Le Bagnard
(Rivages, 1997, 236 pages)
Des récits d'ici et d'ailleurs.
Recueil de neuf nouvelles datant de 1985, James Lee Burke sort de Louisiane et nous
emmène autour du monde. Dans la première nouvelle du recueil,
"Oncle Stanley et les Mexicains", nous sommes au Texas en 1947, un adolescent blanc
et une jeune mexicaine, faisant la cueillette de tomates ensemble sympathisent.
Mais entre les pleins pouvoirs des propriétaires terriens et le racisme
latent, ce n'est ni le moment ni le lieu.
A New-Iberia en 1944, un jeune garçon, Claude dont la famille est
déchirée par l'alcoolisme du père, s'éveille à
la sexualité. Suite à une mauvaise blague, la religieuse
chargée de sa classe le frappe. Le prêtre de la paroisse lui explique
que soeur Uberta est aussi une femme ayant des problèmes personnels.
Dans "Le pilote", celui-ci a un problème majeur : "Comment faites vous pour
dire à votre épouse que le mec qui la tringle est un criminel de
guerre nazi?" Le dénoncer? Mais la presse s'en fout et la police a d'autres
chats à fouetter? Alors, il faut beaucoup d'humour et de
persévérance pour regagner le coeur de sa belle.
Pour Hack dans la nouvelle du même nom, est-ce son anniversaire, ses
quatre-vingt quatorze ans ou le quatre juillet? Il se rappelle de John Wesley
Hardin, qui fut tué en 1895, mais a-t-il réellement connu les
frères Dalton? Vit-il dans les souvenirs ou dans ses rêves?
Nous partons pour la guerre de Corée, où un soldat prisonnier arrive
à la conclusion que "J'appris comment des politiques fous à lier
étaient capables de transformer des hommes en créatures
méprisables qui se haïssaient elles-mêmes."
Les guerres encore, celle de Sécession, guerre civile au Guatemala, et la
vie humaine dans tout cela? Des enfants ou des adolescents qui sont
confrontés au monde adulte. Des hommes bons ou courageux comme l'oncle
Sidney ou le prêtre. Un homme voulant retrouver sa dignité et sa femme
perdue. Un professeur de lettres fortement contestataire et fan de base-ball,
voilà un échantillon des anti-héros de ces histoires. Un homme
qui accueille un bagnard fugitif. Des hommes qui meurent sans trop savoir pourquoi,
enfin des humains surtout, mais seulement des humains!
Des nouvelles rapides d'égales qualités, très peu de
descriptions pour privilégier l'action. Un bon recueil de lecture
agréable et facile, même si le style James Lee Burke, n'est pas
toujours présent.
Extraits :
"- Je connais cette fille c'est de l'huile à tracteur qu'elle a dans le
crâne."
"- La prochaine fois que tu amèneras une métèque au drive-in,
vaudrait mieux que tu sois capable d'encaisser."
"- La croix faisait cinq mètres de haut et brûlait comme une grande
flamme brillante du bas jusqu'en haut."
"- Mon père, je suis incapable d'expliquer ce que j'éprouve à
l'intérieur de moi."
"- On les mène à la baguette et ces habits noirs qu'elles portent
ressemblent probablement à des fours portatifs."
"- Tu as l'air aussi mal à l'aise qu'un glaçon dans une poêle
à frire!"
Note : 3.5/5
(Eireann)
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