusqu'à ses moindres détails, en fait il y en a peu de
détails, l'auteur a besoin de peu de mots pour nous faire vivre l'ambiance -
le côté sombre d'une grande ville, pour décrire ses personnages
à la perfection et pour soutenir une intrigue qui nous incite à
dévorer le roman en quelques heures. Il écrit bien, tout est
précis, tout est là. On ne décèle aucune faiblesse dans
ce roman, on ne peut rien reprocher à William Riley Burnett.
C'est très rare qu'un roman me fait une telle impression, d'autant plus un roman
policier. En fait je ne sais plus quoi dire, je suis bouche bée devant le
talent de l'auteur.
Note : 5/5
(Mousseline)
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Dans ce classique du roman noir plusieurs fois porté à l'écran,
Burnett dépeint magistralement le milieu des gangsters et l'opacité
de la ville de nuit qui semble s'abattre sur eux comme une chape de plomb pour les
entraîner vers une chute inexorable. Mais ce qui frappe reste la psychologie
des personnages qui, au-delà de leur aspect pittoresque, montre la
subtilité du romancier. Avec une incroyable économie de mots,
l'auteur décrit parfaitement l'ambiance.
L'intrigue est assez classique. Burnett fait la revue des troupes avant le
déclenchement de l'opération : le petit truand, le patron de bar
bossu et loyal, le célèbre avocat, le tueur solitaire mal dans sa
peau, la fille paumée... La mécanique se met en marche, chacun y voit
son dernier coup. On attend la fortune et on craint le pire. Le lecteur, quant
à lui, est emporté avec délectation dans les
péripéties de la troupe.
Au final, ce polar noir est vraiment bon et, malgré les années, n'a
pas pris une ride.
Note : 5/5
(joubjoub)
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